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26 et 27 avril: Un dernier Bol d'or sur le circuit de Magny-Cours

L‚Äôendurance moto fait toujours r?™ver et le Bol d‚Äôor ?† la veille de lancer sa 78?®me ?©dition en est la preuve vivante. Pourtant, depuis quelques ann?©es le championnat du monde a du mal faire le plein, au point que la F?©d?©ration internationale de motocyclisme a lanc?© l‚Äôan dernier un groupe de travail, qui a accouch?© de 34 propositions pour relancer l‚Äôendurance.

+ de photos Sport Moto Bol D or Presentation

Sans rentrer dans le détail de ces mesures qui ne seront pas toutes mises en œuvre d’entrée de jeu, nous soulignerons celles concernant le public. Ainsi, un show mécanique sera offert le vendredi soir. Avant le départ, la présentation des pilotes se fera leurs casques sur la tête, une fan zone sera réservée pour la rencontre avec les pilotes, des tarifs de restauration moins élevés seront conseillés et des zones et activités devraient être ouvertes aux femmes, toujours dans cette volonté d’attirer un public large.

Une réduction de la consommation de pneumatiques

Au plan sportif, les choses ont été agitées durant l’hiver avec la décision de la réduction du nombre de pneumatiques. Les trois manufacturiers : MICHELIN, PIRELLI et DUNLOP se sont accordés pour édicter cette mesure.

Au départ, l’idée était de réduire une forme de gaspillage lors des séances de qualification au cours desquelles, les équipes officielles (engagées sur des motos très évoluées de la catégorie EWC différentes des Superstock très proches de la série), passaient des pneus  juste pour un tour lancé, un tour chronométré et un tour d’arrêt. Cela ne concernait qu’une poignée de concurrents. Portée par le courant écologique, la restriction en arriva à une diminution drastique à l’horizon 2015. Cette saison, pour une course de 24 heures, une équipe se verra attribuer un contingent de 45 pneus (avant ou arrière confondus). Quand une contrainte de cet ordre est imposée, il faut se donner les moyens de la contrôler. C’est sans doute là que se situera le problème, avec des autocollants à apposer sur les pneus, qui pourront… se décoller. Je ne vous dis pas les sources d’embrouilles sur le sujet, mais venons en plutôt à la course.

4 marques japonaises pour un Bol

On a pris l’habitude de voir la SUZUKI du SERT, plus souvent qu’à son tour, le N° 1. Ce sera encore le cas cette saison, mais jamais sans doute, sa quasi suprématie risque autant d’être mise à mal, tant les armes des autres concurrents sont affûtées. En effet, dans cette catégorie reine de l’Endurance World Championship (WEC), HONDA s’est aiguisée les dents depuis quelques saisons et, revient en 2014 avec des atouts maîtres, semble-t-il. HONDA qui a écrit quelques très belles pages de l’histoire du Bol d’or notamment avec sa 1000 RCB et un équipage français prestigieux : Christian LEON et Jean-Claude CHEMARIN, ne revient pas pour enfiler des perles.

Si le team HONDA TT Legends a su remettre un pied dans les courses d’endurance ces trois dernières saisons, il n’était pas question de se battre pour la victoire. L’objectif consistait à défricher le terrain pour faire évoluer une machine capable de se hisser au niveau des meilleures. En 2014 on attaque la seconde phase, à savoir gagner en enrôlant des pilotes de tout premier niveau. Même si l’on sait que la structure course de HONDA se consacre exclusivement aux Grands Prix, le service usine de Recherche et développement, directement en charge du programme mis en œuvre par HONDA Europe, a sans doute bénéficié d’un petit coup de pouce pour atteindre le top au niveau des performances. 

Pour l’équipage de la N° 111, on n’a pas lésiné en embauchant d’un seul coup d’un seul, 3 pointures en endurance. Sébastien GIMBERT, Julien DA COSTA et Freddy FORAY ont tous été titrés en championnat du monde et les courses de 24 heures n’ont aucun secret pour eux. La moto, entrevue lors des essais du pré-bol impressionne par sa puissance et son aisance à sortir des virages. Il est certain que les techniciens ont totalement maitrisé les questions de réglage et d’efficacité du système de régulation de traction, monté en couplage optionnel avec le système ABS, au contraire d’autres machines équipées d’un Traction control électronique. L’écurie anglaise a beaucoup fait rouler ses pilotes qui disposeront de pneus Dunlop comme leurs frères ennemis de SUZUKI.

La SUZUKI quant à elle, est arrivée au bout de son développement et tout le petit monde du Suzuki Endurance Racing Team (SERT) souhaite que, son expérience, la fiabilité de la moto et l’homogénéité de son équipage puissent permettre de rivaliser avec des adversaires remarquablement armés et volontaires. Au niveau des pilotes, Vincent PHILIPPE multi titré en championnat du monde voudrait bien marquer l’histoire du Bol en y décrochant une 8ème victoire. Anthony DELHALLE sera-t-il à son meilleur niveau après une fracture de la clavicule en essais cet hiver ? Erwan NIGON, transfuge de BMW se sentant très bien dans l’équipe et sur la Suzuki, entend bien servir au mieux les intérêts de son nouveau team. Le très rusé Dominique MELIAND nanti d’une fabuleuse expérience après 33 années de compétition en team que manager, a sans doute déjà échafaudé un plan B pour contenir et pour,  encore une fois, dépasser la horde des challengers.

KAWASAKI, qui ne dispute pas le championnat du monde dans sa totalité, semble encore avoir en mains toutes les cartes de la réussite pour les courses françaises de 24 heures. La moto N° 11 a tourné comme une horloge lors des essais. Les pneus PIREILLI ont démontré par le passé qu’ils étaient à la hauteur des enjeux. Alors, reste encore en trancher la question de la composition de l’équipage. Le très rapide Gregory LEBLANC, à l’aise comme un poisson  dans l’eau au sein du team KAWASAKI, a été rejoint par le très expérimenté Matthieu LAGRIVE. Reste la question du troisième pilote. A ce sujet, Gilles STAFLER nous a confié récemment : «  Nous souhaiterions bien accueillir Fabien FORET, mais j’attends un document écrit  indiquant qu’il est dégagé de ses obligations contractuelles vis-à-vis d’un team de vitesse avec lequel il a signé. »

YAMAHA, comme par le passé, semble avoir mis deux fers au feu. Le team autrichien YART N°7 sans doute toujours bien soutenu par l’usine, ne dispose pas à nos yeux d’un équipage suffisamment percutant pour se battre à la régulière pour la victoire. 

Il en va tout autrement pour la YAMAHA-Michelin du GMT 94 où, Christophe GUYOT, le manager en quête d’un titre mondial depuis au moins deux saisons,  piaffe d’impatience. Il associe cette année deux pilotes d’expérience : David CHECA et Kenny FORAY auxquels il adjoindra selon le feeling du moment, un des deux jeunes : Mathieu GINES ou Lucas MAHIAS. Nous savons que l’écurie soutenue par Yamaha France et Michelin a effectué de nombreux essais et poursuivi le développement de la R1, qui n’a évidemment plus aucun secret pour les mécaniciens.

BMW, seul constructeur européen à s’être essayé à l’endurance ces dernières saisons, s’est cassé les dents sur les japonaises et ce sont 4 nippones qui devraient se disputer la victoire. 

Des teams moins officiels aux aguets

Bien entendu, les équipages dont nous venons de parler tiennent le haut du pavé et entendent bien conserver leur statut de teams officiels, pour autant, d’autres écuries se sont engagées en catégorie EWC, pour pouvoir bénéficier d’une plus grande liberté au niveau de la préparation. C’est le cas chez les français notamment, de la SUZUKI N°2 auréolée d’une belle perf l’an dernier ou encore de l’autre SUZUKI N° 50 qu’Hervé MOINEAU ex champion du monde et actuel manager qui prépare son team à la professionnalisation. N’oublions pas d’évoquer l’équipe des pompiers N° 18 ni l’équipe du Qatar N° 95 toutes les deux sur des Kawasaki en général fort bien préparées.

La KAWASAKI N°8 des amis suisses de chez BOLLIGER sera comme toujours à l’affut d’un bon coup dans cette course de 24 heures.

National Motos, avec fidélité au créateur de la structure, roulera encore et toujours dans cette catégorie reine avec une HONDA N° 55, en espérant se faire suffisamment remarquer pour que HONDA Europe fasse un petit geste en sa direction, avec quelques pièces de course identiques à celles montées sur la N°111.

A côté de tous ces acteurs de la catégorie reine EWC (20 équipages) on n’aurait garde d’oublier de parler des 21 autres motos engagées en catégorie Superstock c'est-à-dire très proches de la série. Là, nous trouvons en général des équipes amateurs, le plus souvent françaises, qui allient passion et ingéniosité pour, entre copains, assurer la préparation de la moto, l’assistance et encourager les pilotes prêts à se dépouiller en piste afin de remercier leurs amis et les partenaires. Ces belles histoires feront l’objet d’un second volet de notre présentation du Bol d’or. 

Précisons que pour la dernière fois, ce Bol va se courir sur le circuit de Magny Cours les 26 et 27 avril. En effet dès 2015 le Bol retrouvera le circuit Paul Ricard au Castellet et ce, au mois de septembre. 

 

Alain Monnot

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