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Audi A3 Sedan : la petite A4

Ce n’est un secret pour personne, les voitures ont tendance à grossir année après année, prenant quelques centimètres par-ci, quelques centimètres par-là, pour finalement devenir trop grosse pour certains. Alors, que peut faire un propriétaire d’Audi A4 du début des années 2000 qui souhaite une berline, mais pour qui la nouvelle A4 est trop grosse?? Il se rabat sur une A3, mais il n’aime pas les compactes. Audi a enfin pensé à lui en proposant l’Audi A3 berline chez nous.

+ de photos Audi A3 Sedan 2017

Benoît vous l’a dit dans son essai de la version cabriolet, nous nous trouvons à Madère pour un essai de 2 jours. Le soleil s’annonçant timide, je suis moins joueur que lui et jette mon dévolu sur une A3 Berline S Line gris Daytona. Je fais le tour du propriétaire et la compare à une Audi A4. Au jeu des 7 erreurs, j’échoue lamentablement ; si ce n’est les dimensions ainsi que les badges A3, je ne trouve pas de différences. L’ancien possesseur d’A4 n’a pas de souci à se faire pour son standing.

Après un détour par le coffre correct de 425 litres, je découvre le superbe habitacle de ma version S Line. Les sièges Sport S (en option) sont revêtus du très beau cuir Nappa gris souris (en option). Bon, c’est vrai que tout ce gris couleur « revente », de la carrosserie à l’habitacle, ce n’est pas très joyeux. Triste, mais somme toute superbe – à part quelques plastiques durs dans les parties basses tout de même.

Madère, l’île aux fleurs :

Madère c’est une mixité de paysages et de routes. Ça va de l’aridité à la luxuriance, en passant par les forêts d’eucalyptus ou les « hauts-plateaux » déserts battus par le vent.

Je quitte le parking de l’aéroport afin de rejoindre la pointe Est, à 15 min de là. Bien calé dans mon siège baquet, le Virtual Cockpit affiche, face à moi, le GPS. J’enclenche le mode drive de la DSG 6 et me laisse emporter en douceur par les 340 Nm du 2,0 TDI. La direction est légère et l’amortissement plutôt confortable. Ponta Do Buraco est dénuée de végétation, si ce n’est quelques palmiers, et offre un spectacle rocailleux qui plonge dans la mer bleu azur. La température dépasse les 25 °C et j’envie Benoît dans son cabriolet rouge, qui ne se prive pas de me narguer.

Après quelques photos, je reprends ma route avec un but précis. Je suis les pieds dans l’eau et je compte rejoindre Pico Ruivo, le point culminant de l’île à 1 862 mètres d’altitude. Ce trajet permet de découvrir la multiplicité des aspects de l’île, et afin de voir le plus de choses je ne choisis pas le chemin le plus court. C’est ainsi que je me dirige d’abord vers le parc national Ribeiro Frio. Les bougainvilliers laissent peu à peu la place aux hortensias et autres vipérines en fin de floraison sur les bords de route. En arrivant au parc, ce qui marque c’est la luxuriance végétale qui s’étale partout sur les nombreux escarpements. Benoît qui rentrait tout juste de son essai de la Seat Ateca à la Réunion y a trouvé une certaine ressemblance, en plus petit.

D’accord, mais la voiture alors ?

Pour le moment, l’Audi A3 berline m’a baladé à rythme tranquille, seules quelques accélérations me font remarquer le niveau sonore un peu trop présent dans ces situations. Mais les routes pour le moins tortueuses, dégradées et désertes qui m’attendent vont être un très bon test. Adieu agapanthes, aloès et beaux paysages, seule la conduite compte désormais.

Depuis le début de mon parcours, le train avant m’a paru tout à fait correct, ne faisant pas défaut. La direction molle et trop artificielle à mon goût ne m’enchante pas, mais me permet de placer la voiture où et quand je le souhaite. Jusqu’ici, je n’avais que peu de plaisir à prendre le volant d’une Audi, les trouvant pataudes et hyper sous-vireuses, mais c’est pour ainsi dire fini. Depuis la mise en place de la plateforme MQB, le comportement routier a évolué dans le bon sens et après l’A4 Allroad, mon A3 ne déroge pas à la règle. Je hausse donc le rythme et découvre une A3 berline dynamique : le train avant demeure égal à lui-même tandis que l’arrière se fait léger. Je ne le qualifierais pas de mobile, mais presque, et il rend la conduite agréable tout en restant sécurisant. La différence de poids avec l’A3 cabriolet (160 kg de moins), joue en sa faveur. Le 2.0 TDI pour sa part est un peu paresseux sous 1 800 tr/min, sans que cela soit réellement dérangeant pour autant. Ensuite, les 150 ch sont présents et suffisants, quelle que soit la situation.

J’arrive très rapidement sur le parking au pied du Pico Ruivo, dans le brouillard, sous une pluie fine et avec à peine 5 °C, pas si mauvais mon choix !

Cette nouvelle A3 berline est une agréable surprise. Dynamique, assez confortable et bien finie, elle offre une bonne homogénéité. De plus, grâce à la plasticité scalaire de sa gamme, Audi peut proposer sur l’A3 les mêmes technologies (inutiles à mes yeux) que sur la Q7, à peu de choses près. Bien sûr, il reste quelques défauts, à commencer par le prix « injustifié » de près de 50 000 € de ma version d’essai, merci les options…

Note : 15/20

Bien vu :
- Comportement dynamique
- Consommation
- Intérieur (option)

À revoir :
- Tarifs
- Options quasi indispensables
- Direction artificielle
- Restylage trop discret

Etienne Roville

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