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Baiersbronn Classic 2017 : dans une bulle temporelle

Il y a trois ans, nous avons découvert le Baiersbronn Classic. Un superbe rallye de régularité organisé au cœur de la Forêt Noire. Emballés par l’ambiance de l’événement, mais aussi par les odeurs et bruits d’époque, nous nous sommes rendus une nouvelle fois en Allemagne.

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Un retour dans le passé
Dans le monde des automobiles de collection, on connaît tous la plupart des grands rendez-vous autour du globe. Il y a les nombreux et très chics Concours d’Elégance, les quelques salon à l’image d’Epoqu’Auto à Lyon ou Rétromobile à Paris, et puis des rallyes touristiques, à l’instar du Tour Auto. En revanche, peu d’entre nous pourront citer le Baiersbronn Classic, que nous avons déjà suivi en 2014.

Pour la cinquième année consécutive, l’office du tourisme de la commune allemande a organisé le Baiersbronn Classic, qui rend hommage à la course lancée en 1946. Pour signer la fin de l’une des périodes les plus sombres de l’Histoire, l’Allemagne et le gouvernement français ont donc organisé la première course après-guerre en Forêt Noire, dans la région de Baiersbronn. C’est ainsi qu’en 2013, pour célébrer les 50 ans de l’amitié franco-allemande, officialisée par le traité de l’Elysée en 1963, a vu naître le Baiersbronn Classic.

Un art de vivre avant tout
Après quatre premières éditions, fortes d’un certain succès, la course de régularité a permis une nouvelle fois à plus d’une centaine de gloires du passé de se dégourdir les bielles, avec comme toile de fond la superbe Forêt Noire. Ce sont donc 132 automobiles, datant de 1924 à 1975, et 45 équipages motos qui se sont donnés rendez-vous dans le village allemand, pour sillonner sur près de 500 km les routes de la région pendant trois jours.

Si le cachet de l’évènement est marqué par une ambiance épicurienne, mêlant le chic des automobiles et des tables étoilées Michelin (Baiersbronn détient le record mondial du nombre de restaurants étoilés par habitant), les participants n’hésitent pas à pousser dans les derniers retranchement leur voiture presque centenaire, pour lutter contre le chronomètre exclusivement mécanique.

 

La passion de la mécanique ancienne
Pour cette édition, nous avons occupé l’opulente banquette arrière de la voiture n°4 : une impressionnante Mercedes-Benz 630 de 1927, carrossée par Erdmann & Rossi. Un carrosse parfaitement adapté à la saison et on ne peut plus indiqué pour s’immerger dans l’ambiance unique du Baiersbronn Classic, entre Obertal et Baiersbronn au milieu d’une forêt habillée d’un manteau aux teintes chaudes de l’automne.

Derrière sa stature impressionnante, rappelant vaguement une automobile de dictateur, la Mercedes n’a pas hésité à solliciter la totalité de ses 160 ch, dans un concert mécanique inconnu à jusqu’à ce jour et signé par des émanations à faire pâlir un écolo. Mais en Allemagne, les spectateurs sont au rendez-vous et accueillent en nombre ces gloires du passé venues le temps d’un week-end ouvrir une porte temporelle.

Au terme de cette édition, la victoire revient à la Lagonda M 35 R le Mans de 1934. Elle est suivie par une Mercedes 230 SL de 1965 et par, mon idole, une Fiat Otto Vu 8V Rapi Serie 1 de 1953. L’Italienne, produite à seulement 34 exemplaires, a aussi remporté la première place de sa catégorie.

Encore de belles éditions à venir
Plus que l’enjeu sportif de ce rallye historique, les participants sont venus chercher au Baiersbronn Classic un art de vivre à l’ancienne, en profitant d’une vaste région et d’une occasion unique de déguster les plats des maisons étoilés Barreis, Sackmann et Traube Tonbach.

Ces passionnés, qui abordent l’automobile de collection avec un angle bien différent que celui que nous connaissons en France, et diamétralement opposé à celui d’Anne Hidalgo, perpétuent la conclusion du journal allemand Schwäbische Tagblatt qui remonte à 1946 : "jamais auparavant autant d’odeurs d’essence et de l’air de la Forêt Noire n’ont été mélangés de cette manière et le silence monastique n’a presque jamais été autant percé par les bruits des moteurs". Il ne reste plus qu’à quelques équipages français de se joindre au Baiersbronn Classic pour signer de la plus belle des manières le retour de cet évenement.

Soufyane Benhammouda

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