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Baiersbronn Classic : la passion des anciennes ?

Ce n\\'est plus une nouveauté, depuis quelques années le petit monde des automobiles de collection bouillonne. Des rassemblements de passionnés aux plus prestigieux Concours d’Élégance en passant par les diverses ventes aux enchères, le milieu est devenu la proie des spéculateurs, sacrifiant la passion sur l\\'autel de la plus-value et entreposant leurs belles d\\'antan à l\\'abri des agressions extérieures. Mais fort heureusement pour nous, il existe quelques irréductibles qui n\\'hésitent pas à braver les codes. Nous sommes allés au cœur de la Forêt Noire en Allemagne pour en rencontrer près d\\'une centaine lors du Baiersbronn Classic.

+ de photos LifeStyle Baiersbronn classic 2014

Au gré des années, il devient donc de plus en plus rare d'admirer quelques pièces de collection se dégourdir les carburateurs sur route ouverte.A l'instar duTour Auto Optic 2000 qui offre ce spectacle dans l'Hexagone, nos voisins allemands viennent d'organiser la deuxième édition du Baiersbronn Classic. Si cette course de régularité historique n'a pas l'ampleur de notre épreuve nationale, elle n'en demeure pas moins alléchante avec la présence de plus de cent équipages. Créé l’an dernier lors des cinquante ans du traité de l’Elysée célébrant l’amitié franco-allemande, le Baiersbronn Classic rend hommage à la course originelle de 1946. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, dans un contexte économique morose, la région de Forêt Noire, avec l’aide du gouvernement français, a organisé le premier événement du sport automobile d’Après Guerre avec la coupe "Östol-Ruhestein".

Un reglement strict :
Victime de son succès précédent, l’organisation a du revoir à la hausse le nombre de participants. Ainsi, ce ne sont pas moins de 120 équipages qui se sont retrouvés sur la ligne de départ en plein centre de Baiersbronn, menés par le Prince Léopold de Bavière au volant d’une BMW 328 Roadster de 1937. L’ensemble des voitures était réparti en 4 classes définies selon l'année de fabrication. Si la première course de l’histoire s’est déroulée sur la route du Ruhestein avec pour maître mot la vitesse pure, seul la régularité compte aujourd’hui pour s’approprier la coupe. Mais les organisateurs sont restés attachés aux méthodes d’époque et n’autorisaient que l’usage du chronomètre mécanique. De plus, le règlement était impitoyable : les équipages étaient pénalisés pour chaque centième de seconde d’écart avec le temps prédéfini selon l’âge du véhicule. Les 20 parcours dessinés autour de la région allemande ont ainsi fourni l’occasion aux pilotes de dégourdir les carburateurs de leur bijou, et ce quel que soit l’âge de la voiture. Le titre de la plus vieille voiture revient à la Hudson Super Six Rennwagen, une pistarde née en 1919 aux Etats-Unis. La vision de cette ancêtre menée vigoureusement sur le réseau secondaire allemand n’a simplement pas d’équivalent de nos jours.


Peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse :
Pour se rendre compte du dur labeur des pilotes et dans un souci d’immersion totale, nous avons été invités à rejoindre la banquette arrière d’une Jaguar SS Saloon de 1935 et de la seule Oldsmobile Cutlass Hurst ayant officié comme Pace Car lors de l’Indy 500 de 1974. Ambiance raffinée à l’anglaise d’un côté, puissance à l’américaine d’un autre, ces deux virées nous ont permis d’apprécier le coup de cerceau des deux pilotes respectifs. Si l’Anglaise pousse son pilote à prendre de l’avance sur le chronomètre afin de mieux temporiser à l’approche du point de contrôle, le Norvégien qui a importé l’Oldsmobile des Etats-Unis à l’occasion du Baiersbronn Classic préférait accélérer le rythme sur la fin du parcours, comptant sur la puissance du V8 5,7 l glougloutant. Mais quelle que soit la conduite adoptée et les diverses erreurs de parcours, les 120 éuipages affichaient un sourire, révélateur de l’ambiance bon enfant qui régnait au sein de la Forêt Noire durant cet évènement.



Quatre vingt ans pour la gagnante :
Au terme des trois jours de courses, la première place toutes catégories confondues est revenue à la voiture N°20, une Lagonda Le Mans de 1934 animée par un six cylindres 4,4 l de 200 ch, suivie par une Invicta S Typ de 1932 et une Ford Mustang Cabriolet de 1965. La Pace Car et ses deux occupants ont de leur coté reçu un prix pour être venu participer à la course historique par la route, après un périple de 1 600 km ! Les routes forestières de la région, le règlement, le plateau tout simplement exceptionnel, la tournée des plus célèbres tables de la région et les valeureux hommes et femmes à bord des véhicules, ont largement participé au succès de cette édition.

Le Baiersbronn Classic prouve une fois de plus que la passion pour les véhicules de collection n’a pas tout à fait sombré sous des considérations purement spéculatives et promet de faire encore briller les yeux des spectateurs venus en masse en Forêt Noire.

Soufyane Benhammouda

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