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Essai Audi A5 coupé : plus nouvelle qu’il n’y paraît

Dans la gamme A5, la déclinaison coupé ne représente que 20 % du cumul de ventes, mais vu les chiffres totaux, c’est loin d’être anecdotique. Pour rester dans les chiffres, 80 % sont vendues en diesel et 85 % en finition SLine au minimum. Pour mon essai entre Venise et le lac de Garde, j’ai donc opté pour une Audi A5 diesel en finition Design Luxe.

+ de photos Audi A5 Coupe TDI 218

Modestement garée sur un parking quelconque de l’aéroport de Venise, mon Audi A5 coupé patiente, sagement. J’ai l’impression qu’elle-même ne croit pas trop en sa nouveauté. Il faut dire qu’esthétiquement, la révolution attendra, renvoyée aux calendes grecques. Il en va de même pour tous les modèles de la marque, rien ne ressemblant plus à une Audi que n’importe qu’elle autre Audi, à tel point qu’un nouveau modèle n’a souvent qu’un air de lifting. Dans le cas de l’A5, cela dit, il était difficile de toucher au dessin génial de Walter Da Silva sans l’altérer.

La calandre Single Frame est la première chose que les designers d’Ingolstadt retouchent, généralement pour l’agrandir encore et toujours un peu plus. La recette demeure la même sur la nouvelle A5 coupé, à une nuance près, elle est légèrement réduite dans la hauteur, la rendant plus basse, mais je vous rassure : elle est élargie de quelques centimètres. Le capot, plus plongeant et pourvu de deux belles nervures, apporte un supplément de dynamisme notable. De profil, la ligne originelle en forme de vague, légèrement fade, trouve à présent un pli plus marqué courant tout le long de la caisse en épousant au passage les flancs plus sculptés, plus musclés. L’arrière, plus large et ciselé, perd en rondeur ce qu’il gagne en caractère.
Audi A5 Coupé
À l’intérieur, pas de grands bouleversements, les matériaux sentent bon la qualité et les ajustements semblent parfaits. Je retrouve le désormais connu Virtual Cockpit derrière le volant trois branches ainsi qu’un écran de 8,3 pouces équipé du système MMI Plus. Ce dernier gère tout le système d’infodivertissement, des interactions avec les smartphones aux services connectés en passant par la hi-fi entre autres.

La nouvelle Audi A5 coupé, une routière à l’aise sur les petites routes :

Les présentations faites, mes affaires rangées dans le coffre de 465 litres (en hausse de 10 litres), je démarre le V6 3,0 TDI et enclenche le mode Drive de la boîte S-Tronic à 7 rapports. Cette dernière égrène les vitesses sans le moindre à-coup et c’est tout en douceur que je me dirige vers l’entrée de l’autoroute. Là, sur les 150 km de bitume parfait, la routière Audi A5 se montre à sa place, quelle que soit la vitesse choisie. Le moteur diesel se fait discret, concurrencé par les bruits d’air et de roulement très bien maîtrisés. J’enclenche à loisir une ou plusieurs des trente assistances à la conduite disponibles, telles que le Lane Assist et autre nom-aléatoire Assist.
Audi A5 Coupé
Après un repas et des prises de vue à la Villa Cordevigo, à quelques encablures du lac de Garde, les choses plus sérieuses s’annoncent. Je dois rejoindre la ville de Riva Del Garda, située à 80 km de là, en empruntant les plus petites et sinueuses routes du Trentin, dans les montagnes bordant le lac. C’est ici que le renouveau de l’A5 se montre au grand jour, dans sa conduite, la vraie.

Reposant sur la nouvelle plateforme MLB Evo (pour Modularer Längsbaukasten ou Plateforme Modulaire Longitudinale en français), la nouvelle A5 coupé propose un comportement routier transfiguré. Entre le poids en baisse d’une soixantaine de kilos, un meilleur aérodynamisme et des moteurs plus performants, le coupé premium sonne le glas de l’époque pataude. N’allez pas croire qu’elle est devenue sportive, elle reste très typée grand tourisme, mais tout de même elle fait preuve, dorénavant, d’un certain dynamisme. À l’instar de l’Audi A3 Berline, l’A5 se débarrasse de son sous-virage très marqué et je me vois la placer en virage et enrouler tranquillement avec l’aide de l’arrière, plus léger, mais jamais décrocheur. La transmission Quattro remplit son office : réglée en condition normale à 60 % sur l’arrière, elle est capable d’envoyer jusqu’à 85 % sur les roues arrière ou 70 % sur l’avant en cas de besoin, le tout de façon transparente pour le conducteur. La direction électromécanique, une fois de plus chez la marque aux anneaux, propose une sensation trop artificielle et légère, bien que précise. L’amortissement piloté, de son côté, préserve le confort en mode sport et le dynamisme en mode confort en évitant des suspensions inutilement trop fermes ou trop molles.

Le V6 TDI et ses 218 ch et 400 Nm offre un agrément et un confort de conduite de premier ordre. Sa rondeur permet de rouler en douceur – sans jamais me brusquer – et « sur le couple ». Les reprises ne sont pas transcendantes, surtout dans le bas du compte-tours, mais satisfaisantes et ne font jamais défaut, même en sortie d’épingle. En conduite dynamique, la boîte de vitesses à 7 rapports manque de réactivité, mais une fois de plus, je suis à bord d’un coupé GT typé confort, pas d’une sportive. D’ailleurs, les freins me remettent très vite ce fait en tête avec une endurance toute relative dès que je les sollicite un peu.
Audi A5 Coupé
La nouvelle Audi A5 coupé évolue bien plus que son design ne le laisse penser. La conduite est transformée, gagnant en agilité et en dynamisme, mais elle n’oublie pas de préserver le côté sécurisant et confortable recherché par la clientèle de la marque. Le V6 TDI de 218 ch offre un choix rationnel, évitant la motorisation 4 cylindres sans surconsommer, la moyenne de notre essai s’établissant aux alentours des 9 l/100 km. Reste le prix demandé, supérieur à 71 000 € pour mon modèle, qui paraît tout de même excessif.

Note : 15/20

Bien vu :
- Design
- Dynamisme
- Moteur

À revoir :
- Tarifs
- Intérieur austère
- Liste d’options

Etienne Roville

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