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Essai BMW 120d : challenge d’écoconduite

L’écoconduite ou « conduite responsable », vaste sujet de discussion, décriée par les amoureux de la conduite, plébiscitée par d’autres, mais surtout ignorée par la majorité silencieuse. La plupart des gens se déplacent en se posant assez de questions sur leurs problèmes du quotidien pour ne pas rajouter ce genre de pensés par-dessus. Pourtant, l’écoconduite c’est finalement simple et pas incompatible avec le plaisir de conduite.

C’est en marge de mon essai de la BMW i3 94 Ah que la marque bavaroise nous a proposé un défi d’écoconduite au volant des dernières 120d. Sur un parcours mixte à dominante routière (sans autoroute néanmoins), nous avons, avec ma coéquipière du jour, effectué un trajet d’environ 80 km, en faisant attention, mais pas trop quand même. Il faut dire qu’avec un moteur 2,0 litres de 190 ch, ma première envie est rarement de pratiquer la conduite responsable. D’autant plus au volant d’une BMW, qui m’offre une direction précise et d’une belle consistance ainsi qu’un comportement routier dynamique toujours très agréable.

Le trajet connaîtra tous les aléas de la circulation, du tracteur qui nous « bouchonne » aux feux rouges jusqu’à ce conducteur pressé qui nous oblige à piler en tentant de griller un stop. Bref, la conduite de tous les jours en somme. Mais comment la rendre « verte » cette conduite ?

La fausse écoconduite :

Ce que j’appelle la fausse écoconduite, c’est celle pratiquée par certaines personnes qui pensent qu’il faut tout faire mollement, doucement, lentement. Du coup, elles accélèrent en douceur, mais plus longtemps, l’œil rivé sur l’ordinateur de bord et la consommation instantanée. Ne surtout pas dépasser telle quantité de carburant au 100 km, jamais !

Certains, même, laissent leur voiture filer au point mort dès que la route le permet, et même quand elle ne le permet pas vraiment d’ailleurs, mais c’est mieux d’économiser quelques centilitres de pétrole raffiné que de conduire en toute sécurité.

Autre erreur répandue, ne pas rétrograder lorsque la voiture vous fait comprendre que vous devriez. Ainsi, certains roulent en sous-régime pensant que moins le régime moteur est élevé, plus on est un citoyen écoresponsable…

La fausse vraie écoconduite :

La fausse vraie ? Certes, ça ne veut pas dire grand-chose. Ce que j’entends par là, c’est qu’en théorie ça fonctionne, mais que, malheureusement, nous ne vivons pas en Théorie. Le principe est donc de rouler largement sous les limitations de vitesse, de couper la climatisation et même l’aération et de ne pas s’occuper des autres usagers de la route. De toute façon, pourquoi s’en préoccuper puisqu’on ne les voit pas à travers nos vitrages complètement embués ?

Il est vrai qu’à la fin, vous pouvez vous targuer d’avoir gagné, de consommer moins que les autres et même de faire mieux que la norme NEDC. N’empêche que vous avez ralenti et agacé tous les autres usagers de la route, y compris les plus sages et calmes. Vous avez créé des mini-bouchons et, pire, des situations dangereuses pour ceux qui, à bout, décident de vous doubler coûte que coûte. Il faut dire que rouler entre 30 et 40 km/h au lieu de 90, ou à 20 en ville, ça a de quoi en asticoter beaucoup. Quant à la norme NEDC, aussi critiquable soit-elle, elle est faite en fonction des limitations de vitesse, il n’y a que peu de mérite de faire mieux en roulant nettement moins vite.

La vraie écoconduite :

Voilà celle que vous attendez tous, la vraie écoconduite, raisonnable et raisonnée. Il n’est pas utile de couper la climatisation, seulement de l’employer correctement. Il est conseillé de ne pas aller trop au-delà de 5 °C d’écart avec la température extérieure. Ce n’est pas toujours facile, mais il n’est pas nécessaire de chauffer la voiture à 25 °C en hiver, ce n’est bon ni pour la consommation, ni pour la santé. Lorsque le temps est doux, nous pouvons nous passer de climatisation et nous contenter de l’aération classique du véhicule.

L’accélération doit être la plus courte possible dans le temps et demande, en fait d’être plus franche qu’on le pense. Oubliez la sacro-sainte consommation instantanée ! Il vaut mieux consommer plus sur un très court laps de temps que moins sur un temps plus long. La seule consommation qui vaut, c’est la moyenne finale. Laissez votre ordinateur de bord, regardez la route (c’est mieux, non ?) et accélérez. Enfin, pas trop et pas trop longtemps tout de même. L’idéal est de changer de rapport le plus tôt possible, tout en ayant mis suffisamment le véhicule en mouvement. C’est presque sportif de ne pas consommer en fait. De même, si les conditions l’exigent, rétrogradez. Le sous-régime fait surconsommer, en plus d’être mauvais pour votre moteur.

Pour finir, anticiper le maximum afin de lever le pied plutôt que de freiner, ou de ne pas accélérer plus que nécessaire. L’idée est d’être le plus souvent possible sur une vitesse stabilisée, moins consommatrice. De même, lever le pied, a fortiori sur les voitures modernes, permet de laisser filer la voiture avec une consommation proche de 0 alors que la laisser rouler au point mort consomme plus de carburant (entre 1 et 2 litres par heure).

Non, l’écoconduite n’est pas synonyme de conduite ennuyeuse et les amoureux de la conduite peuvent tout aussi bien la pratiquer que n’importe qui, ça ne les empêche pas de rouler autrement quand l’envie les prend. C’est aussi, et surtout, une (bonne) habitude à adopter, pour tout le monde et pour tous les porte-monnaie. Avec notre BMW 120d, avec ces quelques bons conseils, nous avons effectué une moyenne de 5 l/100 km, sans nous priver de climatisation ni de radio et sans hésiter à doubler le cas échéant.

Etienne Roville

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