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Essai Infiniti Q60 S : une belle, mais pas une bête !

Dans le segment des « coupé premium », ce sont les productions teutonnes qui règnent en maître. Les BMW Série 4, Mercedes C coupé et Audi A5 semblent intouchables. Pourtant, la marque de luxe du groupe Renault-Nissan se lance dans cette bataille avec une arme aux lignes agressives à souhait et un V6 enchanteur. Prenez place avec nous dans l\'Infiniti Q60 S.

+ de photos Infiniti Q60 S

Le style est pour elle !

Si les Teutonnes reprennent allègrement le style de leur dérivée berline, cette Infiniti a le mérite d’être vraiment originale. On ne peut la confondre avec une autre ! Son dessin est viril et son allure athlétique. Elle mélange avec brio les lignes courbes et franches. La Q60 semble comme sculptée en douceur par l’aérodynamisme. Portant, la proue est franchement farouche avec une énorme calandre menaçante qui renifle le sol. Elle transpire la testostérone, sans pour autant tomber dans la caricature, avec un aileron démesuré ou un gros échappement central Akrapovic qui se la joue gros bras.

Entrons dans le cockpit.

Si le style de la Q60 est à couper le souffle, l’habitacle l’est beaucoup moins. Ce n’est pas un problème qualitatif. Le problème vient surtout des matériaux et de l’ergonomie. Les plastiques sont durs et saillants, bien que parfaitement agencés, et le double écran de commande n’est vraiment pas intuitif. Question connexion de votre smartphone avec Apple CarPlay ou Android Auto, ne cherchez pas… il n’en est pas question. Et si l’on prend en compte le fait que le système d’infodivertissement semble tout droit sorti des années 2000 avec une cartographie claire, mais au graphisme digne de la Nintendo NES, le résultat est assez étrange.

Avec ses 4,69 mètres de longueur, on pouvait s’attendre à de l’espace à bord. Or, c’est à moitié vrai ! La soute peut contenir 342 litres de bagages, mais sa forme alambiquée et son ouverture ne faciliteront pas le remplissage, même pour les super scorers de Tetris. L’espace aux places avant est généreux, à l’inverse de la rangée arrière qui n’accueillera que les passagers de moins d’un mètre soixante-quinze. Là-dessus, le Q60 fait malheureusement aussi mal que ses concurrentes allemandes.

Interieur de l'Infiniti Q60 S et tableau de bord

Onctueusement nôtre !

En appuyant sur le bouton START, on met en branle une mécanique qui se fait de plus en plus rare. Un V6 de 3 litres gavé d’air par deux gros turbocompresseurs. Il met à la disposition du conducteur une cavalerie de 405 canassons pour 475 Nm de couple. Bien sûr, dans la gamme, le Q60 propose un 2 litres turbo de 211 chevaux. Mais la douce mélodie de ce V6, un peu à l’ancienne, révèle le pilote qui au fond de nous est tapi. J’enclenche donc la boîte automatique séquentielle à 7 rapports, d’origine Mercedes, pour enfin bousculer le coupé nippon.

La noble mécanique chantonne gaiement dès les premiers tours de roue. La boîte enchaîne les premiers rapports sans se faire sentir. Mais dès l’arrivée de ma petite route d’essai privé et de ses 26 virolos, j’ai rapidement compris qui elle était. Une véritable Grand Tourisme.

En effet, les enchaînements de courbes ont mis en évidence ses failles. Avec environ 2 tonnes, les ingénieurs n’ont pas vraiment pu en faire une sportive. Malgré ses bons freins, son système à quatre roues motrices et son châssis performant, les lois de la physique sont bien là !

Sur les lacets, elle aura tendance à laisser partir son train avant. Il faudra la jeter dans le virage et mettre un coup de frein puissant dans celui-ci pour la faire pivoter et appuyer plein gaz pour s’affranchir de l’obstacle. Un peu ardu pour la plupart d’entre nous !

Pour profiter du caractère de la belle, le conducteur devra se contenter de belles lignes droites ou de longues et douces courbes. Dans ce cas, il profitera de l’excellent confort d’amortissement, de l’incroyable allonge du V6, et de la tenue de cap impériale du système AWD à quatre roues motrices qui s’occupe de transmettre toute cette fougue sur le sol.

Essai dynamique du coupé Infiniti, le Q60 S avec son V6 biturbo onctueux à souhait !

Le portefeuille ?

Affiché à partir de 56 950 €, l’Infiniti Q60 V6 Sport peut se targuer d’offrir un équipement de série complet. Mais pour profiter pleinement de ses possibilités, il faudra monter en gamme et passer à la version Premium Tech. Et là, l’adition grimpe d’un coup à plus de 65 000 €… Oups…

Cela dit, Total, pourra peut être vous subventionner, car si en consommation normée elle demande 8,5 litres, lors de mon essai, j’ai eu du mal à passer sous les 13 litres aux 100 km. Il est vrai que le caractère du V6 et de la voiture m’a poussé à alourdir le pied droit très régulièrement.

Conclusion...

Cette Infiniti Q60 S ne se destine pas à l’attaque de petits cols de montagne, le couteau entre les dents. Par contre, le conducteur pourra s’enorgueillir d’un rythme franchement sportif sur les nationales et autres autoroutes, bien plus adaptées à son caractère.

Elle, c’est une belle chaloupe bien carrossé, taillée pour voyager loin, mais certainement pas une bête de course.

Note : 3/5

Bien vu :
- Le style
- Le moteur V6
- Un TGV sur autoroute

À revoir :
- Les lignes de l’habitacle
- L’affichage 8 bits du GPS
- Les consommations

Photos ©Adrien Cortesi pour Infiniti

Benoit Alves

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