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Essai Isuzu D-Max 2017 : le downsizing a encore frappé !

Dans le petit monde des constructeurs automobiles, le downsizing est à la mode. Les moteurs voient leur cylindrée se réduire et leur rendement se renforcer alors même que leurs valeurs de consommation et d’émissions de CO2 chutent. Pourtant, le segment des gros 4x4 et utilitaires en tout genre résiste encore à cette évolution. La « petite » marque nippone, ISUZU, entend montrer l’exemple.

+ de photos Isuzu D Max 2017

Pour ce faire, la firme lance dès début 2017, un nouveau moteur diesel à faible cylindrée sur son best-seller, le gros pick-up D-Max. Il lui associe deux nouvelles boîtes de transmissions et une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le constructeur en profite pour renforcer son image avec un design affûté.

Nouveau Design de l'ISUZU D MAX 2017

En route pour le circuit de Franciacorta, lieu de ce premier galop d’essai.

Avec ses 5,29 mètres de long, 1,86 de large et 1,80 de haut, le moins que l’on puisse dire c’est que le D-Max ne fait pas dans la dentelle. Il ne succombe pas à la mode des SUV. Non, c’est un travailleur ! Il est capable de tracter 3,5 tonnes de marchandises et même d’accueillir un tronc mesurant 1,49 m de longueur et pesant la tonne.

Un sacré mastodonte, dont les chromes clinquants et les grosses roues de 18 pouces laissent à penser qu’il sort tout juste d’un western moderne. Pourtant, en ouvrant le capot moteur, il n’y aura point de V8. ISUZU lui préfère un petit 4 pattes carburant au mazout. La marque endosse ainsi le rôle d’éclaireur en parant son pick-up d’un groupe motopropulseur se contentant de seulement 1,9 litre de cylindrée.

Roberto Brendaglia, président de MIDI France, me confiera : « Aujourd’hui, personne ne peut prédire quelle sera l’évolution de la fiscalité sur nos marchés et opter pour une motorisation plus modeste n’est assurément pas inutile. »

nouveau moteur 1.9 diesel d'ISUZU D Max 2017

En partant d’une feuille blanche, les ingénieurs-motoristes se sont fait plaisir en lui intégrant diverses innovations. On notera un tendeur de courroie automatique, des poussoirs de soupape hydrauliques ainsi qu’un filtre à huile écologique. Si la puissance demeure quasiment inchangée (versus le 2,5 litres de l’ancienne génération) avec 164 ch, le couple passe de 400 Nm à 360 Nm. Associé aux nouvelles boîtes de vitesses à 6 rapports plus réactives, il se targue d’être plus léger de 60 kg. Les valeurs de consommation et donc également d’émissions de CO2 enregistrent une baisse sensible. La réduction atteint de 4 % à 16 % pour s’afficher à 6,8 litres aux 100 km selon le cycle mixte. Notons que le capitonnage plus présent et un meilleur contrôle des vibrations devraient considérablement faire chuter les nuisances sonores dans l’habitacle.

Après avoir été impressionné par un tel choix technique, grimpons à bord…

Le terme de « grimper » n’est pas choisi au hasard. Si Étienne, avec son mètre quatre vingt dix-sept, n’a qu’à lever les jambes, mon « petit » mètre quatre-vingt me demandera l’aide d’un baudrier, tout comme dans les autres pick-up du marché d’ailleurs. Une fois assis au volant, on déchante un peu. Les évolutions sont trop infimes pour les entrapercevoir. Le D-Max a la fibre utilitaire et cela reste perceptible, même si cette finition haut de gamme rajoute une sellerie cuir spécifique et un équipement complet. Les plastiques n’en demeurent pas moins durs, tout cela ne respire pas franchement le luxe. Bref, voilà qui souffle le chaud et le froid…

Tout s’améliore nettement sur la route. La perte de poids et le centre de gravité rabaissé le transforment de belle manière. Propulsion par nature, il peut se montrer joueur si l’on déconnecte totalement l’ESP. Le confort demeurera sautillant, si la benne n’est pas chargée. En revanche, en tout terrain, son système de 4 roues motrices le transforme en véritable bête à gravir des montagnes. Un savoir-faire chez la marque qui reste une référence.

Essai 4x4 ISUZU D Max

Le nouveau 4 cylindres a nettement plus de panache que l’ancien 2,5 litres. N’espérez cependant pas de vigoureuses reprises, même s’il offre un couple généreux dès 2 000 tours, il montera dans des vocalises caractéristiques avant de s’essouffler rapidement à plus de 3 000 tr/min, ce n’est pas un foudre de guerre. La boîte de vitesses mécanique n’est pas exempte de tout reproche. Si les derniers rapports passent sans trop de difficultés, le passage de la première et de la seconde est bien trop accrocheur. Le bilan reste très honorable, d’autant que la consommation moyenne se contentera de 9 l/100 km.

3 variantes et 5 ans de garantie

À l’instar de son prédécesseur, le nouveau D-Max sera disponible (dès le printemps 2017) en 3 variantes de carrosserie (Single Cab, Extra Cab et Double Cab). Le nouveau D-Max s’accompagne aussi d’une garantie de 5 ans avec assistance, et qui augmente par ailleurs de 150 000 à 200 000 km. Un argument important au vu du caractère professionnel du D-Max, qui est immatriculé comme véhicule utilitaire et bénéficie ainsi d’une fiscalité avantageuse, qui permet aux entreprises de récupérer la TVA, de ne pas payer de malus et même de s’absoudre de la TVS. La grille des prix s’échelonne de 19 872 € à 24 192 € pour la simple cabine, alors que le constructeur en demandera de 27 468 € à 36 936 € en double cabine, ce qui place ce nouveau ISUZU D-Max dans la bonne moyenne du marché.

Toujours dans le coup ?

C’est la question que l’on peut se poser. Certes, ce groupe motopropulseur inédit semble bien né et va même jusqu’à transfigurer le D-Max dans son comportement routier. Mais la concurrence s’est au fur et à mesure du temps affinée. Après un Mitsubishi L200 – qui n’est autre que le pick-up de Référence 2016 –, un Volkswagen Amarock mieux fini et un nouveau Ford Ranger terriblement affûté dans ses prestations dynamiques et son style de baroudeur, le pick-up nippon aura bien du mal à s’imposer, surtout si l’on anticipe un peu avec les nouveaux venus : Renault Alaskan et Mercedes Classe X.
Note : 13/20

Bien vu :
- le nouveau moteur
- les capacités de remorquage
- un 4x4 efficace
- consommation raisonnable

À revoir :
- presque aucun changement stylistique
- les plastiques bas de gamme

Comparatif technique entre ce nouveau Isuzu D-Max et le nouveau Ford Ranger :

Benoit Alves

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