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Essai Nissan GT-R Nismo : Godzilla en survêtement

Fibre sportive de Nissan, Nismo résonne dans la tête des passionnés comme l’itération la plus extrême des sportives de Yokohama. Après le Juke et le 370Z, le badge est désormais collé à la GT-R, qui déboule au compte-gouttes en France. Nous avons eu l’occasion, sur l’invitation de Monstaka, de côtoyer le monstre durant une courte, mais intense, matinée.

+ de photos Nissan GT R Nismo Monstaka

Depuis ses débuts en rallye en 1985, le département Nismo est devenu le préparateur attitré des Nissan engagées en compétition. Alors que les succès en course s’enchaînent, les ingénieurs maison ont développé des sportives routières d’exception, dont des dizaines de Skyline GT-R, confinées au Japon, mais popularisées à travers le jeu Gran Turismo. Aujourd’hui, Nissan voit les choses différemment et offre à la GT-R le badge Nismo et une diffusion mondiale.

L'aérodynamique au centre du cahier des charges :

Si la Nissan GT-R est déjà un engin particulièrement abouti, la variante Nismo pousse les potentiomètres de l’efficacité encore plus loin. Ici, rien n’est laissé au hasard, à commencer par les divers appendices aérodynamiques. Profitant du léger restylage du cru 2015, la GT-R Nismo affiche aussi un profil plus athlétique avec de nouveaux boucliers plus étudiés, des ailes plus larges de 10 mm, un diffuseur arrière et un imposant aileron arrière. L’ensemble de ces pièces, réalisées en fibre de carbone, permet de faire chuter le Cx à 0,26 et d’apporter 100 kg d’appui à 300 km/h.

Les évolutions dans l’habitacle sont en revanche bien plus rares. Les habitués de la R35 remarqueront l’apparition de deux baquets fins en fibre de carbone, le compte-tours rouge et les diverses inscriptions Nismo. Pour le reste, la Nismo est similaire aux versions conventionnelles. Nous avons été surpris par la présence de la banquette arrière (à l’inverse de la Spec-V, par exemple) et nous pourrions regretter un sérieux manque de radicalité pour coller à l’esprit du préparateur et économiser quelques kilos superflus sur la balance : la GT-R Nismo est plus légère de seulement 20 kg. Une blague !

Godzilla aux amphétamines :

Sortie des ateliers Nismo, la Nissan GT-R repose sur un châssis modifié en profondeur. À commencer par la suspension, désormais assurée par quatre combinés Bilstein à ressorts spécifiques. Déjà fermes sur le mode le plus confortable, les amortisseurs deviennent extrême lorsque le commutateur est placé sur R. On n’est pas encore au niveau légendaire de la Skyline R34 Z-Tune, mais la GT-R Nismo sacrifie son homogénéité sur l’autel de l’efficacité. Une nouvelle barre antiroulis de 17,3 mm et les pneus Dunlop Sport Maxx GT600 DSST CTT spécialement développés pour la Nismo, avec un cahier des charges similaire aux plus gros SUV, lui permettent de se ventouser au sol. Avec de telles contraintes physiques, la rigidité accrue de 8 % de la structure n’est pas un luxe.

C’est bien sous le capot que Nismo a lâché toute son expertise acquise en compétition. Le V6 3,8 litres biturbo, toujours fidèle au principe du Kaizen, a reçu quelques modifications, à commencer par les deux escargots, empruntés aux GT-R engagées en catégorie GT3. Au final, le VR38DETT, renforcé sur la Nismo, produit 600 ch pour 652 Nm de couple. Si les changements sont peu perceptibles sur route ouverte, la Nissan GT-R Nismo se révélera beaucoup plus cataclysmique sur circuit. Le 0-100 km/h tombe à 2,5 secondes et les reprises sont encore plus convaincantes avec une motricité à toute épreuve. La vitesse maximale est toujours donnée pour 315 km/h. Mais pour s’assurer des progrès effectués, il faudrait regarder du côté du chrono signé sur le Nürburgring, avec un temps de 7’08’’68, soit près de 10 secondes de mieux qu’une GT-R de 550 ch.

En revanche, comme toutes les GT-R, la version Nismo encaisse très bien le surplus de puissance. À l’aide des nouveaux turbo issus de la catégorie GT3, Monstaka peut, sur demande, tirer 800 ch sans modifier les deux turbines. En fait, et ce malgré les restrictions imposées par le groupe GT3 entre brides et limites de pression, les pistardes engagées par Nissan, équipées des mêmes moteurs et turbo, sortent 700 ch pour 800 Nm de couple. La montée à 800 ch devient donc une formalité pour le préparateur. Le sorcier français propose également un pack qui promet un régime de 40 kg grâce à la pose d’un échappement en titane (disponible officiellement sur les versions US) et un système de freinage en carbone.

Le prix de l'exclusivité :

Avec la GT-R Nismo, Nissan parvient à améliorer encore un peu plus une machine bien affûtée. En piochant dans un catalogue de pièces inspirées, voire empruntées, à la compétition, le fabricant japonais pousse la GT à un niveau inédit. Plus précise et stable qu’une version conventionnelle, elle semble facile à mener. Pourtant, la Nismo réclame une implication du conducteur pour livrer le meilleur des évolutions apportées. Dommage toutefois qu’elle ne soit pas aussi radicale que laisse supposer son patronyme chargé d’histoire. Porsche pourrait aisément reprendre le dessus avec la prochaine GT2, la concurrente directe de la Japonaise.

Répondant à la norme Euro6 à partir du mois de novembre, la Nissan GT-R Nismo est disponible dans l’Hexagone au prix de 150 000 €. Une somme relativement coquette face à la GT-R de base, affichée à 94 200 €. Certains pourraient même se diriger vers une Track Edition, équipée comme une Nismo, à l’exception du moteur, et s’orienter vers un préparateur comme Monstaka, pour lui offrir 625 ch contre un chèque de 3 995 €. Reste à définir l’importance que l’on accorde au prestige sans équivalent d’un modèle badgé Nismo.

Note : 18/20

Bien vu :
Performances phénoménales
Exclusivité du modèle
Efficacité en progrès

À revoir :
Homogénéité en retrait
Manque de radicalité
Gain de poids risible

Soufyane Benhammouda

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