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Essai Nissan GTR Monstaka GT1000 : une GT-R aux amphétamines

A l’aube des années 2000, le studio Universal dévoile le film Fast And Furious qui a largement démocratisé le monde du tuning et de la préparation mécanique. Depuis mercredi, le septième opus de la saga occupe les salles obscures et reste fidèle à la recette originale. Surfant sur la vague, nous avons décidé de découvrir "une caisse qui est dans les 10 secondes", en prenant en main une Nissan GT-R généreusement modifiée par Monstaka.

+ de photos Nissan GT R Monstaka GT1000 HKS

Apparue en 2009, la Nissan GT-R est rapidement devenue un mythe dans le monde des sportives, en donnant de sacrées leçons à des engins bien plus puissants. En tant que digne héritière des Skyline GT-R, le coupé encaisse facilement les modifications mécaniques et demeure sans conteste la base fétiche des préparateurs actuels. Situé dans le sud de la France, Monstaka propose la GT1000 qui, comme son nom ne l'indique plus, développe désormais 1 300 chevaux !

Sur le plan stylistique, cette préparation aura un peu de mal à faire bonne figure dans un épisode de Fast And Furious. La Monstaka GT1000 est parfaitement similaire au modèle d’usine et conserve donc les gimmicks qui lui sont propres. Ici, seules les quatre jantes ADV.1 Superlight SL chaussées de Toyo R888 (285×20 et 315×20), laissant entrevoir des disques Alcon CCX en céramique de 400 mm, viennent trahir ses ambitions. Un plumage bien trop modeste par rapport au ramage. J’aurais apprécié un kit carrosserie à la hauteur de la puissance, comme celui proposé par le fabricant Amuse.

La grosse artillerie :

En revanche, côté mécanique, les modifications sont bien moins timides. Après avoir ouvert le capot de la Nissan GT-R, Monstaka a apporté plus du double de la puissance d’origine et de même pour le couple ! Pour parvenir à ce résultat, le VR38DETT a reçu de nouveaux collecteurs d’admission et d’échappement, un système de refroidissement entièrement repensé et, cerise sur le gâteau, deux turbos HKS GT-II 7867, directement importés du Japon. Les pompes à essence ont été remplacées par des modèles 500L/H et des injecteurs de 1 650 cm3/min crachent leur venin dans les chambres de combustion. Quant à lui, le bloc moteur grimpe à 4,3 litres de cylindrée et le taux de compression est lui aussi revu à la hausse, permettant une réponse encore plus rapide des turbos qu’une R35 d’origine et un couple débarquant encore plus tôt.

1 300 ch pour tous les jours :

Alors que le couple était muselé sur les versions précédente, les nouveaux renforts de boîte permettent au préparateur de se lâcher encore un peu plus. Notons que la boîte a été fiabilisée avec un kit de refroidissement HKS, une pompe à huile à gros débit et un système de filtration plus efficace. Les organes internes comme les fourchettes ou les arbres ont été changés et ajustés. Mise au point banc Dynapack de dernière génération, la Monstaka GT1000 développe au final 1 300 ch et 1 220 Nm de couple !

Nous serions tous tentés de confondre cette préparation avec celle d’un dragster incontrôlable, mais les premiers tours de roues suffisent à revoir notre jugement. A bas régime, la Monstaka GT1000 conserve l’homogénéité de la Nissan GT-R d’origine. L’accélérateur docile permet de lancer la machine sur un filet de gaz et à aucun moment on soupçonne la présence d’une mécanique explosive sous le capot.

Dix secondes chrono :

Puis vient le moment où l’on réveille Mister Hyde. Avec la pédale de droite bien enfoncée jusqu’au plancher, la Monstaka GT1000 se lance à l’assaut de l’horizon avec une hargne complètement délirante. Le grip est également très étonnant puisqu'à aucun moment la transmission ou les pneus ne jettent l’éponge. La poussé est violente et votre corps, collé au siège pendant de longue secondes, devient ainsi le seul fusible à bord. Maux de tête assurés en cas d’accélérations répétées.

Pour être honnêtes, il a été difficile pour nous de chronométrer la sportive mais Monstaka nous confirme un 0 à 100 km/h en 2,5 secondes, un 0 à 200 km/h en 6,3 secondes, un 100-200 km/h en 3,8 secondes et un 400 mètres D.A. expédié en 9,2 secondes à plus de 250 km/h au point de passage. La Bugatti Veyron Super Sport, la reine à ce petit jeu, avoue 2,5 secondes, 7,3 secondes, 4,8 secondes et 10,1 secondes, respectivement pour les mêmes exercices.

Le boss des "Race Wars" :

En fait, la vraie Godzilla c’est elle. Génétiquement modifiée par un sorcier, elle devient un mutant invincible, laminant la plupart des engins autorisés sur la route. De quoi faire passer la Nissan GT-R pour un simple lézard inoffensif. Hormis les performances, la conception de la machine est tout aussi impressionnante : le surplus de puissance ne vient pas prendre en défaut le grip de la GT-R et l'excellente homogénéité est toujours conservée.

Cette Monstaka GT1000 est-elle bien utile ? A moins de s’adonner à des runs illégaux la nuit ou participer aux Race Wars chères à Brian O’Connor, il est bien difficile de répondre par l’affirmative. Surtout que cette préparation réclame une rallonge conséquente par rapport à une Nissan GT-R de base : avec un kit moteur facturé 64 995 € et une transmission à 18 995 €, la Nissan GT-R ainsi modifiée grimpe au prix de 178 500 €. Soit à peine plus cher que la Nissan GT-R Nismo mais pour des performances similaires à une Supercar, dix fois plus onéreuse.

Note : 18/20

Bien vu :
- Experience physique délirante
- Motricité infaillible
- Confort et homogénéité préservés

A revoir :
- Budget conséquent
- Cachets d'aspirine et combinaison anti-G non fournis

Soufyane Benhammouda

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