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Essai Opel Crossland X : du caractère, que diable !

Dans le monde du ballon rond, il y a un dicton qui dit : la France joue, et c\'st toujours l\'Allemagne qui gagne. Question industrie, cet adage se vérifie sans cesse. Sauf qu\'au début de cette année, le groupe Peugeot Citroën est devenu l\'exception qui confirme la règle, en rachetant Opel au géant américain GM.

Pourquoi, je vous compte ceci ? C\'est parce que notre essai du jour nous emmène à conduire le 1er enfant de ce mariage : l\'Opel Crossland X. Ci-dessous, on vous explique tout‚ en route !

+ de photos Opel Crossland X 1.2 Turbo 130

Liaisons dangereuses

En 2008, le groupe PSA – qui compte dans ses rangs 3 marques automobiles : Peugeot, Citroën et DS – était au bord de la faillite. Malgré plusieurs restructurations industrielles, aménagements du temps de travail et aides de l’état, la chute générale des ventes de véhicules sur le marché européen plongea PSA dans les méandres de la finance internationale.

Heureusement, Général Motors et sa marque européenne, Opel, acquièrent sur les marchés, en février 2012, près de 7 % du capital. Une bouffée d’argent qui sauve le groupe de la faillite. Pour consolider ce mariage de raison, les deux firmes s’attellent à trouver des projets communs pour réduire les coûts de fabrication de leur prochain modèle. L’Opel CrossLand X est le premier enfant de cette union.

Crossland X, le 1er enfant…

Produit dans l’usine de General Motors en Espagne, plus exactement à Saragosse, l’Opel CrossLand X reprend l’excellente plateforme Peugeot/Citroën qui a fait naître le Peugeot 2008 et bientôt le Citroën C3 Aircross.

Dans sa configuration Opel, il est capable d’accueillir 5 personnes dans ses 4,21 mètres de long, 1,76 m de large et 1,60 m de hauteur. Pensé avant tout comme un SUV familial, le Crossland X se distingue de son aîné le Mokka X, par sa modularité. Par exemple, la banquette arrière est posée sur rail et peut ainsi faire passer la soute à bagages de 410 à 520 litres. On notera également la présence de l’affichage tête haute, de la caméra de recul 180°, d’une palanquée d’aides à la conduite et de la borne WiFi (via la solution OnStar payante) pour faciliter la cohabitation à bord avec la marmaille de l’arrière.

Sous le capot moteur, et certainement pour des raisons de coûts, le constructeur pioche allégrement dans la banque d’organes de Peugeot/Citroën. On y retrouve donc avec joie les derniers 3 cylindres PureTech carburant à l’essence disposant d’une puissance allant de 82 à 130 chevaux. Côté diesel, l’Opel offre deux BlueHDi allant de 99 à 120 canassons.

Question style, le nouveau venu ne joue pas dans l’exubérance. Bien au contraire même. Il paraît bien sage face à des concurrents bien délurés comme le Captur de Renault. De face, on reconnaît de suite la large calandre des nouveaux modèles de la marque au Blitz, ponctuée par le logo ornementé d’ailes chromées. Les lignes de profil rectilignes et creusées sont du même acabit et ne cherchent pas à brusquer les acheteurs potentiels. Il n’y a guère qu’en poupe que notre Opel joue un peu du muscle. Ici, les traits sont plus francs et horizontaux alors qu’en partie inférieure le sabot affirme son potentiel à sortir des chemins bien goudronnés ! Bref… la simplicité est de mise et le Crossland joue plus sur la discrétion que sur le tape-à-l’œil. Cela dit, le client peut tout de même faire le choix d’une peinture bicolore pour améliorer son tempérament.

Le Crossland X est affiché à un prix de base de 18 350 €. Il s’agit alors de la version essence 1.2 atmosphérique de 81 chevaux, en finition Edition. Cela vaut tout de même la peine d’investir un peu plus pour profiter d’un modèle équipé d’un turbo qui, lui, dégaine une polyvalence nécessaire pour les voyages au long court.

Pour notre Crossland X 1.2 Turbo 130, du jour, votre concessionnaire Opel vous demandera 22 650 € car il n’est vendu qu’en finition haut de gamme : Innovation. Ici Opel étend l’équipement avec un avertissement d’angle mort, un système multimédia, une caméra 180°. Un freinage automatique d’urgence ou un régulateur de vitesse adaptatif ne sont toutefois pas prévus : Opel se justifie en expliquant que ce n’est pas une demande de la clientèle.

Essai de la nouvelle OPEL Crossland X 1.2 Turbo 130

Et au volant, ça donne quoi ?

En ouvrant la porte, vous n’allez pas vous mettre à danser la Samba. Le noir règne en maître, et ce n’est pas la surpiqûre orange du volant et les quelques plaquages de véritable aluminium en plastique qui égayeront le cockpit. Cela dit, après avoir facilement trouvé la bonne position de conduite, on s’aperçoit de la qualité des matériaux. Largement au-dessus du leader Captur. Les assemblages sont également flatteurs et le nouveau système d’infodivertissement, contrôlable depuis un écran 8 pouces, épure la planche de bord de nombreux boutons inutile. Question habitabilité, c’est tout certainement l’une des meilleures de la catégorie. À l’avant, la place ne manque pas, alors qu’à l’arrière, c’est plus que confortable.

Sur le papier, ce n’est pas un monstre de vitesse, avec un 0 à 100 km/h en 9,1 secondes et une vitesse de pointe de 206 km/h. En pratique, le couple est toujours présent et le moteur réagit spontanément, du moins, tant que vous restez au-dessus des 1 500 tr/min. Le moteur est de plus bien insonorisé et Opel a profité du savoir Citroën pour s’attarder sur le confort. Le résultat est plaisant avec un Crossland X silencieux et confortable qui peut même se targuer d’avoir un comportement dynamique.

Une petite virée en hors-piste et me voilà surpris. Si Opel cible surtout une clientèle citadine qui ne daignera jamais outrepasser la limite d’un tarmac bien lisse. Sachez qu’il est surprenant sur les chemins de traverse. Son grand débattement offre assez de souplesse de suspension pour passer là ou les berlines s’arrêtent. Ce n’est pas un 4x4, mais pour une traction, il se débrouille vraiment bien.

Enfin, un autre point positif : si Opel annonce une consommation normée de 5,7 l/100 km, nous avons pu obtenir un très raisonnable 7,2 litres aux 100 km avec une grosse partie de notre essai pied au plancher.

Test et avis sur l'Opel Crossland X Turbo 130

Il ne lui manque que du Peps !

Ce nouveau venu dans la gamme des crossovers urbains n’est pas dénué d’intérêt. Il permet au groupe PSA, via sa nouvelle marque Opel, de renforcer sa position dans un segment qui a le vent en poupe et cela même face à des concurrents qui s’enhardissent fortement. Grâce à ses possibilités de modularité, son espace à bord, son coffre, sa personnalisation et son équipement, le Crossland X devient d’emblée un bon choix. Mais seulement pour ceux qui ne désirent pas une auto qui roule des mécaniques. Les autres iront voir du côté de chez Citroën avec leur nouveau C3 Aircross. Comme quoi, être à contre-courant des tendances peut devenir un atout majeur.

Note : 3,5/5

Bien vu :
- Comportement routier
- Capacité en hors-pistes
- Habitabilité

À revoir :
- Style trop gentil
- Intérieur tristoune

Photos de Julien Fautrat

Benoit Alves

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