Skoda

Essai Skoda Kodiaq : l’affranchi des quatre pattes !

Depuis qu’elle est passée dans le giron du groupe Volkswagen, en 1991, la firme tchèque ne cesse de nous surprendre avec des produits de plus en plus aboutis. Après une Superb, qui mérite enfin son nom, Skoda se lance dans la bataille farouche des SUV avec son grand Kodiaq.

+ de photos Skoda Kodiaq TDI 150

Prague qu’est installé le QG du constructeur tchèque – et les aficionados de la marque, le Kodiaq de grande série montre le bout de ses roues. Pour le découvrir, me voilà parti à sa recherche sur la plus importante et certainement la plus belle île des Baléares, je parle bien évidemment de Majorque.

La chasse à l’ours…

Après presque 3 h heures de vol dans un vieux coucou à hélice, je touche enfin le sol espagnol. Ici, point de Kodiaq. Juste quelques gardes-frontières qui n’ont pas forcement envie de passer au crible mes petits bagages. En sortant de l’aéroport, toujours aucun signe de vie de la bête. Me voilà seul, baragouinant en castillan avec les autochtones, pour tenter de comprendre ce qui arrive. Quelques bonnes minutes plus tard, un représentant de l’ordre public m’informe qu’une grosse machine blanche est bien présente, mais qu’il ne sait où elle peut se trouver. (J’apprendrai ultérieurement que les gens du marketing, les mêmes qui ont mis le Kodiaq à ma disposition, se sont amusés à me concocter un jeu de piste dans l’aérogare pour le retrouver.) En tournant tout autour des parkings, des indices me portent, petit à petit, vers l’enceinte du fond. Et là, je découvre enfin la belle bête.

La raison de cette chasse au Kodiaq ?

Cette mise en scène, imaginée par les marketeurs tchèque, est une référence à la mythique traque à l’ours Kodiak. Les Amérindiens, comme les peuples nordiques, le vénéraient pour sa puissance et sa force légendaires. C’est cet ours, l’un des plus grands carnivores terrestres vivant sur l’île éponyme d’Alaska, qui inspira les concepteurs du SUV.

Essai nouveau SKODA Kodiaq TDI 150 4x4

Revenons à nos oursons…

Après ce petit jeu de cache-cache, je récupère enfin la clé de mon ours brun vêtu d’une belle couleur blanche. Les documents à l’intérieur de l’habitacle me donnent la configuration. Il s’agit du Kodiaq 2.0 TDI 150 4x4 Style. Il s’échange contre un Tchèque de 38 850 € (humour quand tu nous tiens). Pour ce prix nous avons droit au réputé 2 litres TDI du groupe Volkswagen. Il développe ici 150 chevaux à 3 500 tr/min associés à une boîte mécanique à 6 rapports. Il transmet le couple généreux de 340 Nm à partir de 1750 tr/min, sur les quatre roues. De quoi dérouler un 0 à 100 km/h en 9,5 secondes et une vitesse maximum de 197 km/h. Le poids de notre SUV tchèque reste cependant contenu avec une masse de 1630 kg sur la balance. Pour les consommations, il ne demanderait que 5,4 litres aux 100 km (soit 141 gr de CO2 par km), selon les normes d’homologations.

Sa finition Style s’endimanche de tout ce qu’un conducteur exigeant et moderne est en droit d’attendre. Par exemple, les sièges sont recouverts d’un joli cuir doublé d’alcantara, le hayon est à ouverture électrique, le système d’éclairage autoadaptatif AFS utilise des feux full LED, les sièges avant sont chauffants alors que le conducteur empoche en plus des réglages électriques à mémoire. Pour une conduite sereine, le Kodiaq offre également le châssis adaptatif DCC, un régulateur de vitesse adaptatif, une camera de recul, les avertisseurs d’angles morts, des feux antibrouillard avec fonction Corner lights, la reconnaissance des panneaux de signalisation et le line assit. Enfin, et pour arriver à bon port, le système d’infodivertissement, piloté depuis l’écran tactile de 8 pouces, affiche l’état du trafic en temps réel sur le parcours choisi et suggère de meilleurs itinéraires s’il y a des embouteillages.

On commence !

Pas de souci concernant l’accès à bord. Les portes sont larges à l’avant comme à l’arrière. Les parapluies, cachés dans les portières avant, sont bien là au cas où mère nature aurait décidé de nous faire prendre une douche. Comme sur les autres produits de la marque, l’espace à bord est vaste. Il y a de la place pour 5 et même pour sept avec l’option 3e rangée. Certes, elle est réservée aux enfants, mais elle a le mérite d’être proposée. La soute à bagages est vraiment volumineuse avec une capacité de 650 litres.

La finition montre bien que Skoda fait partie du groupe Volkswagen avec des plastiques bien ajustés et de qualité. Le dessin de la planche de bord est du même acabit. Elle semble taillée dans le roc ! Les lignes horizontales s’opposent simplement aux lignes verticales. Ici pas de fioritures ni de vagues charismatiques. C’est du sérieux, un brin triste, cependant il inspire la qualité et la robustesse.

Essai du nouveau 4x4 SUV de SKODA, le Kodiaq

Dès les premiers tours de roue, on s’y sent bien. Le TDI qui lâchait ses vocalises au démarrage commence s’apaise au fur et à mesure que j’engrange les kilomètres. Les commandes sont parfaitement calibrées et la boîte de vitesses mécanique ne rechigne pas à passer d’un rapport à l’autre. Malgré son grand gabarit de 4,70 m, je n’ai aucun souci pour me faufiler dans les ruelles escarpées de Palma. Les suspensions actives – en position confort – filtrent bien les manquements de la DDE locale.

Je quitte la capitale pour emprunter des voies plus rapides. Les 150 chevaux et les 340 Nm de couple se révéleront amplement suffisants pour enrouler et même doubler en toute sérénité. Pas de quoi en faire une machine de guerre certes, mais ce n’est pas ce que l’on demande.

En entrant à l’intérieur des terres, les grandes routes laissent place aux petites chaussées escarpées. Ici, le Kodiaq se montre plus dynamique qu’escompté surtout au vu de son gabarit. Il faut dire que son système 4x4 optimise l’adhérence grâce à un différentiel à glissement limité électronique.

Après avoir fait monter les freins dans le rouge, une petite piste en plein milieu de la pampa me lance un appel du pied. Et quitte à avoir un SUV, autant l’essayer sur ses vraies compétences… Même si vous serez certainement très peu nombreux à le pousser hors des sentiers battus, sachez que le Kodiaq n’y est pas ridicule ! En choisissant le mode « Off Road », de bons angles d’attaque, et en utilisant la troupe de caméras entourant à 360 ° le SUV, le Kodiaq permet en effet d’aborder des sols plus hostiles avec sérénité

Caméra 360° du GPS a bord du SKODA Kodiaq

Toute bonne chose à une fin !

Après avoir engrangé des kilomètres en toute quiétude, il me faut rendre les clés de ce Kodiaq qui fait une entrée réussie dans la catégorie des grands SUV. Le temps pour nous de faire le bilan de cette machine.

Kodi, comme aiment le nommer nos hôtes tchèques, ne révolutionnera pas le segment par son style. Mais il a suffisamment de personnalité pour lui permettre de se démarquer de ses congénères. Bien dans son temps, il offre une connectivité et des aides à la conduite à la pointe. Son comportement sobre, efficace et confortable en fait un outil intéressant pour les petites familles. D’autant que, pour le reste, il peut compter sur les atouts traditionnels des Skoda : espace de vie à bord et prix tranchant. Que demander de plus à un SUV à vocation familiale ?

Photos : Soufyane Benhammouda
Note : 15/20 

Bien vu :
- Simplicité d’utilisation
- Châssis imperturbable
- Prix/prestation

À revoir :
- Une version RS ?
- Place de la 3e rangée de sièges

 

Benoit Alves

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