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Essai Skoda Superb Greenline

C‚Äôest marqu?© noir sur blanc¬†: la Skoda Superb Greenline annonce une consommation de 3,7¬†l/100 km. On pourrait facilement pointer du doigt les cycles d‚Äôhomologation favorables, mais le constructeur tch?®que ne manque pas de confiance et nous a invit?©s ?† la v?©rifier par nous m?™me, entre Prague et Riga, lors de l‚ÄôEuropa Trip.

+ de photos Skoda Superb 1.6 TDI Greenline

Si plusieurs constructeurs se tournent vers la mobilité électrique ou hybride, certains demeurent fidèles au moteur thermique. C’est le cas de Skoda, qui reste toutefois soucieux de l’environnement et des réserves d’énergie fossile. La gamme ne bénéficie pas encore de propositions hybrides, mais le constructeur compte sur son badge Greenline pour satisfaire les plus vertueux.

Objectif 4,31 l/100 km 

Pour cet exercice, qui n’est pas des plus aisé, le constructeur nous a concocté un parcours de 1 530 km entre Prague, en République tchèque, et les rives de la mer baltique à Riga, en Lettonie. Un challenge réalisable puisque les 66 litres de réservoir de la Superb peuvent, en théorie, nous emmener à près de 1 780 km de route. Dans la pratique…

Sur les 5 véhicules présents, nous embarquons dans une Skoda Superb Greenline berline. Un choix profitable puisqu’elle est moins lourde par rapport à la Combi. Pour ce périple, la berline sera amplement suffisante, avec son énorme coffre de 625 litres (jusqu’à 1 760 litres) et l’ensemble de ses qualités qui lui ont valu, ce n’est pas un hasard, notre titre de Référence de l’année dans la catégorie berline.

Optimisée pour l’efficience 

Hormis les jantes spécifiques, la Skoda Superb Greenline ne se distingue guère du reste de la gamme. Les évolutions pour optimiser la consommation de carburant sont plus enfouies : on note ainsi un châssis abaissé de 15 mm, de timides appendices aérodynamiques, un soubassement adapté, un système de récupération d’énergie au freinage et un moteur 1,6 litre TDI de 120 ch associé à la seule boîte manuelle à six rapports.

Au départ de Prague, notre berline s’alourdit de 66 litres de diesel et le réservoir a été scellé. Nous devrons être soucieux de ne pas dépasser les 4,3 litres de moyenne et, autre objectif du périple, afficher le plus petit appétit du groupe. Cela implique d’avoir les yeux rivés sur les écrans plutôt que sur la route ou profiter des paysages, sortir la calculatrice et jongler entre consommations théoriques et pratiques et, pire, faire appel à nos plus profondes (inexistantes ?) compétences en matière d’écoconduite. Nous prenons donc la décision de ne pas jouer cette carte vertueuse et d’éprouver le 1,6 litre TDI dans des conditions normales d’utilisation.

Un appétit de chameau

La première partie du voyage n’est pas une réussite, osons l’avouer. Mon binôme et moi-même sommes lancés directement dans le flot de la circulation dans l’optique de prendre en main la Superb. Aussi, l’appel des virages du parc national de Karkonosze étant plus irrésistible qu’un chant de sirène de la mer baltique, nous nous sommes fait surprendre par notre conduite gauloise. Mauvaise idée, puisqu’au terme des 200 km, l’ordinateur de bord indiquait un inquiétant 5,9 l/100 km de moyenne. Une valeur raisonnable au regard du profil de la route et de la monture, mais pas vraiment adaptée à notre objectif de la semaine.

Cela a toutefois permis de mettre en lumière les prestations routières de la Skoda Superb Greenline. La plateforme MQB n’a plus de preuve à faire en matière de comportement routier, même en l’absence de mode Sport. Avec la boîte longue, le bloc sans bougies est légèrement muselé et exige de rester dans les tours pour effectuer les dépassements, avec une sonorité assez présente dans l’habitacle. Alors que l’écoconduite nous préconise de profiter de l’aspiration des semi-remorques, notre volonté de conserver des allures réglementaires nous oblige à tomber des rapports. Le 80-120 km/h a été chronométré en 12 secondes sur le 5e rapport et en 7,0 secondes en 3e. À vitesse stabilisée, la berline est bien plus silencieuse et seuls les sièges durs entachent le tableau sur longs trajets. Au terme de cette partie, nous affichons un appétit de 4,9 l/100 km, mais heureusement, la suite du périple sera salvatrice.

Point limite zéro

Cap au nord depuis Cracovie sur la E77 et la E67. Un bandeau de bitume en chantier et fortement fréquenté, qui nous contraint de baisser notre rythme à 61 km/h de moyenne pour une consommation de 4,0 l/100 km sur 710 km de route. Sans nous passer de climatisation ni de tous les équipements de confort (notre modèle embarque 7 470 euros d’options), nous avons avalé près de 3,0 litres de plus que les autres équipages en fin de journée. À mesure que nous approchons de la Lettonie et de notre but ultime, la circulation se fait bien plus fluide, sur des bandeaux rectilignes qui singent certaines routes limousines. La machine à café Handpresso (au maniement complexe) sera d’une grande aide pour faire face aux kilomètres qui s'accumulent.

Puis arrive le moment fatidique, celui où le voyant orange brille au milieu de la triste planche de bord de la Superb : la réserve est entamée à 1 396 km de parcours. Nous ne changeons pas notre objectif et notre volonté, mais nous adoptons tout de même un comportement bien plus cool, afin de rallier la mer baltique, à Riga. En entrant dans la capitale lettone, nous devons toutefois anticiper les ralentissements et, par sécurité, couper la climatisation. Nous franchirons l’arrivée, en tête, mais avec presque autant de carburant dans le réservoir que la cylindrée du moteur. Le 1,8 litre d’huile lourde restant dans le réservoir nous permettait de parcourir encore 50 km d’après l’ordinateur de bord. Soit un peu moins sur un parcours citadin.

Le lièvre et la tortue

Nous avions fait le pari de rallier Riga depuis Prague dans des conditions normales de conduite. Nous nous autorisions des dépassements, nous roulions aux allures légales et nous nous ne concentrions pas sur l’écoconduite. Au terme des 1 534 km effectués (1584 km théoriques jusqu’à la dernière goutte), l’ordinateur affiche une consommation moyenne de 4,3 l/100 km (4,28 l/100 km plus précisément), pour une vitesse de 63 km/h. Notre duo, pas vraiment réputé pour sa fibre écologique, a finalement gagné 60 minutes sur les autres équipages, après 24 heures et 20 minutes passées derrière le volant.

Toutefois, les quatre autres duos ont réussi à afficher des scores bien plus sages. En moyenne, les autres Skoda Superb Greenline ont avalé 3,75 l/100 km, pour une autonomie totale de 1796 km, à 61 km/h. Rappelons que la Superb Greenline est annoncée officiellement avec une autonomie de 1 780 km. Un équipage a même descendu la consommation à 3,6 l/100 km pour une autonomie totale de 1 907 km, en arrivant, en théorie, près de 45 minutes après nous. Plus doucement, certes, mais plus longtemps. Tout est question de philosophie, sachant que cette différence ne représente une économie que d’une quinzaine d’euros de carburant…

La Skoda Superb Greenline est affichée à partir 30 000 euros (31 100 euros pour la Combi). Elle conserve toutes les qualités du modèle, mais elle se montre bien plus vertueuse. Lors de nos précédents essais, nous avons pu relever des consommations situées autour de 6,4 l/100 km, soit 0,5 l/100 km de plus que notre plus sportive escapade du périple. Elle s’adresse donc aux gros rouleurs, qui devraient faire des économies, à condition de ne pas être pressés.

Note : 15/20

Bien vu :
- Style extérieur
- Consommations de chameau
- Coffre gigantesque
- Tarifs pratiqués

À revoir :
- Sonorité présente dans les tours
- Dureté des assises
- Intérieur austère

Crédit photo : Soufyane Benhammouda/La Revue Automobile

Soufyane Benhammouda

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