Sport

Le YAMAHA GMT 94 Champion du monde d'endurance

Le championnat du monde d‚Äôendurance a connu son ?©pilogue lors des 24 heures du Mans, puisque la course du Qatar avait ?©t?© annul?©e par les organisateurs locaux. La couronne mondiale est donc revenue, comme nous le pensions avant les 24 heures, au GMT 94, devant le SERT et le team Bolliger. En fait le tierc?© ?©tait donc bien r?©parti : Yamaha, Suzuki et Kawasaki. Toutes ces ?©quipes constituent bien le gratin mondial.

On s’était demandé en début de saison si Honda serait dans le coup pour jouer le titre, dès la première année de son retour aux affaires. Il n’en fut rien à cause de problèmes de fiabilité, mais tout le monde a remarqué le haut niveau de performance de la machine et son trio français de pilotes.

La Kawasaki du SCR représentant officiellement la marque ne disputait pas le championnat du monde, mais aurait bien volontiers accepté de ramasser les lauriers si l’occasion s’était réellement présentée, même sans aller courir au Japon.  Cependant, Gilles Stafler le manager de cette moto N° 11 précisait avant le départ des 24 heures :

 «  Notre objectif 2014 reste de gagner les 24 heures, pour le titre mondial ce sera l’objectif 2015. »

Chez Bolliger le pragmatisme suisse faisait qu’on ne pensait pas vraiment en début de saison se battre pour le titre, mais des courses bien régulières apportent une belle récompense à cette équipe qui a déjà connu la gloire mondiale et demeure toujours dans le coup, sans victoire cependant.

Le SERT avait remisé ses ambitions de décrocher un 14 ème titre après les déboires du Bol et les quelques points que Nigon avait laissé échapper au Japon. Pourtant tous ceux qui connaissent le chef, Dominique Méliand, le manager charismatique, battant infatigable devant l’éternel, savaient bien que même s’il ne restait qu’une chance infime, tout serait tenté pour barrer la route à la Yamaha. Sauf que cette Yamaha possédait elle aussi une équipe efficace et une machine sans doute d’un meilleur niveau que la Suzuki. Malgré la chute en début de course de David Checa, la N° 94 attaqua sans cesse jusqu’à venir mordre les talons de la Suzuki N° 1 et une fois l’attribution des points intermédiaire passée, la Yamaha se trouvait déjà titrée à la seule condition de passer la ligne d’arrivée. Pour cela, les pilotes étaient prêts à pousser jusqu’à épuisement, si par malheur une panne survenait. Christophe Guyot, le manager, plus fébrile que jamais, anticipait toutes les manoeuvres possibles pour concrétiser enfin un titre mondial.

Il n’en fut rien et la répartition des rôles, si l’on peut dire, se fit naturellement avec la Suzuki N°1 qui gagne la course et perd son numéro de champion, dont la N° 94 ne veut pas pour la saison prochaine mais célèbre avec beaucoup de joie le titre, obtenu sans victoire là non plus.

Le GMT, par fidélité au département qui soutient son action depuis des années, entend effectivement rouler en 2015 avec le N° 94. On comprend cette marque de reconnaissance vis-à-vis d’un partenaire. On entend aussi la juste célébration de la qualité des pneumatiques Michelin dans la conquête de ce titre et l’on redoute que la GMT ait travaillé à sa perte dans le développement qu’il a conduit avec Bibendum. Les sirènes d’un engagement en Moto GP vont sans doute détourner les techniciens clermontois de l’endurance et le champion du monde aura de saines bases de comparaison pour utiliser les pneus d’un autre manufacturier. 

On est djà en 2015

La Fédération internationale de motocyclisme, par la voix de Paul Duparc, coordinateur des courses sur route, est le premier à redouter ce retrait quasi programmé de Michelin, ce qui freinera le développement puisque réduisant la concurrence. Dunlop, un peu en retrait cette année par suite de redéploiement de ses installations dévolues à la compétition deux roues, et Pirelli bien actif avec Kawasaki, semblent par contre tout à fait décidés à intensifier leurs efforts en faveur de l’endurance. Qui s’en plaindrait ? 

Lors de la remise des prix de ce championnat du monde, le calendrier a bien entendu été évoqué. Confirmation a été donnée pour que les travaux demandés pour l’homologation du Paul Ricard soient bien exécutés dans les temps et pour que Magny-cours étudie avec la FIM deux courses sur deux jours, selon des formats encore à définir.

Le promoteur du championnat 2015 devrait être Eurosport et tous les espoirs sont permis de voir la discipline vraiment se développer, d’autant plus que l’intérêt des constructeurs pour l’endurance se renforce. Ainsi, en plus des 4 constructeurs japonais,  Aprilia et Ducati ont décidé de se joindre en vue d’indiquer à la FIM les orientations techniques qu’ils souhaiteraient voir se mettre en place pour se rapprocher du règlement Superbike. C’est à partir de cette feuille de route, que les managers ont d’ailleurs été consultés. Ainsi le règlement 2015 sera proposé en tenant compte des avis des uns et des autres, la FIM servant en quelque sorte de médiateur technique. 

Comme le précise Paul Duparc, « la FIM essaie d’harmoniser en écoutant les teams ».

Au-delà de ces aspects techniques il reste à souhaiter une véritable internationalisation des équipes engagées car cette année, sur les 10 classées, 7 étaient françaises !

Le classement :

1-Yamaha Racing - GMT 94 – Michelin 141 points

2-Suzuki Endurance Racing Team 104 points

3-Team Bolliger Switzerland 100 points

4-National Motos 80 points

5-SRC Kawasaki 72 points

6-Monster Energy Yamaha – YART 70 points

7-Honda Racing 63 points

8-Team Motors Events April Moto 60 points

9-Team R2CL 54 points

10-Flembbo Leader Team 47 points

 

 

Alain Monnot

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