Audi tt tfsi 180 s line etre deraisonnable avec raison

Plusieurs mois après sa commercialisation, Audi a complété l'offre de son TT par l'ajout d'une motorisation moins puissante et dépourvue de transmission Quattro pour ratisser plus large. Mais y perd-on réellement au change??

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Le marketing veut que l’on se concentre sur les versions les plus puissantes des modèles. La réalité est tout autre et la majorité des ventes de l’Audi TT se fera au travers de deux motorisations : le TFSI 180, mais aussi le TDI 184…

Pour l'Audi TT : Pack S-Line vivement conseillé
Cette troisième génération du TT n’a rien perdu du charme de ses ancêtres et arbore toujours sa trappe à essence qui en fait sa signature visuelle. Toutefois, il est compliqué de se passer du kit S-Line et Audi ne le sait que trop bien. Partant d’un prix de base fixé à 36 250 €, il faut rajouter 4 500 € pour bénéficier des artifices esthétiques. Mais ne croyez pas que cela dispense du reste puisque notre véhicule d’essai embarque pas moins de 6 200 € d’équipements supplémentaires, dont 1 475 € rien que pour les feux à LED. J’ai l’impression de me répéter à chaque essai Audi sur les prix et les options, mais la note frôle le délirant pour la puissance proposée. 
Bien sûr, cette rançon extorquée à votre porte-monnaie par le constructeur vous donne droit à un habitacle de qualité qui peut servir de justification auprès d’une certaine clientèle. De plus, et c’est un atout non négligeable pour un coupé supposé égoïste, le hayon et la banquette rabattable garantissent une capacité de chargement que l’on ne trouve pas ailleurs. En revanche, oubliez les places arrière, plus utiles pour y déposer les emplettes de Madame.

La TT : 180 chevaux et du couple
Le 1,8 litre est une très vieille connaissance chez Audi. Il équipa même la première Golf GTI et servit à l’élaboration du V8, d’une cylindrée initiale de 3 600 cm3 obtenue par l’association de deux quatre cylindres, avant de passer à 4,2 l. Cette parenthèse historique refermée, concentrons-nous sur la version actuelle de ce moulin qui n’a naturellement plus grand-chose à voir avec ses ancêtres, en dehors de ses cotes. D’abord parce qu’il est dopé par un turbocompresseur (même si ce n’est pas une nouveauté), mais aussi parce qu’il fut, dans cette configuration, le premier moteur à arborer la bi-injection (indirecte et directe) à présent répandue dans le groupe Volkswagen. 
La consommation mixte sur un trajet comportant beaucoup de ville est de 8 l/100 km. Le mode Efficiency révèle tout son intérêt sur ce type de conduite ; et sur route la consommation descend de plus d’un litre. Les valeurs ne sont pas révolutionnaires, mais demeurent quand même très bonnes. Dès lors, pourquoi partir sur un diesel ? De couple, la TT 180 n’en manque pas, puisque cette motorisation se contente de 250 Nm face aux gros chiffres de « Monsieur clac-clac », mais en disposant de rapports de boîte plus courts même s’ils sont encore trop longs à mon goût. Avec un 0 à 100 km/h en 6,9 secondes, le TFSI est plus rapide de 2 dixièmes que le TDI. Et toc ! 

Traction et c’est bien comme ça
Quitte à faire hurler les puristes des anneaux, une traction, c’est très bien quand on sait faire un train avant. Or, depuis la plateforme MQB, c’est enfin le cas dans le consortium allemand. Dès lors, et surtout avec une puissance raisonnable, il n’y aurait pas d’intérêt à alourdir la voiture de 100 kg. En effet, l’avantage de ce TT troisième du nom réside dans son poids contenu situé autour des 1 200 kg à vide. Sur route, la précision de conduite et le sous-virage maîtrisé sont appréciables. De plus, la position de conduite au ras du sol donne l’illusion d’être dans un véritable coupé sportif. Et puisqu’en 2016 sportif ne rime plus avec punitif, il s’avère très confortable, caractéristique idéale pour ne pas subir le véto de Madame. 
Puisque j’avais rendez-vous avec une partie de l’équipe sur les circuits de la Ferté-Gaucher, mon essai routier est complété d’une session sur piste, tout en sachant pertinemment que peu de TT en verront un jour le bitume. Qu’importe, ayant la voiture sous la main, autant voir ce qu’elle vaut. Rappelons qu’il ne s’agit pas d’une déclinaison sportive et, qu’à ce titre, elle ne bénéficie ni d’un réglage châssis ni d’un train avant aiguisés au scalpel. Bien que conscient de ces faits, la première tentative sur le circuit est agressive. Trop, clairement. Ni l’avant ni les pneus ne sont de taille à pardonner le moindre écart. Une conduite propre s’impose afin de ne pas saturer l’avant. L’arrière est rivé au sol, en dépit de l’empattement court. Il ne se dérobe que si le conducteur ne lui laisse d’autre choix. C’est un peu trop sérieux pour réellement s’amuser, mais cela reste honnête. En revanche, l’excellente surprise vient du freinage qui a fait le travail durant toute la journée. 
Au final, entre un TT S sans grand intérêt et un TFSI 230, c’est ce dernier que je conseillerais, mais en traction et non en Quattro. Inutile de préciser que je conserverais la boîte manuelle que nous avons eue… 

Conclusion
Joli, relativement performant et sobre, l’Audi TT 180 se montre également confortable tout en affichant un bon comportement routier. Dès lors, il n’y a guère de défauts rédhibitoires à relever si ce n’est, comme d’habitude, des tarifs beaucoup trop élevés…  
 
BIEN VU
Performances suffisantes
Freinage
Consommation raisonnable
Confortable
Design (en pack S-Line)
Grand coffre
À REVOIR
Tarifs/options
Trop sérieux à la conduite
 
Tarifs à partir de 40 750 € avec le Pack S-Line
Note : 15/20
Crédit photo : Julien Fautrat pour La Revue Automobile

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