Sport

24 heures du Mans : Franck Muller ?

En début de saison de championnat du monde d’endurance un constat navrant affectait le paddock : l’écurie Sard-Morand n’était pas de la partie. La défaillance d’un annonceur expliquait cette absence. Dès Spa, heureusement, tout le monde était rassuré par une belle troisième place en LMP2. Lla journée test du mans fut l’occasion d’aller à la rencontre de cette écurie quasiment renaissante de ses cendres.

+ de photos Sport 24 H du Mans Team Morand

Nous tenons à raconter cette belle histoire d’hommes animés par une passion automobile incommensurable. Ils semblent pouvoir renverser des montagnes pour participer à la compétition automobile au plus haut niveau.

Nous découvrons dans le stand de la Morgan N° 43, Jean-François Ruchonnet nouveau team principal de l’écurie helvétique. Son enthousiasme communicatif nous plait bien quand il nous déclare :

«  Je me suis toujours dit qu’à 50 ans j’aurai quelque chose à faire au Mans. Quand Benoît Morand m’a informé qu’il connaissait un gros problème de sponsoring, je ne me suis pas posé de question. J’y suis allé à fond. Dans mon métier de créateur et d’entrepreneur en matière d’horlogerie, j’ai tout de suite vu le parallèle qui pouvait être exploité entre le niveau technologique de nos protos en LMP2 et la précision des montres suisses. J’ai alors convaincu Franck Muller, le créateur de la montre la plus chère du monde à 2,3 millions d’euros, de nous aider. Il a retrouvé dans les valeurs familiales et d’artisanat que nous développons dans notre écurie, celles qu’il met aussi en avant, c'est-à-dire aller à l’essentiel ce qui nous amène à faire de belles choses. »

Nous ne connaissons pas les budgets engagés mais celui du Mans représente 65% du budget annuel, c’est dire l’importance de la prestation attendue.

Jean-François Ruchonnet, on le sent bien, entend faire franchir un cap délicat à l’écurie. Il avoue se trouver dans une phase d’apprentissage de son rôle de team principal, se consacrant à assurer la coordination des questions de sponsoring, de communication et d’accueil des VIP. Quand cette étape sera franchie sa grande aventure au Mans sera sans aucun doute d’y piloter.

Avec une seule Morgan Evo 2

Autant Jean-François Ruchonnet est volubile, autant Benoît Morand se montre mesuré dans ses propos. Il demeure le directeur sportif de cette entité suisse, qui s’est vue approchée par l’écurie japonaise SARD ((Sigma Advanced Racing Development) dont on connait les liens avec Toyota et qui ambitionne de revenir au Mans. L’absence de partenaire financier en début de saison a perturbé le beau montage sportif et technique 2015, si bien que ce sera avec une seule voiture que Sard-Morand s’alignera au départ des 24 heures.

Ce sera, comme depuis 2013, avec une Morgan à moteur Judd, sauf que Onroak automotive a produit un kit évolution 2, dont Benoit Morand en pilote expérimenté et manager avisé attend les meilleurs retours de la part d’une brochette de pilotes au palmarès huppé.

Pierre Ragues, tout comme Oliver Webb ont été sacrés champion en 2013 et 2014 en ELMS. Ils seront associés au suisse Zoel Amberg.

L’homogénéité du niveau des pilotes, la force d’une équipe aux valeurs familiales, les qualités d’un super moteur Judd et la grosse évolution intervenue sur la Morgan, laissent donc espérer à toute l’équipe, de brillantes 24 heures du Mans.

Benoit Morand qui a beaucoup couru, connait les aléas de la compétition il les affronte en toute sérénité et avec une belle flamme d’espérance. Jean-François Ruchonnet, assis en permanence face aux écrans de classement, suit intensément toutes les séances d’essai avec cette même passion qu’il a mise au secours d’une équipe en passe de renoncer.

Pourtant le bilan des essais de mercredi s’avérait mitigé ne reflétant pas la place réelle que l’auto devrait occuper dans la hiérarchie. Oliver n’était pas dans son assiette et en plus il fut difficile de trouver un tour clair.

Malgré tout, pour la Morgan N° 43 on mise sur un set up parfait et son énorme potentiel pour exploiter tous ses atouts en temps utile afin de se frayer une place vers les sommets de la catégorie LMP2, où l’on ne dénombre pas moins 19 engagés.

Nous garderons bien sûr un œil attentif sur cette équipe attachante.

 

Crédit photographique : Gilles Vitry, La Revue Automobile et Thierry Coulibaly

Alain Monnot

Votre avis nous intéresse sur :  24 heures du Mans : Franck Muller ?

Ecrivez votre commentaire sur l'article
Envoyer

On parie que vous allez aimer aussi :

La Revue Automobile, c'est plus de 140 000 photos, 13 000 articles mais aussi des milliers de fiches techniques, une cote auto et bien plus encore. Partageons la passion de l'automobile ensemble !
Inscription Newsletter