Cadillac

Essai Cadillac ATS-V Coup?

Enclin à s’offrir une nouvelle santé commerciale et redorer son image autour du globe, Cadillac fait une entrée dans le segment de berline familiale avec l’ATS. Quitte à briser les codes de la grosse Américaine, la nouvelle venue se décline en une tempétueuse version V dotée d’un bloc turbo.

+ de photos Cadillac ATS V Coupe

Après une triste période post-crise économique et l’échec de la BLS, Cadillac reprend le taureau par les cornes et revient avec l’ATS. Disponible au choix avec deux types de carrosserie, la Cadillac ATS adopte aussi le badge sportif de la marque. La recette est la même, mais pour répondre aux attentes mondiales, les choix mécaniques sont inédits.

No time for chrome :
Pour la découverte du modèle, nous avons pris les commandes de la Cadillac ATS-V Coupé. Hormis la carrosserie amputée de deux ouvrants, la sportive ne se distingue guère de sa grande sœur, la CTS-V. On y retrouve ainsi l’ensemble des gimmicks de la fibre sportive à Détroit, avec un bouclier largement perforé, une ouverture sur le capot en carbone, un spoiler arrière et quatre sorties d’échappement rapprochées. C'est timide, pas très Chrome and Flames dans l'âme, mais suffisant et sans verser dans l'ostentatoire.

Comme la plastique extérieure, l’habitacle respire l’Amérique. Comprenez que la finition n’est pas au niveau des références européennes : le dessin est plaisant, mais les matériaux choisis ne flattent pas la rétine. Tout comme le bloc d’instrumentation, franchement fatigant à regarder. On se croirait retourné dans les années 80, à l’époque des premiers blocs d’instrumentation électroniques. La console centrale réhausse le niveau sur le plan visuel, mais elle ne donne pas le sourire, avec les commandes tactiles capricieuses. Les places arrière permettent de loger deux autres adultes, mais l’accès n’est pas des plus aisés, avec un pavillon tombant et la ceinture des passagers avant qui entrave le chemin.

Bad to the Bone :
Sportive d’envergure internationale, la Cadillac ATS-V Coupé brise les codes de la Muscle Car. Sous le capot, prend place le V6 3,6 litres biturbo de la CTS V-Sport. Dans l’ATS-V, le moteur grimpe à 470 ch à 5 850 tr/min pour 603 Nm de couple à 3 500 tr/min. Elle est donc plus puissante de 39 ch que la BMW M4, son ennemie déclarée. En revanche, elle est aussi plus lourde, avec un poids de 1 781 kg. Cela n’empêche pourtant pas la Cadillac ATS-V d’avouer de meilleures performances avec un 0-100 km/h chronométré en 3,9 secondes et une vitesse de pointe de 304 km/h.

Comme avec la Cadillac CTS-V, c’est sur les routes munichoises que nous avons eu la possibilité de mener l’ATS-V Coupé. En dépit de la présence de deux escargots, le LF4 est plutôt bavard. En pleine charge, la sonorité s’apparente au feulement d’une Nissan GT-R, mais dispose du coffre cher aux Big Blocks américains. Et malgré sa cylindrée déroutante pour une sportive élevée dans la "Motown", le V6 ne manque pas de rage pour aller chercher sa vitesse maximale avec beaucoup de couple dès 2 000 tr/min.

Le châssis est également bien étudié, avec un équilibre qui n’a rien à envier à la Bavaroise et une suspension électromagnétique qui excelle toujours. Le coupé ne présente presque pas de roulis, filtre l’ensemble des irrégularités et reste somme toute confortable, même s’il demeure un peu ferme pour le quotidien. La direction offre elle aussi un excellent ressenti, au contraire de la pédale de frein, au toucher particulier. En fait, c’est avant l’entrée en courbe que la Cadillac ATS-V est déroutante, avec la commande des Brembo difficile à appréhender, typée on/off, et une boîte lente lorsque l’on tombe les rapports à l’aide des palettes sur le volant.

Vous ne voulez pas plutôt une Cadillac ?
Dans sa philosophie, la Cadillac ATS-V n’est pas sans rappeler la Buick GNX, sa lointaine et vieille cousine, équipée elle aussi d’un V6 biturbo. À elle seule et malgré le choix mécanique, elle réinvente la Muscle Car et pourrait presque faire oublier le traditionnel V8. Presque, car l'ATS-V gagnerait à recevoir deux cylindres de plus, juste pour le fun.

Même si elle fait encore pleurer les puristes, la sportive remporte son pari, celui de tenir tête aux références européennes. Elle pèche toutefois avec une présentation intérieure en retrait et une boîte automatique moins rapide que les unités à double embrayage de ses concurrentes. Moins technologique, elle se ratrappe en revanche avec plus de puissance moteur, plus d'exotisme et un prix moindre. Disponible à partir de 74 000 €, la Cadillac ATS-V est plus abordable que la Lexus RC F (79 790 €), la BMW M4 (85 300 €) et la Mercedes C63 AMG Coupé (94 100 €). 

Note : 16/20

Bien vu :
- Gueule exotique
- Équilibre du châssis
- Caractère du V6 biturbo
- Performances

À revoir :
- Finition intérieure
- Accès aux places arrière
- Toucher de la pédale de frein
- Pas de boîte manuelle en Europe

Soufyane Benhammouda

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