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Essai Ford Edge 2.0 TDCi 180 : politiquement correct

Ford complète sa gamme de SUV avec, à son sommet, l’imposant — mais pas politiquement incorrect — Edge. Initialement destiné au marché nord-américain, il fait tout pour s’attirer les faveurs des Européens…

+ de photos Ford Edge 2.0 TDCi 180

On n’y pense pas forcément, mais la gamme Ford contient une large variété de modèles à transmission intégrale. Pour être précis, il y en a huit, dont la Focus RS, essayée le mois dernier. Mais elle dispose aussi de trois SUV ou crossovers : l’Ecosport, le Kuga prochainement restylé et l’Edge, qui fait son apparition sur notre territoire. 

Ford Edge 180

Dynamique, mais pas ostentatoire
Je vais être honnête avec vous, chers lecteurs et lectrices, je ne suis pas un grand fan des gros 4x4. Ils virent trop souvent, de mon point de vue, vers le dégoulinant voire carrément le vulgaire (BMW X6 et Mercedes GLE Coupé, par exemple, pour ne pas les citer). Bien que massif en termes de gabarit et plutôt dynamique dans son approche visuelle, l’Edge sait rester relativement sobre, à l’exception peut-être de sa calandre proéminente. Devenue obligatoire sur une grosse motorisation, on retrouve une discrète double sortie d’échappement tandis que l’aérodynamique a été travaillée à l’avant et à l’arrière. 

De l’espace à bord
Existant en configuration sept places (sauf en Europe où Grand C-Max, S-Max et Galaxy font déjà le travail), le Ford Edge offre ce qu’il faut d’espace aux passagers de la rangée arrière dans la version cinq places européenne. C’est notamment vrai dans le domaine de la largeur aux épaules où il domine la catégorie. En prime, le coffre est généreux avec 1 847 litres de volume de chargement, une fois les sièges rabattus. Mais on n’en attend pas moins d’un beau bébé de 4,80 m. 

ford edge interieur

La présentation intérieure ainsi que les matériaux utilisés sont globalement flatteurs. Les tarifs débutent à 42 000 € pour la finition Trend. La Ttitanium réclame 3 000 € supplémentaires et le surcoût est le même pour passer en Sport. À la fin de l’année, ce sera au tour de la dénomination plus luxueuse Vignale de faire son apparition. 

Diesel de 180 chevaux
Ne cherchez pas de motorisation essence, aucune n’est prévue pour l’Europe. C’est d’ailleurs cette modification des ensembles moteur/boîte par rapport à l’Edge américain qui a causé son retard de commercialisation. Nous avons pu essayer durant nos deux journées le 2 litres TDCi de 180 chevaux et de 400 Nm, déjà testé dans la « sportive diesel » (si vous me permettez l’expression) Focus ST. Relativement creux sous 2 000 tr/min, ce phénomène est ici amplifié par les 1 950 kg à tracter. Pour un meilleur agrément, le 2 litres peut recevoir un second turbo, comme nous l’évoquerons dans un des paragraphes qui suit.

Sur un trajet mixte mêlant ville, route et autoroute, nous avons terminé sur une moyenne de 9 litres/100 km. Dans les faits, l’Edge 180 se montre assez économe (les 7 l sont facilement atteignables) sur routes et davantage gourmand dans les embouteillages. Cette motorisation est exclusivement proposée avec la boîte manuelle, bien guidée et agréable à manier. À moins d’être réellement exigeant sur les reprises à bas régime, la différence entre les deux niveaux de puissance se fait donc plutôt sur le souhait ou non de troquer le levier de vitesse par les palettes au volant.

Ford Edge dynamique

Un comportement sérieux
Et c’est ce qu’on lui demande. Ce n’est ni une GTI ni une limousine destinée aux go fast. Peu agile, elle vous fait rapidement comprendre, en s’affaissant sur ses suspensions, que l’attaque n’est pas à l’ordre du jour (malgré un bon freinage). Pour autant, en prendre le volant ne vire pas à la punition et la tenue de route est plus qu’acceptable comme nous avons pu le vérifier sur les routes bavaroises. Le conducteur peut compter sur l’électronique pour répartir le couple sur les deux essieux par le biais de la transmission Intelligent-AWD, en mesure d’envoyer 100 % des Newton-mètres sur l’avant ou bien vers l’arrière. Le typage confort profite aux occupants, bien installés dans les excellents sièges. Rien de tel pour enquiller les kilomètres. Même si, par moments, le TDCi demeure relativement bruyant, le silence règne dans l’habitacle grâce au convaincant système de réduction active des bruits. Enfin, la version Sport reçoit la direction adaptative que je n’ai pas pu essayer, mais qui semble avoir beaucoup plu à mes collègues journalistes… 

Biturbo de 210 chevaux
C’est ce que cette évolution du 2 litres reçoit à la place d’un simple turbocompresseur. Cela permet de faire progresser la puissance, mais, surtout, le couple. Plus encore que les 450 Nm, c’est leur disponibilité qui est la plus appréciable. En parallèle, la boîte Powershift à double embrayage (avec mode automatique) est comprise dans les 3 500 € réclamés par Ford. Le constructeur prévoit de vendre 50 % de 210 chevaux, bien qu’il ne soit disponible qu’à partir de la finition Titanium. Bonne nouvelle, il n’y a aucun impact sur les rejets de CO2 (149 g/km). 

Conclusion
Le Ford Edge complète intelligemment et avec sérieux la gamme existante et ce sont les constructeurs asiatiques qui risquent le plus de souffrir de sa concurrence… 

 

BIEN VU
Présentation intérieure
Très confortable
Tenue de route
Silence à bord

À REVOIR
Moteur creux sous 2 000 tr/min
Version 7 places absente pour l’Europe

Note : 15/20

À partir de 42 000 €

Crédit photos : Julien Fautrat pour la Revue Automobile

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Maxime Joly

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Rouanito Gomech
2016-05-17 13:42:11  

A partir de 42000€ ?! Aux US les prix vont de 25 000€  à 38 000 € ! Ca fait cher la conversion au gazoute :(

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