Mitsubishi

Essai Mitsubishi Eclipse Cross

Apr?®s son rachat par Nissan, Mitsubishi revoit sa strat?©gie et donc sa gamme. Il lance d?©sormais l‚ÄôEclipse Cross, un SUV qui ose s‚Äôattaquer au tr?®s concurrentiel segment des SUV compacts avec des choix techniques risqu?©s.

+ de photos Mitsubishi Eclipse Cross 1.5 CVT

Traduction du XR-PHEV II Concept :

Fruit de l’esprit créatif de Tsunehiro Kunimoto, à l’origine également du Nissan Juke, le Mitsubishi Eclipse Cross est l’une des propositions les plus audacieuses dans un segment qui, me semble-t-il, s’assagit. Son coup de crayon est relativement bien exécuté, notamment à l’avant avec l’expressive et brillante calandre Dynamic Shield. La poupe est sans doute plus clivante avec la lunette en deux parties. Le SUV est au final assez proche de certaines familiales de loisirs dédiées au marché américain, avec une grosse calandre chromée et une partie arrière originale dans la veine, pardonnez ma comparaison, du Pontiac Aztek.

L’influence US se retrouve aussi dans le coffre, avec une énorme enceinte. Elle ne grève toutefois pas le volume de chargement qui cube 341 litres. Sur ce point, l’Eclipse Cross fait moins bien que l’ASX, et ce malgré une longueur accrue de 5 cm. Il met en avant toutefois une modularité appréciable, avec une banquette coulissante sur 20 cm et des dossiers inclinables sur deux positions. Reprenant la plateforme GS déjà connue sur le Mitsubishi ASX, le SUV avoue exactement le même empattement de 2,67 mètres. Ajoutons que l’Eclipse Cross ne remplacera pas l’ASX, contrairement au message lancé par le constructeur lors de la présentation du XR-PHEV II Concept.

Essai du nouveau Mitsubishi Eclipse Cross

Un niveau de finition inédit pour Mitsubishi :

L’habitacle est suffisamment spacieux pour répondre à sa vocation et les passagers y trouveront leurs aises à l’avant comme à l’arrière. Le Mitsubishi Eclipse Cross effectue une sérieuse montée en gamme au chapitre finition. Il embarque quelques plastiques durs aux endroits les moins visibles, mais les attentions apportées méritent d’être relevées. Le dessin général de la planche de bord ne cache pas ses inspirations : l’écran central semble provenir de BMW, alors que le pavé tactile et les arrêtes saillantes sont proches de ce que fait Lexus.

On trouve rapidement ses marques à bord, malgré quelques rares commandes inhabituellement disposées. Le système d’infodivertissement est projeté sur un écran central tactile. Le dispositif se passe étonnamment de système GPS : Mitsubishi se justifie par la présence d’Apple CarPlay et Android Auto, qui offrent une navigation efficace via le smartphone. Le choix du fabricant est tout à fait singulier dans un segment où la dotation technologique est l’un des principaux critères.

Interieur du Mitsubishi Eclipse Cross

Un chapitre dynamique dans la moyenne :

Le Mitsubishi Eclipse Cross sera d’abord lancé avec le 1,5 litre essence. Une mécanique que nous avons eu l’occasion de mener lors de cet essai en avant-première, associée à la transmission intégrale et à la boîte CVT. Le variateur continu conserve ses qualités et ses défauts, que nous avons relevés à de nombreuses reprises. Cependant, la boîte se montre plus volontaire que sous le capot de certaines concurrentes : disposant de 163 ch à 5 500 tr/min et d’une bonne réserve de couple avec 250 Nm de 1 800 à 4 500 tr/min, la boîte n’a pas de mal à lancer la voiture. En cas de forte sollicitation, l’unité automatique entraînera le moulinage typique du moteur, dans une agonie toutefois bien muselée. Les belles et sportives palettes permettent d’enclencher le mode manuel et de verrouiller l’un des huit rapports fictifs pour pousser l’Eclipse Cross, quand l’envie se fait présente. Le moteur est alors un peu plus disponible, sans pour autant satisfaire les conducteurs dynamiques.

Le SUV est plus à l’aise en ville, avec un bon silence de fonctionnement et une boîte agréable sur un filet de gaz. Le rayon de braquage, excellent pour ce gabarit, devrait satisfaire les citadins, au contraire de la suspension particulièrement cassante à basse vitesse. Le tableau s’améliore toutefois sur le réseau secondaire avec une direction directe, quoique trop légère, et un roulis demeurant présent, mais maîtrisé. Nous aurons l’occasion d’étudier ces deux paramètres lors d’un essai plus complet prévu à la fin de l’année.

Cette prise en main nous a aussi permis de mettre les quatre roues dans la terre. La transmission intégrale est gérée électroniquement par le Super All Wheel Control, qui offre trois modes différents (Auto, gravier et neige). Avec une répartition avant/arrière de 80/20 en situation normale, la transmission peut transférer le couple à l’arrière jusqu'à 45 %. En mode Auto, aucune hésitation de la transmission n’a été relevée lors de notre menue escapade. Ce qui laisse tout à penser que Mitsubishi devrait conserver son image de spécialiste du 4x4 avec l’Eclipse Cross. Les habitués pourraient toutefois être déroutés par la direction peu informative et les réglages de la suspension.

Photo de la nouvelle Mitsubishi Eclipse Cross, pris lors de notre essai

Une version manuelle plus convaincante :
Mitsubishi a apporté lors de ce premier essai une version à boîte manuelle et à deux roues motrices. Cette configuration mécanique devrait rencontrer plus de succès auprès de la clientèle visée par le constructeur japonais. Elle semble aussi correspondre au premier niveau de finition, avec des roues de 16 pouces (contre 18 pouces), une robe moins brillante, un système d’infodivertissement diffèrent et des sièges en tissus.

Le niveau de confort est nettement rehaussé avec cette configuration : les sièges sont bien plus moelleux, et les jantes plus petites ; en outre, les flancs généreux des pneus accompagnent l’amortissement. La boîte mécanique dispose de rapports longs, mais elle ne gomme pas la puissance comme l’unité CVT. Le moteur répond présent à chaque sollicitation, ce qui permet de profiter d'un des moteurs les plus puissants de la catégorie. Les débattements de la commande sont à peine longs, mais la consistance est agréable. Ce choix semble le plus indiqué, mais il ne serait pas disponible avec la transmission intégrale. Aussi, il est probable que les plus hauts niveaux de finition imposent la boîte CVT. Les configurations seront confirmées à l'aube de sa commercialisation.

 

Dernier vrai Mitsubishi, ou premier du renouveau ?
Si la réponse à cette question existentielle n’est pas tout à fait évidente selon l’angle choisi, il n'en demeur pas moins que les espérances sont grandes pour le Mitsubishi Eclipse Cross, qui assure la transition dans le giron de l’Alliance. Petit dernier dans le segment saturé, il joue la carte de la sécurité avec une base technique déjà connue et éprouvée. C’est un pari risqué, mais le SUV a les arguments nécessaires pour s’attaquer à ce segment : son style singulier, son habitabilité généreuse et l’équipement fourni en série devraient jouer en sa faveur. De plus, il se montre aussi à l’aise en ville que sur les chemins poussiéreux. Le rapport route/tout-terrain pourrait bien être l’un des meilleurs de la catégorie.

La configuration mécanique de notre modèle d’essai représenterait un volume marginal. En cause, des rejets de CO2 : avec 159 g/km, la facture grimpe de 2 610 euros en 2017, et sans doute un plus en 2018, date de sortie du SUV. C’est le 2,2 litres diesel qui rencontrera le plus de succès. Similaire à l’ASX, ce bloc sans bougies avoue un couple plus important, avec 400 Nm et 150 ch. Il sera exclusivement associé à la transmission intégrale et à la nouvelle boîte automatique à huit rapports, mais déjà présente dans la gamme BMW ou Peugeot. Il aura aussi la particularité d’embarquer les Uphill Control, Downhill Control et le Rapid kick-down Control, pour améliorer un peu plus ses capacités sur tous les terrains.

S’il ne se démarque pas de ses frères pour le moment, le SUV pourrait mieux respirer à l’avenir avec un ASX plus petit et un Outlander plus gros. Les prix n’ont toujours pas été communiqués, mais d’après nos estimations, le Mitsubishi Eclipse Cross devrait débuter aux alentours des 25 000 euros en finition Invite équipée du 1,5 litre BVM 2WD. Le haut du panier (2,2 litres DI-D BVA 4WD Instyle) pourrait graviter autour des 37 000 euros.

Note : 3/5

Bien vu :
- Audace stylistique
- Habitabilité
- Qualité perçue
- Homogénéité route/tout-terrain

À revoir :
- Absence de GPS intégré
- Agencement de la gamme
- Boîte CVT peu convaincante
- Malus des versions essence

Soufyane Benhammouda

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