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Essai Renault Clio II RS Trophy : sous amph?

Au milieu des ann?©es¬†2000, le march?© anglais consommait pr?®s de 50¬†% des sportives Renault. Pour les remercier, la marque au losange a lanc?© la Clio RS Trophy, limit?©e ?† 500 exemplaires en Angleterre et 50 unit?©s en Suisse. Gr?¢ce ?† la soci?©t?©¬†SC42, nous avons eu le loisir de go?ªter ?† cette bombinette exceptionnelle.

+ de photos Renault Clio 2 RS Trophy

Pour exprimer sa gratitude aux fidèles Anglais passionnés de GTI en provenance de France et plus particulièrement du catalogue Renault Sport, la marque au Losange sort une nouvelle série spéciale basée sur sa bombinette du moment. Pour proposer quelque chose d’encore plus inoubliable que la Clio Williams, la Clio 2 RS Ragnotti ou même la Clio V6, Renault Sport se lance le défi d’améliorer sa sportive sans toucher au moteur. Le résultat : la Clio RS 182 Trophy.

Une philosophie empruntée à la compétition :

Et afin de ravir les 500 Anglais et les 50 Suisses, le département sport de Renault a gratté quelques kilos en trop, posé quelques gimmicks stylistiques spécifiques et a fait évoluer le châssis de la Clio de manière très sérieuse : sous les deux ailes en plastique à l’avant, les ingénieurs ont raccourci les ressorts, rigidifié les jambes de force et intégré des amortisseurs Sachs Race Engineering hérités de la compétition. Avec leur réservoir déporté qui contient 50 % de l’huile et du gaz qui les remplissent, les pompes sont 30 % plus raides et dix fois plus chères que les amortisseurs conventionnels.

Abaissée de 10 mm, la Renault Clio RS Trophy repose sur des jantes Speedline Turini de 16 pouces qui permettent de gagner 1,3 kg à chacun des quatre coins. Le constructeur a également concédé quelques sacrifices pour économiser du poids. Ce n’est pas aussi poussé que sur une Clio RS Ragnotti, mais la Clio RS Trophy se passe de plusieurs éléments de confort, comme les capteurs de pluie, les phares au xénon, les lave-phares ou encore le pare-brise réfléchissant, et voit le remplacement du système audio Cabasse Tronic par un lecteur moins lourd. Au contraire de la Ragnotti, elle conserve l’essuie-glace arrière. Il reste au final 1 090 kg, ce qui en fait la plus légère des Clio RS 182.

Un comportement très sportif :

Sur les premiers tours de roue, la Renault Clio RS Trophy ne diffère pas des autres 182 habituelles. Je note cependant un amortissement bien plus ferme, mais pas cassant et dès le premier franchissement de rond-point, j’imagine un train avant très précis. Le confort n’est donc pas caricaturalement dégradé en utilisation urbaine. Dans le sinueux, avec un peu plus de pression sur l’accélérateur, la Trophy est une merveille. Sur chaussée lisse, la citadine se comporte comme une voiture de piste, avec un train avant ultra précis. La moindre injonction d’angle au volant la fait pivoter comme sur des rails, avec un arrière à peine mobile.

Avec un peu plus de rythme, la Clio reste toujours ventousée au sol et se place sur la trajectoire avec facilité. Elle se cale sur ses appuis et envoie la roue arrière intérieure en l’air, une habitude sur les Renault Sport. À la remise des gaz, la direction bourrée de remontées de couple me réclame toutefois de la poigne pour repositionner les roues droites. Elle conserve aussi l’âme de ses devancières avec un comportement dynamique très sportif. En profitant de la direction très franche et sans forcément solliciter les freins, la voiture remue l’arrière. Le phénomène est amplifié sur les plus grosses phases de freinage et le train arrière se montre très joueur. Il est cependant très vif lorsque l’ESP est déconnecté (seulement possible sur les Trophy).

Un pétard vif et nerveux :

Sur une surface bosselée, la Clio RS Trophy est toutefois très nerveuse. En fait, je commençais à être habitué à ces nouvelles GTI, très efficaces au demeurant, mais bourrées de compromis. La Trophy exige même beaucoup de concentration sur route défoncée : pour filer droit, il est nécessaire d’avoir le volant parfaitement droit, au millimètre près, ou les roues chahuteront de droite à gauche après chaque bosse. Elle est aussi nerveuse qu’un pitbull dopé à qui on aurait scellé les pattes arrière au sol tout en lui faisant osciller sous le museau un bifteck saignant. L’avant trépide, l’arrière pivote, et dans les baquets Recaro posés 10 mm plus bas, avec une position de conduite de monospace, je lance des séries de rire nerveux. Ce train avant est une pure merveille. Une monte de pneumatique plus adaptée que les Uniroyal Rainsport 3, qui manque de grip à la limite, pourrait rehausser le niveau de performance.

Le moteur est lui aussi une de ces perles du passé. Le 4 cylindres 2,0 litres conserve les mêmes attributs que sur les autres RS3, à savoir 185 ch à 6  500 tr/min pour 200 Nm de couple à 5  250 tr/min. Cela paraît fort peu doté de nos jours, mais avec le poids plume de la Clio, le F4R ne manque pas de souffle (0-100 km/h en 7,1 secondes). Plutôt creux à bas régime, le moteur prend vie dès 4  000 tr/min, là où les courbes se croisent. Et vers les 5  000 tr/min, il est le digne représentant des mécaniques à deux visages, lorsque le calage des soupapes change pour ensuite aller chercher rapidement les 7  000 tr/min. Un véritable coup de pied au derrière, le tout orchestré par une boîte courte, mais, hélas, à la commande inconsistante. Côté freinage, je ne trouve aucun reproche à faire à la puissance ni à l’endurance des quatre petites galettes, bien aidées par un poids contenu.

La plus pure des GTI :

Pour faire simple, il y a bien longtemps que je n’ai pas mené un engin aussi sportif et efficace sur route. Je suis sorti de beaucoup de voitures avec la banane, mais je n’avais jamais tiré la couverture avant de dormir en lançant un dernier juron en pensant à elle. La Renault Clio RS Trophy est l’une des dernières des plus pures GTI. Un missile de poche sans doute capable de se frotter à des machines bien plus grosses.

La définition de la supercar est encore floue et soumise au débat. Mais dans sa conception inspirée par la compétition et ses capacités, la Renault Clio RS Trophy pourrait en être une. Dommage que cette "supercar" ressemble finalement à une Clio de service d’une caserne de pompier, avec sa teinte rouge Capsidium spécifique et son habitacle franchement triste. Même la Renault Clio 3 RS n‘a pas réussi à faire oublier cette déclinaison ultime et limitée et il aura fallu attendre la Renault Megane RS Trophy-R pour profiter de sensations similaires et de cette philosophie.

Proposée à près de 23  000 euros lors de sa sortie en 2005, la Renault Clio RS Trophy se négocie aujourd’hui autour des 7  000 livres et un peu plus pour les plus rares versions suisses, qui peuvent atteindre près de 15  000 euros. Un rapport prix/performance toujours exceptionnel plus de dix ans après.

Note : 18/20

Bien vu :
- Efficacité et précision du châssis
- Moteur pétillant
- Cote encore raisonnable (pas pour longtemps)

À revoir :
- Prix des amortisseurs Sach (près de 1  500 euros pièce)
- Position de conduite surélevée
- Look intérieur banal

Crédit photo : Soufyane Benhammouda/La Revue Automobile

Soufyane Benhammouda

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TeamCupra
2016-07-12 18:16:12  

Je trouve que cette version Clio Rs Trophy a bien plus de charme que les suivantes, notamment la derniere. Elle me parait plus agréable à conduire, on doit vachement prendre du plaisir à conduire ça sur route de montagne. Article très intéressant en tout cas !

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