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Natacha Toutain : voitures vintage et peinture

La Revue Automobile a rencontr?© l\'artiste peintre Natacha Toutain sur le dernier salon R?©tro mobile de Paris. Ses ?ìuvres, celles avec Steve Mac Queen et sa "Lola" entre autres, sont int?©ressantes ?† plus d\'un titre. Nous avons d?©cid?© de vous les faire d?©couvrir, au travers d\'une interview de l\'artiste, qui a bien voulu se plier au jeu des questions-r?©ponses.

+ de photos LifeStyle Natacha Toutain

Natacha Toutain nous avait donné rendez-vous au Mandarin Oriental, hôtel de luxe de la capitale situé au 251 rue du Faubourg Saint-Honoré. Arrivé un peu en avance je demande au réceptionniste de l’hôtel si mon rendez-vous est arrivé : « Madame Toutain, la peintre ? Je connais l’artiste mais je ne l’ai pas vu passer pour le moment ». Une notoriété établie pour celle qui, avant de vouloir briller, a simplement voulu perpétrer la passion que son père, dessinateur, avait pour l’Art graphique et les stars de cinéma.

Natacha arrive, ses lunettes de soleil dissimulent un regard bleu perçant magnifique. Grande, élancée et toujours élégante, sa silhouette renvoie une harmonie évidente qui rappelle celle de ses toiles. Nous l’avions rencontrée pour la première fois à l’occasion du dernier salon Rétro mobile de Paris, où l’artiste exposait ses toiles ; une collection faite de stars du cinéma telles que Sharon Stone, Monica Bellucci, Brigitte Bardot, Clint Eastwood, Steve Mac Queen, Alain Delon et bien d’autres encore. 

Quelques toiles en particulier avaient attiré notre attention ; une peinture de Steve Mac Queen avec sa « Lola », et d’autres encore du même acteur, en combinaison de pilote et aux côtés de bolides. Une gamme à l’esprit très vintage qui nous a beaucoup plu, et qui correspond à l’esprit de La Revue Automobile. Nous avons voulu vous faire partager l’œuvre de cette artiste très douée, passionnée elle-même de belle mécanique et de vitesse. 

La Revue Automobile (LRA)
Bonjour Natacha Toutain, A quel moment avez-vous débuté la peinture ?

Natacha Toutain (NT)
Très tôt, dès l’âge de 4 ans j’ai commencé à faire de la sculpture, des dessins également. J’aimais dessiner des chevaux. La peinture, c’est arrivé un peu plus tard, vers l’âge de 15 ans. Papa était dessinateur, il travaillait à la mine de plomb et ne peignait pas à l’huile. Passionné par les acteurs, les artistes et le cinéma, il a peint entre autres Maria Callas. Décédé il y a 15 ans, mon père m’avait transmis le virus de la peinture, du cinéma et des artistes. J’ai voulu prolonger son œuvre, en peignant des acteurs, actrices de cinéma, des artistes et personnalités qui ont marqué une spécialité de leur empreinte, ça a été le cas pour Ayrton Senna. J’ai longtemps réalisé des dessins pour les enfants, chez Disney notamment, puis j’ai eu envie de changer.

LRA
D’où vient votre envie de peindre ?

NT
De mon père, je lui dois tout, l’amour du cinéma et des acteurs, comme je dois à ma mère cet esprit de liberté qui m’a toujours accompagné, elle était chanteuse au sein du Chœur de Notre-Dame. Elle n’a jamais réfréné mes choix et mes envies, et m’a laissé me diriger librement vers une carrière artistique. Peu d’enfants ont cette chance.

LRA
Pourquoi les stars de cinéma en particulier ?

NT
Parce qu’un acteur ou une actrice véhicule beaucoup plus de choses qu’on ne le pense, cela va beaucoup plus loin qu’un simple rôle dans un film. Je viens de terminer une peinture sur plexiglass de l’actrice chinoise Gong Li. A la projection de son film « La cité interdite » j’ai été émerveillée par l’esthétisme, et la beauté des images qui représentent un ensemble visuel qu’on ne peut pas oublier. Le cinéma fait rêver, il transporte la terre entière et c’est cela qui m’intéresse en lui. Les acteurs donnent du rêve et c’est pour cela que je les aime. Je les peints pour ce qu’il représente, et pour ce qu’ils déclenchent chez les gens. Ils sont touchants, possèdent  une grâce et ont parfois ce côté magnifique de l’être humain.

LRA
Dans chacun de vos tableaux, une particularité récurrente apparaît ; une pièce de photo intégrée à la peinture. Est-ce la « patte » Toutain ? Pourquoi ce mélange d’image et de peinture ? 

NT
C’est vrai, la photo en elle-même représente 10% de l’œuvre, le reste n’est que peinture. Bien souvent, ce timbre photographique est un œil. De même, vous remarquerez en observant mes peintures qu’elles ont toutes une partie inachevée, un bord de chapeau non peint, un morceau qui manque, c’est le cas de la peinture d’Alain Delon ou celle de Gabin/Delon/Ventura, où les mains ne sont pas totalement terminées. Cette idée est partie du photographe Peter Beard, il avait exposé ses œuvres au Buddha Bar, et je m’en suis inspiré en faisant l’inverse de ce que lui faisait déjà. Peter Beard partait d’une photographie, qu’il peignait, moi je pars d’une peinture dans laquelle je glisse un cliché photographique. C’est un peu ma signature c’est vrai.

LRA
Steve Mac Queen et ses voitures reviennent souvent dans vos toiles. Vous aimez les sports mécaniques ?

NT
Oui, adolescente j’allais souvent au Bol d’Or. Je n’ai jamais piloté sur circuit, mais je suis passionnée par les belles voitures, qu’elles soient anciennes ou contemporaines. Ce qui me plaît avant tout, c’est l’esthétique. Je suis admirative des pilotes aussi, si j’avais été un homme j’aurais aimé devenir pilote de voitures de course. J’aime la vitesse, et la puissance combinée à la beauté me plaisent beaucoup. Je n’ai pas particulièrement envie de posséder un bolide, mais j’aime les regarder, et monter dedans. D’ailleurs quand un ami passe me chercher en Aston Martin, j’ai toujours plaisir à m’installer à l’intérieur (rires).  La moto en revanche me fait un peu peur.

LRA
Vous possédez une voiture, ou un deux roues ?

NT

Oui, je roule en C1, je trouve la voiture mignonne et très pratique de par son format, surtout dans Paris.

LRA
Qui achète vos toiles Natacha ?

NT
Ce sont surtout des hommes, d’affaires en général. Parfois des couples. Les hommes d’affaires sont de plus en plus attirés par le sport automobile et en cela, mes toiles les intéressent. Il m’arrive de recevoir des commandes spécifiques, j’ai travaillé pour le Roi du Maroc, le Roi et la Reine de Jordanie, la famille royale de Monaco et l’Emir du Qatar également. Je travaille à partir de photos pour réaliser l’ensemble de mes peintures. 

LRA
Vous est-il arrivé de travailler pour un constructeur automobile ?

NT
Non, pas encore. En revanche, j’ai réalisé des coques pour les iPhone, à partir de mes toiles. Je les vends par l’intermédiaire de mon site.

LRA
Natacha, quelle est votre actualité ?

NT
Je viens de terminer un plexiglass rouge de la célèbre actrice chinois Long Li. Je viens également de publier un livre « L’univers artistique de Natacha Toutain » sur la couverture duquel j’apparais avec Alain Delon. Alain m’a beaucoup émue, et m’a aidée également, à me faire connaître, en organisant par exemple une exposition au Fouquet’s.

Je vais débuter une nouvelle peinture de Steve Mac Queen dont je suis une grande fan. Je recherche d’ailleurs des matériaux innovants comme support de cette peinture, carrosserie de voitures sportives et luxueuses, plexiglass, capot de Porsche, morceaux d’avions d’ailleurs si un de vos lecteurs évolue dans ce secteur cela peut m’intéresser (rires). Je veux sortir de la toile avec ce projet.

Je serai exposée à Dubaï en 2015, dans le cadre d’une exposition sur les chevaux qui est parrainée par l’Emir de Dubaï.

LRA
Où peut-on voir vos toiles ?

NT
Pour ceux qui seraient intéressés par mes toiles. Ils peuvent m’envoyer un mail, nous prenons contact, et fixons un rendez-vous à ma galerie située sur Paris. Elle n’est pas ouverte au public, mais une visite se fait simplement et rapidement pour ceux qui sont intéressés. 

LRA
Vous avez été sélectionnée par Art Price et Le Figaro en 2008 parmi les 1000 artistes de l’année, aux côtés d’Andy Warhol, belle récompense non ? La rançon de la gloire ?

NT
Oui tout à fait, d’autant que je ne le savais pas et je l’ai appris par hasard. J’ai appelé ma mère tout de suite pour lui dire et partager ma joie avec elle, qui m’avait toujours laissé la liberté de persévérer dans cette voie artistique. C’est une reconnaissance du milieu qui fait toujours plaisir.

LRA
Quel effet cela fait-il quand on a une de ses toiles appréciée et signée par Clint Eastwood ?

NT
C’est très émouvant. Clint Eastwood était l’idole de mon père, et cette toile je là garderai toujours. C’était après la remise de la palme d’or à Clint Eastwood. J’avais organisé une exposition de mes peintures au Fouquet’s, Monsieur Eastwood s’y est rendu et a regardé mes toiles puis, il en a signé une. Un moment incroyable. 

LRA
Tout le monde n’a pas forcément accès à la peinture, existe-t-il un livre qui reprend l’ensemble de votre œuvre ?

NT
En effet, c’est la raison pour laquelle j’ai édité plusieurs livres. Le premier, axé sur Steve Mac Queen, le second qui parle plus de mes rencontres avec Alain Delon, Claudia Cardinale, Sharon Stone, Clint Eastwood, Alain Bernardin (Crazy Horse), Hervé Lewis (photographe et coach de Johnny Halliday), Claude Lelouch et d’autres encore. Puis un 3e opus qui est en préparation.

Vous pouvez retrouver les oeuvres de Natacha Toutain en vous rendant sur son site www.natachatoutain.com.

 

 

 

Philippe Pillon

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