Audi

Essai Audi A4 B9 TDI 190 Ultra et V6 TDI 272

Sous ses aspects conservateurs, la nouvelle Audi A4 ?©volue sur de nombreux points. Plus l?©g?®re, cette g?©n?©ration B9 se veut ax?©e sur l‚Äôefficience et le plaisir de conduite. Nous sommes all?©s le v?©rifier dans les lacets qui environnent la superbe ville de Venise‚Ķ

+ de photos Audi A4 2.0 TDI Ultra

De prime abord, Venise ne semble pas être la destination la plus adaptée pour un essai automobile, à moins de faire dans l’amphibie. Ce serait oublier un peu vite les montagnes qui entourent la ville, et les abondants virages qu’il faut emprunter pour suivre les traces de Daniel Craig dans Quantum of Solace. James Bond, tiens-toi bien, j’arrive ! 

Audi A4 B9 front

Digne d’une A6
Plus on avance dans le temps et plus l’A4 empiète sur les plates-bandes de l’A6. La B9 en est la confirmation, en raison de ses mensurations généreuses (+25 mm en longueur et +16 mm en largeur), mais aussi de son dessin, notamment sur toute la partie arrière. C’est l’avant qui se modernise le plus, tout en gardant, bien sûr, la signature visuelle d’Audi basée autour de la calandre Singleframe. Les feux Xénon Plus sont fournis en série tandis que ceux à LED et les Matrix anti-éblouissement sont vendus en option. 

Les niveaux de finition se divisent en deux familles : Design et Sport. À ceci près que ni le S-Line ni le Design Luxe ne sont disponibles sur l’A4 Ultra. Il en résulte que le Virtual Cockpit, lancé sur le TT 3, impose un surcoût financier de 300 € aux 37 450 de départ. Le catalogue est bâti autour de trois niveaux de finition et près de 10 pages du dossier presse sont réservées à la liste des options… Un arsenal technologique qui contient plus de 30 équipements dont plusieurs sont inédits dans la catégorie et tout droit hérités du nouveau Q7. Si vous ne savez plus comment occuper vos enfants durant les longs trajets, deux tablettes portatives peuvent être installées, la recharge du smartphone se fait par induction et la voiture peut servir de spot WiFi. 

L’agrandissement extérieur profite fort heureusement à l’intérieur. La garde au toit et l’espace aux jambes sont les principaux gagnants de l’opération « extension » menée par le constructeur aux anneaux. Plusieurs styles d’intérieur sont proposés, allant du classique et austère noir jusqu’à des teintes claires nettement plus sympathiques. Si on y met le prix, on a vraiment l’impression d’être dans la gamme supérieure. 

Surprenant 2 litres TDI 190
Mon essai de la Ford Focus ST TDCI m’a permis de mesurer les progrès réalisés par le diesel. Sur la nouvelle A4 TDI 190, le curseur est encore reculé d’un cran. Il faudrait vraiment faire preuve d’une extrême mauvaise foi pour ne pas tomber sous le charme de ce moteur aux aptitudes rarement vues sur ce carburant. Reprenant très tôt, il a ce petit coup de pied à l’ancienne, et donne toute sa pleine mesure jusqu’à 5 000 tr/min, une valeur pour le moins inhabituelle. D’autant que, dans le même temps, les blocs essence récents ont la fâcheuse tendance à perdre en caractère, les uns après les autres. Difficile de trouver un reproche à formuler car même sa sonorité arrive à masquer ses origines roturières. Peut-être y aurait-il sa consommation en conduite musclée, mais ce serait injuste de lui en tenir rigueur, car cela reviendrait à le rendre coupable d’avoir du caractère. En conduite dynamique, mais coulée, on reste sous la barre des 6 litres aux 100 km. Pas mal pour un 0 à 100 km/h effectué en 7,7 secondes, n’est-ce pas ? 

Nous avions opté pour la boîte manuelle à six rapports. Bien guidée, nous n’avons pas été déçus par notre choix. Si vous préférez les motorisations essence, Soufyane a essayé le TFSI 252.

Audi A4 B9 TDI

Aptitudes sportives
De même que nous avions le bon vieux levier de vitesse fonctionnant à l’huile de coude, nous sommes restés fidèles à une transmission aux seules roues avant. Il faut dire qu’ainsi équipée, l’A4 se déleste des 145 kg d’une Quattro S-Tronic. C’est plus que les 110 kg économisés par rapport à la précédente génération B8 ! Pour se rendre compte de la prouesse réalisée par Audi sur la plateforme MLB Evo, lancée pour l’occasion, il faut savoir que notre A4 TDI Ultra 190 ne pèse que 1 430 kg. C’est tout simplement le poids de l’actuelle S3 Sportback… 

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, cette cure d’amincissement s’accompagne de trains roulants en net progrès. Rivée au sol et bien suspendue avec l’option de l’amortissement adaptatif, la prise de roulis est acceptable sur le châssis Sport. Le confort est préservé même si, on ne sait pour quelle raison, le groupe Volkswagen s’entête à fournir des sièges à l’assise ferme… On s’y fait, à défaut de le comprendre, et on se focalise sur le comportement de l’auto. Il y a bien longtemps que je ne m’étais pas autant amusé au volant d’une Audi, je dois l’admettre. Le train avant encaisse sans sourciller les 400 Nm du couple et, cerise sur le gâteau, en jouant sur les freins, on se retrouve avec une voiture assez joueuse. Les pneus crissent dans les épingles et la direction, parfaite, invite à tourner le volant le plus possible. De ce point de vue, le roadbook était exceptionnel et la vue du viaduc de Fadalto reste un grand moment de la journée. Le paradis sur Terre n’est donc pas un mythe. 

Les freins, bien que suffisamment puissants, ont souffert de la séance de torture qui leur a été imposée. Pour un véhicule qui n’a pas de réelle vocation sportive, ils s’en sortent tout de même avec les honneurs. 

Audi A4 B9 back

V6 TDI de 272 chevaux
Entre le 2L TDI 190 et le 3 L 272 existe une version dégonflée du V6. Elle développe 218 chevaux pour 400 Nm, tout en étant à peine moins sobre en émissions de CO2. Cependant, nous avons préféré essayer la version la plus puissante pour voir ce que pouvait apporter ce genre de motorisation. Très vite, on a un semblant de réponse. À peine le pied sur l’accélérateur, l’Audi prend des airs de muscle car américaine sous l’effet d’une poussée invraisemblable. Quelque peu déroutant, on essaye de s’habituer à cette orgie de couple. En revanche, on remarque très vite un train avant sensiblement alourdi et une perte d’agilité. La fiche technique qui fait état d’un écart de poids de 230 kg entre les deux versions ne ment pas. Un écart sensible, que la différence de chevaux et de newtons-mètres fait plus que compenser, mais qui fait perdre en plaisir. La sonorité agricole du V6 n’aide d’ailleurs pas à faire ami-ami avec ce trois litres. De la presque sportive, on change totalement de catégorie en étant au volant d’une GT destinée à avaler les kilomètres sur autoroute. Mais à moins de traverser fréquemment l’Allemagne, l’intérêt de cette version semble des plus limités…

Conclusion
La mère de Forrest Gump avait raison : « La vie est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » Cette phrase va comme un gant à la nouvelle Audi A4 TDI qui est surprenante sur bien des aspects. Adieu placide berline, bien sous tous rapports… 

BIEN VU
Agrément et performances du 2 litres 190 chevaux
Poids en baisse
Comportement joueur (en traction)
Présentation intérieure
Le plein de technologies

À REVOIR
Extérieur plan-plan
Sièges fermes
Prix des options
TDI 272 sans grand intérêt

Prix : à partir de 37 450 €

Note : 16/20

Crédit photo : Soufyane Benhammouda pour La Revue Automobile

Maxime Joly

Votre avis nous intéresse sur :  Essai Audi A4 B9 TDI 190 Ultra et V6 TDI 272

Ecrivez votre commentaire sur l'article
Envoyer

On parie que vous allez aimer aussi :

La Revue Automobile, c'est plus de 140 000 photos, 13 000 articles mais aussi des milliers de fiches techniques, une cote auto et bien plus encore. Partageons la passion de l'automobile ensemble !
Inscription Newsletter