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Essai Hyundai Kona 1.0 TGDI 120 : souffrir pour être belle

En pleine expansion, le segment B-SUV accueille un nouveau prétendant bien décidé à ne pas faire dans la figuration. Ambitions justifiées ?

+ de photos Hyundai Kona 1.0 T GDI 120

Quelques semaines après le Kia Stonic, les « cousins » de chez Hyundai proposent une alternative aux superstars européennes. Avec, en plus, une légitimité du SUV acquise depuis plusieurs années.

hyundai kona arriere

Pas low cost, mais bien placé
Je n’aime pas trop masculiniser une voiture, mais on n’a parfois pas réellement le choix. Kona sonne mal si j’écris « la » devant, si vous voyez ce que je veux dire. Parenthèse refermée, ce nouveau venu dopera probablement les ventes d’un segment qui croît à l’apparition d’un nouveau protagoniste. Mesurant 4,17 mètres, il est le plus large de la catégorie. L’espace à bord et surtout à l’arrière est digne d’une familiale. Quant au coffre, il peut passer de 361 à 1 143 litres, banquette rabattue. 

Débutant à 21 400 euros en finition Intuitive, qui dispose déjà de la climatisation automatique, d’un système multimédia compatible avec Apple et Android, ou encore de la caméra de recul et des prises USB, l’Edition #1 facturée 1 500 € supplémentaires augmente significativement l’équipement (affichage tête haute, GPS, écran 8 pouces 3D avec GPS, système audio 8 haut-parleurs Krell, recharge par induction et j’en passe). Et si vraiment vous voulez la totale (y compris les grosses jantes de notre modèle d’essai), la finition Executive vous coûtera 25 900 € avec le cuir, les sièges chauffants, le freinage autonome… 

hyundai kona interieur

Design agressif
Vendu dans 95 % des cas en 4x2, le SUV des villes de Hyundai emprunte toutefois les codes stylistiques du segment du franchisseur avec les armures de protection et les imposants passages de roue. Le design est plutôt sympa, à défaut d’être novateur. J’y vois, personnellement, un mélange de Citroën et de Cherokee. Le toit bi-ton et plusieurs couleurs pétillantes sont proposées pour casser la monotonie. 

La présentation intérieure est acceptable tandis que l’ambiance varie selon la couleur extérieure choisie. Hyundai France prévoit que ses ventes égalent celles du Tuscon, le best-seller de la marque en France. Avec 600 commandes enregistrées en une semaine, c’est bien parti pour !

Un moteur à la peine
Mais où se cachent-ils ? Ils, ce sont les chevaux. Bien discrets sous le capot, les 120 chevaux annoncés n’ont pas tous l’air présents. C’est bien dommage, ce 1 litre m’avait fait bonne impression dans la Kia Rio. Et pour une fois, je ne pourrai pas taper sur les rapports de boîte, relativement cohérents grâce à la présence d’une boîte 6. Mais excessivement creux sous 2 000 tr/min, ce trois cylindres n’est pas plus à l’aise dans les régimes intermédiaires. Autre souci, il est porté sur la boisson comme beaucoup de ses collègues optimisés pour un cycle d’homologation… qui disparaîtra en septembre prochain. En ville, difficile de descendre sous la barre des 10 l/100 km. Et sur route, ce n’est guère mieux. Il a au moins le mérite de compenser par une sonorité agréable et le guidage de la boîte est correct.

Le 1.6l turbo de 177 chevaux, associé à la boîte double embrayage DCT7 et imposé en quatre roues motrices est également proposé à 29 900 €, tout équipé. L’année prochaine, un diesel et une version électrique arriveront.

hyundai kona ville

En ville ou sur route ?
Il a fallu s’extraire du centre-ville de Marseille et ça n’a pas été une mince affaire. Plus bondée que le virage Nord du Vélodrome, l’antre de l’OM n’est pas la destination idéale pour un essai routier. À moins d’avoir la possibilité de s’évader et de profiter de certains tracés mythiques telle que la route des crêtes.

La première embûche fut de trouver une position de conduite agréable. En fait, c’est assez simple. Il ne faut surtout pas vouloir régler le siège au plus bas. Personnellement, je n’aime pas conduire sur un tabouret, mais cela semble être devenu la mode. Tant pis pour moi. Et pour mon dos qui a souffert du trajet urbain. Dos d’âne et divers nids de poule m’ont fait la vie dure. Dans un coin de ma tête, je n’osais même pas espérer que le Kona se rattraperait sur petites routes avant que Soufyane, mon compagnon du jour, ne m’apprenne que c’était déjà comme ça sur le Stonic et que ce dernier s’en tirait bien dans les enchaînements de virages. Il ne m’avait pas menti ! Rarement un SUV (ou un crossover, ce que vous voulez) m’aura fait aussi bonne impression. C’est plus sportif qu’un Juke Nismo RS. En même temps, ce n’est pas difficile… Bien suspendu, doté d’un train avant pas excessivement sous-vireur, il faut simplement s’accommoder du moteur qui aurait besoin d’une seconde assistance artificielle. Même les freins ont tenu le coup !

Après tout, la Fiat 500 a réussi à être un succès tout en étant inconfortable et avec un comportement routier indigne d’une voiture récente. C’est que finalement, le manque de confort n’est pas toujours un motif de refus d’achat, n’est-ce pas, Mesdames ?

Un SUV urbain plus à l’aise sur route…
Telle est la contradiction de cette Hyundai aux qualités certaines. Son design devrait lui assurer une belle carrière sur notre marché friand de ce genre d’engin.

BIEN VU
Design
Rapport prix/équipements
Excellent comportement routier 
Espace à bord (y compris à l’arrière)

À REVOIR
Manque de confort
Moteur : performances et consommation
Position de conduite

Note : 14/20
Tarifs : à partir de 21 400 €
Crédit photos : Hyundai France

Maxime Joly

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