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Essai Lecart Electric Race : circuit électrique

Les circuits automobiles sont de plus en plus mis à l’index par la population environnante – souvent installée là après le circuit et en connaissance de cause d’ailleurs – pour cause de nuisance sonore en général. C’est dans ce contexte que germe l’idée chez Fabien Lecart de proposer une voiture électrique dédiée à la piste et répondant aux normes FIA.

C’est sur le circuit des Écuyers, dans l’Aine, que les porteurs du projet m’ont convié à essayer leur prototype. Bien qu’ils croient fermement en leur machine, ils me font comprendre qu’ils en appellent à mon indulgence. Pour cause, l’étude n’a même pas quatre mois et est loin d’être finalisée, tant en termes de poids que de design.

Ce dernier n’est d’ailleurs pas très heureux, peu large et assez haut. L’arrière pour sa part m’évoque un origami géant. Bien entendu, il y a surtout un travail fait sur l’aérodynamisme, mais je pense qu’il va falloir proposer une carrosserie un peu plus sexy pour convaincre. L’ensemble est posé sur des roues minuscules qui n’arrangent pas les proportions esthétiques.

Il faut dire que la Lecart embarque une motorisation électrique de faible puissance, développant un total de 32 kW (environ 45 ch). Le couple pour sa part est nettement plus correct avec une valeur nominale de 102 Nm. Si la puissance est contenue, le poids l’est aussi. Actuellement de l’ordre de 630 kg, il devrait baisser de pas moins de 70 kg sur le modèle final.

Une voiture, plusieurs usages.

La Lecart répond aux normes de la FIA, mais n’est pas forcément destinée qu’à la course et la compétition. Elle pourra le faire, mais elle sera également utilisée pour apprendre la conduite d’une voiture électrique de manière ludique. Ses concepteurs imaginent déjà un instructeur réalisant un parcours en un temps et une consommation donnés et des élèves essayant de s’en approcher au plus près, voire de faire mieux. Elle peut aussi permettre d’enseigner le pilotage en douceur à des novices ou des jeunes, par exemple.

Sur la piste.

Armé de toute mon indulgence, j’ai donc pris le volant de la Lecart Electric Race. L’intérieur donne dans l’ambiance course : totalement dépouillé avec tôles et arceaux apparents. Je prends place dans le siège baquet, enfile et ajuste mon harnais 4 points et prends en main le minuscule volant de forme oblongue. Moteur démarré, enfin paraît-il, j’appuie sur l’accélérateur, légèrement pour éviter que le couple immédiat ne m’emporte d’un seul coup. Il ne se passe finalement pas grand-chose, et j’appuie encore plus, la pédale étant très (trop ?) progressive. L’accélération est bien loin d’être fulgurante, mais elle est continue. Dès le premier virage, je commets l’erreur, la seule à ne pas faire, je freine. Je freine même beaucoup trop. Et là, j’ai beau mettre pied au plancher, il ne se passe pas grand-chose pendant un temps qui me paraît une éternité. Promis, je ne recommencerai pas. Je comprends, a fortiori avec nos vitesses peu élevées, qu’un lever de pied est bien souvent suffisant, le moteur électrique faisant le reste. Pour sa part, la direction est hyper ferme et pas assez franche au vu de la forme du volant.

Qu’en penser ?

De prime abord, je ne suis pas vraiment convaincu, mais j’ai noté des choses encourageantes. L’idée est jeune et le développement loin d’être terminé, la baisse de poids sera significative et sensible et les concepteurs étaient très à l’écoute des retours. Il ne faut pas non plus perdre de vue qu’ils se sont mis une limite de 40 000 € HT en prix de vente, compliquant considérablement le travail pour une voiture électrique. Par contre, le châssis pouvant accepter jusqu’à 200 ch, des propositions plus puissantes (donc plus chères) devraient faire leur apparition et rendre ainsi l’engin plus attrayant.

Bien vu :
- Idée
- Respect des normes FIA

À revoir :
- Direction pas assez directe
- Couple trop long à venir
- Esthétique

Etienne Roville

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