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Essai Volkswagen Arteon TDI 150 et 240 : tueuse de Passat

Depuis l'arrêt de la Phaeton, il manquait à Volkswagen un porte-drapeau. L'Arteon endosse ce rôle, sous la forme d'une berline aux allures de coupé…

Histoire d'être raccord avec la présentation de leur produit, nous avons été conviés à des activités sportives, bien loin des ateliers plan-plan que l'on aurait pu trouver pour la Passat. Adieu la gentille berline bon chic bon genre, place à la dévergondée qui n'hésite pas à afficher ses larges hanches…

+ de photos Volkswagen Arteon

Un nouveau nom ...

Oubliez la Passat CC puis la CC. C’est du passé. Le présent et l’avenir portent le nom d’Arteon. Reprenant les bases du concept GTE (sans pareille motorisation toutefois), cette voiture, mi-berline mi-coupé, est 9 cm plus longue que la Passat. Mesurant 4,86 m, elle est aux dimensions exactes de la précédente Mercedes Classe E.
Ce changement de patronyme est justifié par un design différent de celui de la Passat, d’équipements et de commodités spécifiques, mais surtout par la possibilité de sortir des carrosseries supplémentaires telles que le Shooting Brake. Par ailleurs, VW France admet que l’appellation CC était difficilement compréhensible sur un marché francophone.
Siégeant dans un marché de niche, l’Arteon entend ratisser large pour exister. Visant 2 000 immatriculations annuelles en France, elle veut concurrencer les Audi A5 Sportback, BMW 3 GT et 4 GranCoupé, ainsi que les grandes routières du segment supérieur. Elle vise également la nouvelle Opel Insignia Grand Sport, moins bien dotée en moteur/boîte et un peu moins la Renault Talisman, absente du marché des quatre roues motrices. Pour votre information, la répartition des ventes de la Passat est de 55/45 en faveur de la berline.

Arteon Bi-TDI 240 DSG 4Motion

Le 2 litres biturbo de 240 chevaux et 500 Nm est le diesel le plus puissant en architecture transversale du groupe. Pour le moment réservé au constructeur de Wolsburg, il aurait sa légitimité chez Skoda, dans la Superb par exemple. J’avais essayé ce moteur de déménageur il y a quelques mois sur la Passat. Depuis, il a également atterri sous le capot du Tiguan II.
N’ayant pas de V6 TDI non longitudinal en magasin, VW a fait le choix de doper son 2 litres par l’implantation d’une seconde turbine. Le résultat est pour le moins spectaculaire en termes d’accélérations et de reprises. Sur ce second point, la prise de vitesse est franchement bluffante ! Les 6,5 secondes du 0 à 100 km/h peuvent paraître plus conventionnelles, mais il ne faut pas s’y fier… Le plus impressionnant, mais aussi le plus appréciable, demeure son allonge moteur assez inédite pour un bloc diesel.
Pas de choix sur les transmissions puisque seule la récente DSG7 est proposée, en association au 4Motion. Motorisation de niche d’un modèle de niche, il ne faut pas s’attendre à en croiser beaucoup sur les routes françaises. Sur la Passat, le Bi-TDI 240 ne représente que 4 % du mix. Quasiment exclusivement destiné aux entreprises, il reste pénalisé par des rejets de CO2 de 152 g au kilomètre. Prix de départ : 54 900 €, la finition de base « Arteon » n’étant pas proposée. Mais, une fois encore, les entreprises raisonnant par loyer et coûts d’entretien, il est difficile de se baser sur ces valeurs brutes.

Arteon TDI 150 DSG

C’est avec lui et le TDI 190 que le gros des ventes se fera. Essayé également avec la DSG7, son couple culmine à 340 Nm. Affichant 1 643 kg sur la balance (et encore, c’est 180 kg de moins que la 240 chevaux !) en traction, l’Arteon ne fait pas dans la légèreté malgré la plateforme MQB. Du coup, cette version du TDI paraît plutôt juste. La gestion et l’étagement de la DSG7, également reprochable sur le gros moteur, ne l’aide guère.
Le 190 est probablement un meilleur choix pour ne jamais subir ce sentiment de « sous-motorisation », en plus d’être globalement le plus homogène, à moins d’emprunter régulièrement les Autobahns de nos voisins. La consommation moyenne lors de l’essai, sur un parcours dément, a été de 6,5 l/100 km à l’ordinateur de bord. C’est un litre de moins que pour la TDI 240.

Des moteurs essence aussi (pas essayés)

Le nouveau 1.5 TSI 150 lancé sur la Golf restylée sera disponible à l’automne. Compte tenu du poids à tracter, je reste dubitatif sur ce choix de petite cylindrée. Le TSI 280 est déjà au catalogue, pour les papas pressés réfractaires au diesel. Il s’agit du bloc bien connu des Seat Leon Cupra et consœurs.

Essai de la nouvelle VW Arteon en finition R Line

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La présentation intérieure laisse peu de place à la surprise. C’est sérieux et bien assemblé, à défaut de se montrer sexy ou fantaisiste ce qui semble être une qualité dans le segment. Homologuée pour cinq places, l’Arteon dispose d’un coffre dont le chargement va de 563 à 1 557 litres.
Toutes les finitions ont droit au Discover Media 8" à minima qui passe au Pro de 9,2" à partir de l’Exclusive qui n’est que le second niveau. Après la finition Arteon, on bascule donc entre les Exclusive et R-Line (aux éléments esthétiques spécifiques tels que le pédalier en aluminium, le volant au centre rond, le pare-chocs avant et l’aileron sur la malle arrière) selon ce que l’on préfère. Le niveau de finition donne droit aussi à un plus grand choix de coloris et de jantes.
Parmi les assistances présentes, citons les Car-net, Park Assist ou encore Front Assist. Les trois nouveautés sont le régulateur de vitesse prédictif, l’Emergency Assist 2.0 et les feux directionnels qui utilisent le GPS pour gérer l’éclairage.

VW Arteon R line en couleur Jaune Metalisée

Dynamisme sur la route

J’étais sorti de la Passat 240 quelque peu déçu par son manque criant d’entrain. Cette fois, je ne vous cache que j’ai quitté les sessions d’essai avec le sourire. Nos deux motorisations disposaient des suspensions pilotées. Sélectionnées en mode Sport (par le biais de la case Individual pour paramétrer la voiture à ma guise), je n’ai jamais eu à me plaindre d’un quelconque manque de confort.
Les réglages châssis sont plus affûtés sur l’Arteon que sur la Passat. Même en 4Motion, elle ne semble pas perdre en dynamisme ni en train avant, en dépit de l’importante différence de poids entre les deux versions. Emmenée à l’attaque, l’Arteon ne refuse pas le combat !
Autre différence, la direction, d’un tour de butée inférieur sur le « coupé-berline ». Sur ce point, je suis plus partagé. Correctement réglés sur le 150, les réglages m’ont profondément déplu sur le 240. L’assistance y est soit trop prononcée soit pas assez de façon tellement artificielle que l’on ne ressent rien dans le volant. Dommage, mais pas rédhibitoire pour prendre du plaisir au volant d’une berline, définitivement pas comme les autres…

Conclusion

Force est de constater que l’Arteon fait des débuts convaincants. Proposant un vaste panel de moteurs et de transmissions, l’Allemande a tout pour réussir. Surtout si vous – aussi – en avez assez des SUV…

BIEN VU
- Plus dynamique que la Passat
- Design et présentation intérieure
- Amortissement (en DCC)
- Performances/reprises (TDI 240)

À REVOIR
- TDI 150 un peu juste
- Direction (sur le TDI 240)
- Gestion de la DSG
- Tarifs pour le grand public

Note : 17/20
Tarifs : à partir de 46 680 € en TDI 140 et 54 900 € Bi-TDI 240
Crédit photos : Volkswagen France

Maxime Joly

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