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Essai Audi RS3 berline : la mélodie du bonheur ?

La marque aux anneaux a manifestement confiance en ses modèles sportifs. Tout juste vient-elle de pointer le bout de son nez et sortir de ses usines, qu\'Audi France nous propose de prendre en main son nouveau bolide, la RS3. Pour mettre en exergue les performances de son missile, la marque nous a donnée rendez-vous dans l\'arrière pays varois.

+ de photos Audi RS3 Sedan 2017

Deux pour le prix d’une !

L’Audi RS3 c’est avant toute chose une berline compacte qui joue des mécaniques à outrance. Elle est reconnaissable entre mille avec son mélodieux 5 cylindres turbo (le seul 5 pattes de la production Européenne encore en fabrication), sa gueule béante semblant renâcler le sol, ses ailes gonflées à block et son arrière tronqué de SportBack.

Pour ce troisième opus, les 4 anneaux nous propose une « soirée à deux ambiances » avec l’arrivée dans la gamme de la RS3 berline. Plus longue et plus effilé de silhouette, avec son empattement rallongé, elle permet de s’adresser à de nouveaux acheteurs plus matures.

Premier contact !

Arrivé à l’aéroport de Marseille, nous voilà face à la bestiole. Et le moins que l’on puisse dire c’est : qu’Audi n’a pas fait pas dans la dentelle question style. Si la RS3 gagne en élégance avec cette version berline, elle conserve son esprit « chaine en or qui brille ». De bonne aloi dans cette contré qui semble énormément l’apprécié aux vus du nombre de pouces en l’air des autochtones.

Il est vrai qu’elle joue des mécaniques avec sa grande et large gueule Singleframe en nid d’abeille, ses écopes d’air béantes en argent, le tout ceinturés par des phares à LED à la signature limoneuse imitant le regard froncé d’un animal en pleine chasse. Et, il ne faut pas compté sur son profil musculeux pour changer cette impression. La ligne semble comme plonger vers l’avant. En baissant le regard, ce sont les jantes de 19 pouces équipés de gros étriers qui annoncent le tempérament de la bête. La poupe horizontale est perforée par deux canules ovales en chaque coin. Le diffuseur arrière situé sur la malle canalise l’air pour plaquer son popotin au sol.

Après ses premiers émois, nous passons dans le cockpit. A contrario de l’extérieur, l’habitacle choisi la sobriété. Le mobilier, repris des A3 classique, s’encanaille avec des plaquages d’aluminium. Pas de quoi crier à la révolution l'esthétique, mais plutôt crier au conservatisme, bien que… notre modèle reçoit des sièges sport monobloc (une option) en cuir noir Nappa avec surpiqûres blanches et au motif diamant. C’est du plus bel effet ! Le petit volant sport à fond plat, est en cuir et suédine. Le diamètre de sa jante est parfait et son touché est comme adictif.

Pour notre ESSAI, l'Audi RS3 berline s'offre une belle peinture bleue

J’appuie sur START !

L’ancienne RS3 était déjà une machine phénoménale. Cette nouvelle version devient carrément ahurissante avec une remise au point de son 5 cylindres turbo de 2,5 litres qui cumule dorénavant 400 chevaux et 480 Nm de couple. Le tout est disponible entre 1 700 et 5 850 tr/min. Le TOP 100 est proche d’un chrono de supercar avec un temps de seulement 4,1 secondes, alors que la vitesse maximale bridée électroniquement s’étalonne à 250 km/h. Sur demande, Audi peut débrider le système pour lui permettre d’atteindre la vitesse de pointe à 280 km/h.

Comme toute sportive qui se respecte, cette nouvelle Audi RS3 offre un son unique. Les vocalises peuvent être amplifiées via l’Audi Drive Select qui en mode « Dynamic » libère les gazs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au démarrage, il y a largement de quoi s’émerveiller. L’explosion de la mise en route laisse place à un jolie et noble ronronnement.

Pour dresser la cavalerie, le bolide use d’une transmission S tronic à sept rapports et double embrayage. Elle transmet la puissance au système quattro qui contrôle le couple via de multiples capteurs et l’ajuste roue à roue. Pour être plus clair, en virages rapides, la RS3 berline freine légèrement les roues intérieures qui subissent de fait une charge plus légère. Ainsi, elle peut transmettre plus de puissance aux roues extérieures et augmenter la vitesse de rotation du châssis qui est d’ailleurs passé 25 mm plus bas que les autres A3.

Le freinage est confié à des disques avant de 370 mm de diamètre pincés par des étriers à huit pistons. En option, Audi peut fournir des disques en carbone-céramique à l’avant contre un chèque d'un peu plus de 5 000€. À l’arrière, les disques de frein font un diamètre de 310 mm. De série, l’Audi RS3 est chaussée de pneus 19 pouces et de pneus 235/35 à l’arrière et des chaussettes de 255/30 sont disponibles en option pour les roues avant. De quoi nous faire oublier le sous-virage de lancienne génération ?

On lâche la cavalerie !

Avec 400 chevaux à disposition, autant vous le dire, on ne sait pas vraiment attardé à Marseille, ni au Port de La Ciotat où nous avions notre conférence technique. Après quelques secondes pour configurer le GPS, à la cartographie toujours aussi récalcitrente, nous voilà en train de pendre la direction du Col de l’Espigoulier. Evidement dans la cité phocéenne, nous n’avons pas peu échappée, à la célèbre saturation du réseau routier. Heureusement la boite de vitesse automatique et le soleil sont là pour nous faire tenir en halène.

La route se libère, tout comme sa mélodie. La noblesse de la mécanique nous transporte dans une salle de concert à ciel ouvert, surtout lorsque les vociférations du moteur se répercutent de la route aux bâtiments qui jonchent le bas côté. Les virolos sont en ligne de mire, plus question de se laisser contrôler par l’électronique. On éteint tout !

Sur les petites routes, la nouvelle RS3 a bien du mal a tenir ses 400 chevaux sur le train avant

Les hurlements du moteur se traduise au le sol par des pousser sensationnelles. A bas régimes, je met plein gaz et me laisse porter par l’incroyable allonge tandis que l’aiguille monte à grande vitesse vers la zone rouge. Ici le TFSI offre des accents métalliques dignes d’une bête de course. Pendant ce temps, la boîte claque les rapports supérieurs en un clin d’œil. Une épingle ? J’écrase la pédale de gauche au dernier moment. Les freins céramiques n’ont aucun mal pour stopper en une fraction de seconde la RS3. Le problème viendra plus du rétrograde. La boîte majestueuse jusqu’ici, n’en fera qu’a sa tête et il me faudra plusieurs kilomètres, à fond les ballons, pour enfin comprendre son tempérament à la descente des rapports.

Sur ses Zig Zag montagneux, j’aurais également un autre regret. Si la nouvelle RS5 est devenue de plus en plus joueuse avec sa transmission du couple qui s’intensifie sur le train arrière, il n’en est malheureusement rien de cette nouvelle RS3. Comme ses aînées, elle se fait un tirer le nez dans les épingles. Les choses s’améliorent largement dans les grandes courbes. Là est même impériale ! Il suffit d’accélérer progressivement pour enclencher le système quattro qui donnera plus de puissance sur les roues extérieures. De fait, la voiture enroule chaque courbe en toute sécurité et à des vitesses inavouables.

This is the end ?

Pas vraiment ! Puisque nous arrivons au Castellet et sa célèbre piste de 3 800 mètres qui après avoir connu son heure de gloire dans les années 70 à 80, s’est vu renaître de ses cendres pour devenir notre futur Grand Prix France de Formule 1.Pourquoi on vous parle de ce lieu mythique ? C’est qu’ici, nous attendait une véritable voiture de course reprenant les base de notre berline : la RS3 LMS TCR. Mais ça, c’est une autre histoire à lire ici !

L'AUDI RS3 berline se conjugue également à la sauce compétition avec la RS3 LMS TCR

Il est temps pour moi de faire le bilan.

Tout d’abord question style. La silhouette de berline sportive sciée parfaitement à la RS3. Plus élégante, plus « fine », elle se distingue vraiment de la Sportback tout en conservant l’âme de la RS3. Mais bon, ça c’est mon avis.

Par contre question moteur, c’est une réussite ! Il chante sans vergogne des vocalises digne d’une supercar tout en propulsant ses occupants dans une sorte de 4ème dimensions allant à la vitesse de la lumière. Les freins en carbone, transforme véritablement la machine, mais la boite rapide comme l’éclair à la montée des rapports, se fait attendre au rétrogradage.

Le tracé très exigeant du col de l’Espigoulier, mettra en évidence sa tendance au sousvirage. Comprenez qu’elle permettra à tout un chacun d’exécuter un solide chrono sans mouiller sa chemise. Les plus aguerris à l’exercice du contre braquage, regretteront ce comportement du train arrière trop sage.

Enfin côté portefeuille...

La RS3 berline demande un minimum de 62 900€ à la commande. Mais, comme sait si bien le faire la marque d’Ingolstadt, il faudra passer par la case options pour atteindre la machine parfaite qui demande en supplément :les suspensions pilotées et les freins carbone super endurant. Rajoutez y des équipements de style et de confort et vous dépasserez facilement les 70 000€. Tout comme notre modèle. Si on rajoute l’assurance, la taxe carbone et la consommation moyenne d’environs 12 litres, il faudra avoir le portefeuille bien accroché. Mais en même temps … le chant de son 5 cylindres est l’une des plus belle ode mécanique du moment.

Note : 15/20

Bien vu :
- La silhouette élégante
- Le merveilleux 5 cylindres
- Comportement sécurisant pour tous...

A revoir :
- ... mais trop sousvireur pour les spécialistes
- Les rétrogradages de la boite auto
- Attention l'addition monte très très vite.

Photos © Etienne Rovillé pour La Revue Automobile

Fiche Technique de l’Audi RS3 Berline

 

 

 Carburant :

Essence

Prix du modèle essayé :

 62 900 euros

 

 

Mécanique de l’Audi RS3 Berline

 Cylindrée :

2.5L 5 cyl. turbo inj.

 Puissance :

400 ch à 5 850 tr/min

 Couple :

480 Nm à 1 700 tr/min

 Transmission :

4x4

 

Poids et dimensions de l’Audi RS3 Berline

 Poids à vide :

1 590 kg

 Dimension :

4.48/1.81/1.49 (L/l/h)

 Réservoir :

55 litres

 Pneumatique :

235/35 R 19

 

Performances de l’Audi RS3 Berline

 Vitesse max :

250 km/h

 0 à 100 :

4.1 secondes

 Consommation :

11.4/6.6/8.4 l/100 km

 Vitesse max :

250 km/h

 0 à 100 :

4.1 secondes

Benoit Alves

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