Jaguar

Essai Jaguar XJR575 : l'aristo punk !

Devant moi, un long capot, des ailes galbées, une silhouette immense qui jouent avec les réverbérations renvoyées par le soleil lusitanien et les rives abruptes du Douro. Voilà ce que sait faire de mieux Jaguar dans le raffinement et le voyage grand tourisme. Sauf qu\'à l’oreille, le ronron feutré du moteur donne le frisson. Je presse l\'accélérateur et il se mue en clameur rauque.

Ce son, je le connais fort bien ! Il s’agit du V8 suralimenté de 5 litres. Les ingénieurs britanniques ont bien osé l\'accouplement de la belle et grande limousine XJ à la bestiale F-Type SVR. Le résultat est surprenant !

+ de photos Jaguar XJR 575

La technologie règne en maître !

S’infiltrer dans le cockpit de cette nouvelle Jaguar XJR, c’est comme évoluer dans un magasin à la mode, truffé de solutions High Tech toutes plus étonnantes les unes que les autres.

Par exemple, le système d’infodivertissement pilotable via l’écran tactile capacitif de 10 pouces est capable de jouer le rôle d’un hot spot WiFi pour 8 appareils. Évidemment, la fonction navigation GPS fait partie de l’équipement de série, mais elle intègre une application complémentaire qui permet de planifier son itinéraire hors connexion puis de le charger dans le système en début de trajet. Il est même possible de mémoriser en parallèle de son trajet quotidien un itinéraire alternatif pour éviter les embouteillages.

Les mélomanes seront extrêmement bien servis avec quatre systèmes audio numériques de grande qualité. La configuration haut de gamme va même jusqu’à proposer un ensemble de 26 haut-parleurs Meridian, capable de produire 1 300 W. Ici, 17 voies audio usent de la technologie Trifield pour assurer le meilleur son et le plus bas niveau de distorsion. Une véritable salle de concert roulante.

Ce n’est pas fini puisque cette limousine peut s’accompagner de deux écrans haute définition de 10,2 pouces format 16:9, aux places arrière. S’ils ne sont pas utilisés, ils peuvent se ranger en un mouvement. Équipée de deux ports USB 3.0, d’un port HDMI et d’un port MHL, elle permet aux passagers de recharger ou récupérer les médias d’un vaste éventail d’appareils numériques.

Jaguar XJR575 et son V8 sur les routes Portugaises

La chorégraphie !

Efficace et sobre, l’ambiance de cette XJR575 se distingue de celle des autres XJ par des seuils de porte en relief, une plaque gravée du « 575 » et des sièges en cuir sport. À chaque démarrage, le levier de vitesse émerge de la console centrale et les écrans font leur show. Le moteur, lui, se contente de grogner ses décibels.

Et des décibels, on sait qu’il en produit ! En effet, les ingénieurs motoristes ont tout simplement glissé sous le capot leur plus puissante machine à vapeur, le V8 5 litres de la F-Type SVR. Tout comme le coupé, il distribue 575 canassons à 6 250 tr/min et 700 Nm de couple entre 3 500 tr/min et 4 500 tr/min. Mon cœur palpite, je place le levier de la boîte de vitesse sur « D » et me voilà en route !

Mais attention ! Il faut avoir le pied droit léger. Car la bestiole est capable de faire la nique à un bon nombre de supercars. Son poids, léger pour la catégorie (1 875 kg), lui offre des accélérations tonitruantes. Pour preuve, il ne lui faut que 4,4 secondes pour atteindre les 100 km/h. Ce n’est pas fini ! Si la boîte automatique ZF à 8 rapports gère parfaitement la cavalerie, elle ne l’envoie que sur le train arrière. Autant dire qu’il faut y aller tout doux pour ne pas martyriser les pneumatiques arrière !

Cette petite donnée acquise, le félin se fait châtrer pendant les quelques kilomètres qui me séparent de l’autoroute. Passé le péage, je tape sur la pédale de droite. La limousine entre dès lors dans une colère bleue.

Elle me projette droit en avant, maltraite mes cervicales, tout en produisant une merveilleuse mélodie. Celle d’un bon et gros V8. La boîte quant à elle ne me laisse pas le temps de compter les rapports, tant ces derniers s’enchaînent rapidement. En usant des palettes derrière le volant, l’efficacité atteint des sommets !

Après le bitume bien lisse et les routes larges, je m’attelle à la route de campagne. Les virolos et la horde sauvage qui pousse le train arrière sont diaboliques. À chaque courbe, je dois me concentrer sur la trajectoire parfaite en regardant loin devant. Heureusement, l’ESP veille au grain ! Parfaitement calibrer, il ne m’empêchera pas de me faire plaisir avec de légères dérives, mais il m’évitera, bien heureusement, tout pivotement.

Mea culpa !

Normalement, une limousine se teste aussi aux places arrière… J’avoue ! Je n’y suis jamais passé. Mais en même temps, comment laisser sa place ?

Derrière ce volant, on essaie de maîtriser quelque chose qui sort du commun. Facile à appréhender, saine de réaction, mais toujours amusante, cette auto sait rendre le voyage palpitant !

Concernant le portefeuille, mieux vaut avoir un compte bancaire solide. Aux 146 200 € demandés pour en avoir la clé, il faut ajouter une petite moyenne de 16 litres d’essence aux 100 km (avec un pied moyennement enthousiaste) !

Note : 15/20

Bien vu :
- Ligne élégante et sportive.
- Châssis toujours d’actualité.
- Le V8 est toujours aussi somptueux.

À revoir :
- Pas d’échappement actif.
- Disponible uniquement en propulsion !
- Voiture autonome pas au niveau des Allemandes.

Benoit Alves

Votre avis nous intéresse sur :  Essai Jaguar XJR575 : l\'aristo punk !

Ecrivez votre commentaire sur l'article
Envoyer

On parie que vous allez aimer aussi :

La Revue Automobile, c'est plus de 140 000 photos, 13 000 articles mais aussi des milliers de fiches techniques, une cote auto et bien plus encore. Partageons la passion de l'automobile ensemble !
Inscription Newsletter