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Comparatif Aston Martin Vantage et BMW M850i : le cœur a ses raisons…

Rien qu’à la lecture des deux modèles, vous vous demandez ce qu’il a bien pu me passer par la tête de vouloir les comparer. Pourtant, ce n’est pas si bête et je ne dis pas ça uniquement pour flatter mon ego. La question est, que se passe-t-il lorsque l’on oppose le modèle le plus haut de gamme d’une marque généraliste premium face au modèle d’entrée de gamme d’une marque de luxe ? Par ailleurs, BMW ne cache pas préférer être comparé à Aston Martin plutôt qu’à la Mercedes Classe S coupé qui lui semble pourtant plus proche. Qu’en est-il dans les faits et laquelle choisir ?

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L’esthétique, nous pourrions en discuter des jours sans forcément nous mettre d’accord, mais une chose est certaine, les deux belles ne partagent rien en commun si ce n’est d’être des coupés et, tout de même, un toit bosselé. Les dimensions elle-même sont très éloignées, notamment en termes de longueur puisque l’Allemande affiche 38 cm de plus avec 4,85 mètres contre seulement 4,47 mètres pour la Vantage. Les largeurs, respectivement 1,90 et 1,94 mètre, sont assez similaires tandis que l’Aston Martin est nettement plus basse à 1,27 mètre contre 1,35 mètre.
La lecture de ces chiffres conforte l’impression visuelle d’une Vantage sensiblement plus trapue et aux allures bien plus sportives. Impression appuyée par le capot très plongeant de la seconde et un arrière pourvu d’un diffuseur sans équivoque sur les intentions de l’Anglaise. Pourtant, la BMW ne fait pas pâle figure posée sur ses jantes de 20 pouces, arborant des lignes sensuelles et dynamiques avec des boucliers avant et arrière agressifs. Ses ailes arrière généreusement galbées trouvent cependant du répondant avec les hanches délicieusement callipyges de l’Aston.

Des habitacles en opposition

Là, vous recommencez à vous interroger sur l’intérêt de ce comparatif. Pourtant, ne vous méprenez pas, l’opposition ne se fait que sur le style, mais aucunement sur les qualités respectives qui font dans l’excellence. Vous me direz, heureusement, vu les tarifs pratiqués par la M850i et la Vantage de respectivement 124 750 € et 155 294 €, hors option, cela va de soi.

De son côté, la BMW propose un habitacle tendu de cuir Merino de belle facture tandis que l’Aston lui oppose un intérieur tout alcantara aux accents nettement plus sportifs. Dans les deux cas, la présentation intérieure et l’ensemble des matériaux utilisés (laque piano, aluminium satiné, cuir…) fleurent bon la haute qualité. Puisque l’on parle de cuir, l’Anglaise n’en est pas totalement dépourvue puisqu’elle en reçoit sur son volant ou encore sur les contre-portes sans compter qu’il est possible d’en garnir tout l’intérieur à la demande avec, comme de coutume pour Aston Martin, un travail remarquable.

Le cuir recouvre également les commandes d’infodivertissement issues directement de chez Mercedes, directement liées à l’écran de 8 pouces. Celui de la BMW, de 10,25 pouces, relègue au rang d’antiquité celui de la Vantage, tant en termes de rendu, de qualité que de système d’exploitation. Je me suis déjà étendu sur le sujet lors des essais de la DB11 et de cette Vantage, n’en rajoutons pas.

Les sièges sont également pour le moins différents, les baquets sportifs, fermes et à l’excellent maintien de l’Anglaise font face aux fauteuils moelleux, parfaitement confortables, mais offrant moins de maintien de la Série 8. Nous verrons plus loin que chaque choix est parfaitement justifié et en harmonie avec les philosophies de chacune.

Pour finir, un bon comparatif ne l’est pas si l’on ne parle pas du coffre et de son volume de chargement, n’est-ce pas ? Sachez donc que l’Aston Martin propose un coffre décent et plutôt pratique de 350 litres contre un bon 420 litres pour l’Allemande. Certes, cela peut sembler léger, mais il faut garder en tête que les deux coupés ne proposent que deux places… comment ? Paraît-il que la BMW en compte quatre. C’est vrai… en théorie, mais dans la pratique seuls de très jeunes enfants pourront s’y insérer. Cette espace servira plus facilement d’annexe au coffre qu’autre chose donc.


Deux cœurs allemands

Deux coupés haut de gamme avec des prix proches ne suffisent pas pour faire un comparatif, mais la lecture de fiches techniques rassure sur ma santé mentale. En effet, sous les capots avant prennent place deux motorisations V8 biturbo venues d’outre-Rhin. Ce qui n’a rien de surprenant pour la BMW qui s’équipe d’un 4,4 litres maison tandis que la Vantage reçoit un 4,0 litres tiré de la banque d’organes de Mercedes-AMG.

Je ne vous cache pas que j’ai une énorme préférence pour les moteurs atmosphériques, mais ces derniers sont en voie d’extinction et il faut bien se résoudre à vivre avec son temps. Alors haut les cœurs, démarrons les deux belles. L’Aston se fait immédiatement tonitruante et démontre sa volonté à impressionner son auditoire tandis que la Série 8 affiche une timidité inattendue au vu de son style extérieur. Il faut dire que la première démarre en mode Sport tandis que la seconde le fait en mode Comfort et c’est là un point important différenciant les deux modèles.

Quel que soit le mode sélectionné et le régime moteur, la BMW reste relativement discrète malgré une sonorité assez plaisante tandis que l’Aston est d’une exubérance bienvenue dont il est difficile de se lasser. Quoique, sur long trajet le confort acoustique de l’Allemande se transforme rapidement en havre de paix lorsque l’on vient de la Vantage qui, jamais, ne laisse vos tympans se détendre.

Il n’empêche, le coupé de Gaydon est un réel plaisir lorsque le rythme s’accélère, flattant l’oreille de ses vocalises passionnées.


L’hypersensible et le tapis volant

Si le système d’infodivertissement issu de chez Mercedes ne m’enchante pas, ce V8 aux mêmes origines n’a rien de critiquable, tant pour sa sonorité – retravaillée par les Anglais – que par sa réactivité et la disponibilité de sa puissance. Et quelle puissance ! Transmis aux seules roues arrière via une excellente boîte automatique à 8 rapports, ce ne sont pas moins de 510 ch à 6 000 tr/min et 685 Nm dès 2 000 tr/min qui mordent le bitume et arrache les 1 530 kg de l’Anglaise sans la moindre faille.

Franchement pas de quoi impressionner l’Allemande qui propose 530 ch à 5 500 tr/min et l’impressionnant couple de 750 Nm dès 1 800 tr/min, le tout transmis aux 4 roues via une boîte automatique à 8 rapports, également excellente, mais tout de même un peu moins performante que celle de la Vantage. Pour autant, et malgré un poids conséquent de 1 965 kg, la M850i profite de sa traction intégrale et de son couple phénoménal pour proposer des performances similaires à celle de l’Aston Martin. La première effectue le 0 à 100 km/h en 3,7 secondes tandis que la seconde en réclame à peine moins avec 3,6 secondes bien que celle-ci prenne rapidement ses distances avec une vitesse maximale de 314 km/h contre les 250 km/h limités électroniquement de la BMW. Là où la BMW surprend, c’est lors des reprises, puisqu’elle fait mieux que jeu égal avec la Vantage en prenant l’avantage sur certains rapports.

Pourtant, volant en main, les deux n’ont rien ou presque en commun. Pour faire simple, en termes de ressenti et d’implication, en termes de fermeté et direction, le mode le plus sportif de la BMW (Sport +) égale à peine le mode le plus doux de la Vantage (Sport). Cette dernière semble conçue avant tout pour vous transmettre des sensations, des émotions et retransmet la route avec une certaine fidélité. En échange, elle demande à son conducteur de s’impliquer, chaque action sur le volant étant directement retransmise au train avant, d’autant plus avec les modes plus sportifs (Sport+ et Track). De son côté, la Série 8 propose une mise en appui plus longue à mettre en œuvre et demande sensiblement moins d’efforts pour tout avec une direction moins directe et consistante et un amortissement qui survole littéralement la route quel que soit son état là ou l’Aston Martin incite à se battre avec le revêtement tant son amortissement est exigeant.

Ce sont deux philosophies très différentes et, dans les faits, il est impossible de donner raison à l’une ou à l’autre. Les vitesses de passage sont très similaires, tout se fait dans la manière. La Vantage exigera toute votre implication en échange d’un moment inoubliable mais usant. La BMW M850 iXdrive vous offrira un confort extraordinaire tout en se rendant capable de vous faire passer n’importe où à des vitesses tout aussi inavouables.

Conclusion:


Alors, sur quels critères choisir l’une et l’autre ? La capacité de chargement du coffre ? Alors la BMW l’emporte ! Sur les performances ? Alors il y a match nul ! Sur leurs consommations respectives ? Alors les deux perdent ! Sur l’image de marque ? Alors l’Aston prend l’avantage, mais très franchement il n’y a de bon choix que le vôtre. Pourquoi chercher des critères cartésiens lorsqu’il s’agit d’un achat déraisonné ? Laissez donc vivre votre passion et prenez celle qui vous fait plaisir ou encore mieux, prenez les deux si vous le pouvez, chacune vous apportera un réel plaisir, à sa façon.

Lire les essais de la BMW M850i xDrive et Aston Martin V8 Vantage