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La Peugeot 205 turbo 16: une voiture culte

Dans cette saga des voitures anciennes ayant eu un retentissement tonitruant sur l’image de marque du constructeur, incontestablement la Peugeot 205 turbo 16 sort du lot. A preuve, on célèbre 30 ans après avec faste la sortie de ce modèle mythique avec la mise sur le marché de la 208 30th.

+ de photos Sport Peugeot 205 Turbo 16

En fait, en 1981 le Président Boillot d’automobiles Peugeot souhaitant éviter à la société une sortie de route économique, mise tout sur un modèle : la 205. L’avisé Jean Todt, qui de simple coéquipier s’est poussé du coude jusqu’au poste de responsable de la compétition, colle parfaitement à l’événement en anticipant sur le nouveau règlement de la Fédération internationale de l’automobile en prévoyant une version compétition, ce sera la 205 turbo 16. Dites ainsi, les choses sont claires mais pour la réalisation il en va tout autrement. Il faut d’abord produire 200 exemplaires du modèle qui servira de base pour la version compétition ! C’est ainsi que naissent chez Heuliez les 200 unités 205 turbo 16 toutes gris anthracite avec des inserts rouges et leur moteur arrière développant modestement 200 chevaux. Parallèlement, l’élaboration des 205 GTI beaucoup plus classiques vient épauler astucieusement le marché des diverses 205, qui trouvent allégrement leur public.

Revenons à la compétition. 

Si l’objectif était d’exploiter le règlement très libéral des Groupe B sorti en 1982 et débuter par quelques épreuves de rodage et de tests en 1984, pour se lancer dans le championnat du monde des rallyes en 1985, il convenait de se lancer dans un chantier énorme et d’autant plus difficile qu’il restait secret. 

Peugeot Sport récemment créé se lançait crânement dans l’aventure et construisait les 20 premiers exemplaires de de ce que l’on appela l’Evolution 1. On avait bien entendu bien du mal à reconnaitre la Turbo 16 de série car l’habitacle était encombré d’un arceau cage et le moteur transversal en position centrale arrière d’une cylindrée de 1775 cm3 doté d’un turbocompresseur, voyait sa puissance passer à 365 chevaux. Jean-Pierre Nicolas pilote de talent à la gouaille marseillaise inimitable, collabore à la mise au point de l’auto conçue sous la direction du discret et compétent Jean-Claude Vaucard, ingénieur en chef de l’opération.

A peine homologuée en mars 1984 cette bête de course est lancée dans l’arène, en cours de saison. Ce sera lors du Tour de Corse où Vatanen étonne en occupant, un moment, la tête de la course. L’engagement sera total dès le championnat du monde 1985.

Chez Peugeot et c’est là une grande force, on anticipe pas mal l’évolution des autres concurrents et notamment l’arrivée des Lancia Delta et Audi Quattro S1, en mettant en chantier l’Evolution 2. La construction des châssis et l’assemblage des 20 voitures sont confiés à Bouhier Engineering. L’atelier est scrupuleusement gardé de jour comme de nuit pour éviter toute fuite, non pas d’huile mais technologique. Cette nouvelle auto se placera d’entrée de jeu à un tout autre niveau avec une puissance moteur de 530 chevaux. La structure cage est largement revue pour supporter les nouvelles contraintes et Bernard Bouhier impose ses vues quant à l’emploi d’aciers spéciaux et non d’aluminium. Ce qui lui vaudra les chaudes félicitations du patron de Peugeot Sport après que Vatanen se soit sorti vivant d’une épouvantable cabriole en Argentine en 1985.

Timo Salonen remporte dès la première saison complète de compétition le titre mondial, confirmant l’excellent potentiel d’une auto qui n’en finira plus de gagner sur tous les terrains. En 1986 Bruno Saby sur une turbo 16, gagne le Tour de Corse qui marque l’arrêt des Groupe B considérés surpuissants et trop dangereux après la mort d’Henri Toivonen.

Peugeot Sport ne tarde pas à changer son fusil d’épaule pour écrire quelques belles pages de l’épopée du Paris Dakar sur une version Grand Raid avec les pointures comme Vatanen et Kankkunen.

Des versions Rallye cross furent également produites et une version ultime, Pike Peaks, fit forte impression avec une gueule d’enfer et 550 chevaux rugissants qui ne purent cependant pas gravir jusqu’au bout la célèbre côte américaine à cause d’un vulgaire collier de serrage.

La 205 turbo 16, forte de toute une histoire glorieuse donna naissance à d’autres Peugeot turbo 16, les 405, qui n’atteindront pas ce culte mythique qui entoure encore les T16, les seules, les vraies, les 205 turbo 16.

Alors aurons nous droit à une répétition de l 'Histoire avec la 208 GTi ?

Archives photographiques : Gilles Vitry, et Haasefoto La Revue Automobile

Alain Monnot

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