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SKODA OCTAVIA 150 TDI: un rapport qualit?

Lors du récent salon Rétromobile nous n'avons certainement pas été les seuls à découvrir les belles pièces du SKODA Museum retraçant un passé sportif assez méconnu. Depuis la création en 1895, la marque phare en Tchécoslovaquie a connu bien des évolutions et, après être passée dans le giron du groupe Volkswagen en 1991, elle a entrepris une véritable révolution culturelle. Les véhicules produits ont perdu leur caractère quelque peu rustique pour répondre aux canons classiques de la voiture européenne. Cette évolution est parfaitement illustrée par l'OCTAVIA. Si une OCTAVIA est née en 1959, le modèle que nous essayons s'inscrit dans la lignée des générations I et II de l'ère post Volkswagen. On parle effectivement d'OCTAVIA III et l'on va voir que les changements sont importants par rapport aux modèles produits sous la même appellation entre 2004 et 2013.

+ de photos Skoda Octavia TDI

Des dimensions généreuses et de nombreuses options

Si SKODA mise autant sur l’avènement de la nouvelle OCTAVIA, c’est bien parce qu’il s’agit du vaisseau amiral de la flotte SKODA, représentant chaque année une production de plus de 400 000 unités, soit près de 44% des ventes de la marque tchèque.

 Quand on découvre la voiture, spontanément on lui trouve un air de famille avec une cousine germanique : la Passat. A y regarder de plus près, la ligne, sans aucune faute de style, à la fois équilibrée et dynamique, s’inscrit dans une certaine intemporalité. La calandre, signe toutefois la face avant d’une manière un peu vieillotte, même si les blocs optiques jouent la carte de la dernière modernité.

Nous savons que la nouvelle OCTAVIA ayant adopté la plateforme de la GOLF 7, les concepteurs ont misé sur cet accroissement des dimensions : plus 9 cm en longueur, plus 4,5 cm en largeur et un empattement augmenté de 10,8 cm, pour offrir une habitabilité maximale.

Quand on monte à bord de l’auto ou que l’on charge les bagages dans le coffre, on se dit d’emblée que le  challenge est plus que réussi. Nous pensions prendre en main une voiture « compacte », on se retrouve à bord d’une familiale, ou presque. Quand nous partons vers les essais du Pré-Bol d’or avec Gilles VITRY et Michel PICARD photographes et Philippe PILLON journaliste, tout le monde trouve ses aises pour s’installer et, les sacs et valises photos  les vêtements de pluie et autres accessoires sont logés allégrement dans le coffre de 590 litres de volume initial, pouvant passer à1580 litres en rabattant la banquette, mais sans dégager un plancher totalement plat.

L’habitacle très lumineux (toit ouvrant translucide en plus) offre des volumes généreux et son habillage deux-tons, ici noir et crème contribue à rendre l’atmosphère agréable. La découpe de la très grande boîte à gants rompt un peu l’équilibre du tableau de bord classique avec ses deux compteurs ronds. Des rangements multiples facilitent la vie avec cet astucieux logement pour le smartphone, que l’on n’a jamais pu connecter au très moderne système multimédia, qui nous renvoyait de manière peu discrète que le précédent utilisateur avait été un excellent confrère d’une Revue concurrente.

Sur cette OCTAVIA la sécurité est une thématique prioritaire traitée avec grand bonheur, puisque l’auto a obtenu 5 étoiles aux tests EURO NCAP. Dans le même registre beaucoup de systèmes d’aide à la conduite ont  été installés. Naturellement, l’OCTAVIA est déclinée selon plusieurs motorisations (essence /diesel) et niveaux de finition. Ajoutez-y des boîtes de vitesses manuelles ou automatiques et vous disposerez d’un catalogue impressionnant.

Les niveaux d’options partent de la base dite Active pour monter à l’Ambition (+ 2740 €) et culminer à l’Elégance (+ 2500 €). Nous disposions du full package et avons quelque peu ramé pour appréhender très rapidement tous les systèmes disponibles d’assistance à la conduite par exemple. Heureusement, notre ami Philippe PILLON a pu servir de co-pilote pour lire le bouquin très complet afin d’y trouver comment annuler à partir  de l’écran digital multi fonctions l’alerte signalée par suite d’un défaut de capteur de pression de pneu. A la mode allemande, de plus en plus répandue, divers packs Sécurité, Voyage, Techno ou encore Visibilité sont disponibles et combinent toutes sortes de fonctions, comme l’alerte en cas de vigilance relâchée, la lecture des panneaux de signalisation (tout à fait aidant pour conserver des points au permis !) les phares intelligents qui coupent le faisceau route en cas de croisement.

Si le choix a été fait par SKODA, de tutoyer les meilleurs standards de finition, nous pouvons dire que le but est presqu’atteint mais, les plastiques encore bien durs et l’habillage des portes peu flatteur, tout comme les ajustages imprécis, permettent de mesurer l’écart qui sépare encore l’OCTAVIA des berlines de la classe supérieure, à laquelle Skoda entend prétendre.

Je trouve facilement ma position de conduite grâce aux réglages pratiques du siège (hauteur, lombaires, profondeur), et du volant. Bien calé dans le siège recouvert en cuir, le volant gainé de cuir bien en mains, le levier de vitesses tombant directement sous la main, nous allons pouvoir débuter l’essai. Gilles VITRY (1,95 m) qui me passe le volant se plaint de voir la vision avant complétement perturbée par le rétroviseur immense qui lui barre la vue. Cela me gêne moins que lui, mais me demande une petite adaptation quand  même.  

Une vaillante routière

Avant de rouler j’ai pris le temps de jeter un œil sous le capot. Tout est net et fort bien traité. Il s’agit en l’occurrence du moteur diesel 2 litres TDI prélevé dans la banque Volkswagen. Pour économiser au maximum le carburant les ingénieurs allemands ont amélioré sensiblement les réglages d’injection  de suralimentation et de refroidissement. De plus, le système Stop and Start est intégré sur notre véhicule d’essai.

Nous voilà donc partis. Notre recherche préalable dans le bouquin d’utilisation, nous a permis de renvoyer les informations de navigation sur un petit écran bien visible juste dans l’axe de vision entre les deux compteurs ronds.

Très vite nous apprécions un moteur vif, qui respire bien et envoie une bonne puissance, surtout sur les premiers rapports de boîte. On dispose d’un bon couple de puissance dès 1750 tours/minute. C’est plaisant mais également assez sonore. Croyant sans doute que je recherche à conduire de manière exclusivement économique, le système d’information m’incite à passer le rapport supérieur alors que je veux pousser un peu le régime sur un rapport inférieur, justement. Quand j’écoute la conscience verte qui m'a incité à monter rapidement les vitess des, immédiatement après ou presque,  je dois rétrograder car les rapports 4, 5 et 6 étant très longs, dès que l’on soulage un peu l’accélérateur on se doit de relancer la mécanique. Sur route, pour jongler entre les limitations : 90-70-50, j’en viens à rêver de la boîte automatique, tant j’en ai assez de devoir en permanence être obligé de jouer du le levier de vitesses. Comme quoi, les meilleures intentions (d’économie), peuvent être ennemies du bien… (être) du conducteur.

Sur autoroute, les choses vont différemment, heureusement !  

D'une manière générale, au plan directionnel et de la tenue de route avec cette traction avant, tout se passe pour le mieux. Avec son empattement généreux, une direction précise bénéficiant d’une assistance bien dosée et une suspension avant  du type Mc Pherson, l’Octavia s’avère agréable à conduire. Le freinage (4 disques dont les 2 avant ventilés) ne souffre pas de critique et, même avec  l’auto bien chargée, nous sommes toujours en totale confiance. Nous deviendrons beaucoup plus critiques pour évoquer les défauts d’insonorisation et l’inconfort –surtout aux places arrières- généré par les suspensions.  

L’équipement en pneus «verts » sur des jantes de 17 pouces a peut-être une petite responsabilité dans  le fait que la moindre imperfection de la route soit transmise et répercutée au volant et ressentie, souvent sèchement, par tous les passagers de la voiture.

Sans aucun doute les questions d’amortissement n’ont pas été travaillées avec la même maîtrise que chez VW. Je ne parle même pas de suspension pilotée mais ici, le train arrière a fait l’économie des multi bras pour retenir  une simple traverse déformable et, le résultat s’avère calamiteux pour le dos des passagers. 

L’intention, louable à priori, de diminuer la masse roulante (1350 kilos à vide), pour économiser l’énergie  s’est sans doute opérée en grande partie au détriment de l’insonorisation, si bien que les bruits de roulement et d’air, conjugués à ceux du moteur, finissent par lasser. 

Les performances intrinsèques évoquent une vitesse maxi de 218 km/h et un zéro à cent en 8,6 secondes. Du point de vue de la consommation, nous ne sommes pas rentrés dans les clous des normes d’homologation et,  avec 6,3 litres,  avons dépassé de près de  2 litres la consommation mixte annoncée. Les émissions polluantes sont bien maîtrisées grâce au filtre à particules, de série sur le  modèle testé.

A l’heure du bilan, il faut bien reconnaître que nous avons été étonnés de disposer d’une voiture aussi vaillante et vaste, très  bien équipée pour un prix aussi bas (moins de 30.000 €uros) avec un bonus/malus neutre. 

L’intérieur un peu strict, les plastiques un peu durs, l’insonorisation un peu faible et les suspensions un peu… trop raides,  conjugués à une sécurité active et passive de premier plan et des performances de bon aloi, nous ont conduits à attribuer collectivement un 13/20 à cette Skoda Octavia TDI 150. 

Alain Monnot

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