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Essai Alfa Romeo Giulia 2020 : Quoi de neuf… Maestro ?

Si depuis plusieurs dizaines de mois, les clients se tournent vers les SUV, il y a une marque qui continue à vouloir produire une berline à fort coefficient émotionnel. Cette marque est italienne et sent bon le trèfle parfumé. Oui, je cause bien d’Alfa Romeo et de sa dernière mouture de Giulia.

Me voici, accompagné du grand Étienne, avec les clés de l’Alfa Romeo Giulia Diesel Veloce année modèle 2020. Mais… que nous propose de neuf cette berline ?

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Alfa Romeo Giulia, la storia !

Alfa Romeo produit encore sa Giulia sur le sol italien. Pour être plus précis, elles sortent des chaînes de montage de Cassino. Une ville qui se situe à mi-chemin de Rome et de Naples. C’est la preuve que cette Giulia est toujours une Italienne, avec une conception dans les bureaux de Milan et un assemblage en plein cœur du pays.

Pour nous faire vivre la Dolce Vita, Alfa Romeo nous a conviés à prendre le volant d’une Giulia Veloce Diesel Q4 dans les Pouilles. Vous savez, c’est le fameux « Talon de la Botte ». Cette région magnifique est une sorte de bande de terrain qui s’étend vers la mer avec différentes sortes de plages à l’eau d’une couleur bleu intense et des côtes rocheuses taillées par des siècles d’érosion.

Revenons à notre bella macchina. La Giulia, c’est la berline sportive du groupe Fiat. Elle passe à une nouvelle phase de son développement avec le millésime 2020. Mais que nous ont-ils concocté, ces « ritals » ?

Nouvelle Giulia millésime 2020…

Bon, qui dit mise à jour, dit généralement son lot de nouveautés stylistiques.
Alors quoi de neuf ?
La calandre… non.
Les optiques… non.
La signature lumineuse… non.
Le dessin des boucliers… non plus.
Les feux… toujours pas.
L’habitacle… oui, un peu.

Vous l’aurez compris, pour différencier, la Giulia 2019 et la 2020, il faudra se rendre à son bord et être un spécialiste du modèle. Ici, pas de révolution esthétique. Que des ajustements de matière. Bon, il y a tout de même un nouveau levier de vitesse avec le drapeau tricolore à sa base, une console centrale complètement redessinée pour accueillir des compartiments de rangement et la recharge sans fil.

Juste au-dessus de cet ensemble, la Giulia propose de série un écran tactile de 8,8 pouces. Les concepteurs du système ont, par ailleurs, entièrement revu sa présentation avec des graphismes basés sur des widgets. L’utilisateur peut créer sa propre page d’accueil. Un simple défilement horizontal permet d’accéder aux paramètres de la radio, des médias externes, du téléphone, du GPS, de la climatisation, de l’Alfa DNA ou des systèmes d’aide à la conduite autonome (ADAS).

N’oublions pas non plus le volant. Il mérite de s’y attarder un chouïa. Sportif dans ses gênes avec ses trois branches, il met en évidence le bouton « START », un peu à la façon d’une Ferrari. Son dessin évolue également pour pouvoir accueillir les nouvelles fonctions de la conduite autonome.

C’est d’ailleurs la même chose pour l’écran TFT, derrière le volant, encadré de part et d’autre par les compteurs à aiguilles. Celui-ci mesure désormais 7 pouces de diagonale pour s’adapter aux paramètres de la conduite semi-autonome. Parlons-en de ses systèmes d’aides à la conduite, les fameux ADAS.

Conscient de son retard technologique, Alfa Romeo a fait appel à l’équipementier BOSH pour combler son retard. Et il faut dire que les ingénieurs teutons savent y faire. Aujourd’hui, la Giulia est une voiture semi-autonome de Niveau II. Avec son régulateur autoadaptatif, elle garde ses distances. Avec le maintien dans la voie, elle reste bien au centre de sa route alors que les autres systèmes surveillent ses alentours et vont même jusqu’à freiner pour vous afin d’éviter tout accident. Bref… ils fonctionnent bien, et placent l’Alfa au niveau des meilleures.


Essai Giulia Veloce Diesel my 2020

Notre Giulia à l’essai est une Veloce. Si cela ne vous dit rien, comprenez que c’est une sorte d’intermédiaire sportif entre les Giulia ordinaires et la furieuse Quadrifoglio et son V6 Ferrari. Sous le long capot moteur, les motoristes proposent au choix un quatre cylindres turbo à essence de deux litres développant 280 ch et un 2.2 turbo diesel également à 4 cylindres. Lui, il se « contente » de 210 canassons.

Par contre, les deux versions s’habillent avec allure. Elles sont pourvues d’un kit carrosserie intégrant un bouclier avant enveloppant et largement percé d’écopes d’air, alors qu’à l’arrière le diffuseur et les sorties d’échappement dévoilent les prétentions sportives de la chose. Le profil est magnifié par des jantes de 19 pouces, des étriers jaunes (en option) et l’inscription « Veloce » sous le montant A.

Une Giulia Veloce, ça se conduit, et dans notre cas, on prendra en main le 2.2 litres diesel. Certes, il n’offre pas autant de chevaux que la version essence, mais les 210 chevaux sont accompagnés par 470 Nm de couple présents dès 1 750 tr/min. D’après la fiche technique, cette belle bleue passe de 0 à 100 km/h en 6,8 secondes, alors que la V-Max culmine à 235 km/h. Si nous sommes à bord d’une traction intégrale, les ingénieurs l’ont dotée d’un caractère joueur en privilégiant la propulsion. Le train avant ne récupère du couple qu’en cas de perte d’adhérence.

Et croyez-nous, les ingénieurs ont réussi leur travail. La force de traction est excellente avec des vitesses de passage en courbe complètement jubilatoire. C’est simple, le système envoie la puissance sur le train arrière en ligne droite, remet des watts à l’avant pour stabiliser l’engin lorsque le train arrière commence à se dérober, et là, un simple contre-braquage permet de rester sur sa trajectoire. Virage après virage, on la prend en main et les commissures des lèvres montent irrémédiablement.

Que faut-il savoir de plus sur la Giulia Veloce Diesel ?

La boîte de vitesses ? C’est plutôt bien fait. Les 8 rapports passent d’une façon efficace en mode « bon père de famille » et rapidement avec le couteau entre les dents. Les palettes, bien que fixées sur la colonne, sont très agréables à utiliser.

L’amortissement ? C’est raide ! Même si cette Veloce encaisse correctement les « cratères » des routes défoncées du sud de l’Italie, l’ensemble manque de ouaté pour vraiment apprécier les voyages. Par contre, lorsque le ton se fait plus sportif, elles annihilent le moindre roulis.

L’espace à bord ? Autant vous le dire tout de go, l’espace à vivre n’est pas sa première qualité. Si on est bercé par une ambiance un brin austère, le volume n’est pas pléthorique. Certes, c’est suffisant pour un couple et deux enfants, mais clairement chiche si vous invitez 4 Néerlandais à bord. La soute à bagages est, avec 480 litres, dans la moyenne.

Le tarif ? C’est plutôt costaud. La Veloce est vraiment bien pourvue de série avec la belle sellerie sport en cuir, les feux à LED, la climatisation automatique bizone, les fameuses ADAS, mais les 55 500 € demandés par Alfa sont tout de même une somme. N’oublions pas non plus que ce diesel réclame en moyenne 7,5 litres en conduite douce et plus de 13 litres lorsque le pilote se prend pour « Sebastien Loeb » dans les routes de l’arrière-pays d’Alberobello.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
3 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
2 / 5
Confort
2 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • - Style ravageur
  • - Les aides à la conduite
  • - Tenue de route sportive
  • - Confort trop sec
  • - Habitabilité moyenne
  • - Tarif calqué sur les Allemandes

Conclusion:


La nouvelle Giulia, année 2020, n’est décidément pas une perfection. Sur le plan pratique et du confort, la belle Italienne laisse encore à désirer. Mais si, dans les années-modèles précédentes, elle marquait le pas sur les systèmes d’aides à la conduite, elle comble désormais le trou qui la séparait des dernières berlines sportives du segment.

Mais une voiture, cela s’achète surtout avec le cœur. Et c’est bien ici que l’Italienne prend tout son sens. Son style ravageur, ses prestations dynamiques un brin joueuses et sa rareté sur la route font de cette Giulia Veloce un mets de choix… Bon en même temps c’est un Alfiste de cœur qui vous dit cela