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Essai Jaguar i-Pace : la voiture électrique, c’est aussi du sport !

Il y a des routes pas comme les autres et dans le sud des Alpes françaises, il y a un col… que dis-je un mythe qui fait frémir tous les amoureux de virolos. Je parle de l’immortel col du Turini et de la route qui relie Lantosque, dans la vallée de la Vésubie, à Sospel, dans la vallée de la Bévéra. Jaguar m’a offert l’opportunité d’affronter cette spéciale de rallye, mais pas n’importe quand, ni avec n’importe quoi.

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L’aventure commence ce 9 mai dernier.

Dans la capitale, des trombes d’eau inondent la chaussée et la température a bien du mal à grimper au-dessus des 10 °C. Bien heureusement pour moi, dans mon agenda, marqué en gros et en rouge, je me dois de prendre un vol pour notre belle côte azuréenne. Ni une ni deux, mon bagage est ficelé avec assez de linge pour passer 4 jours sous le soleil du SUD. Mais ne croyez pas que je narre mes dernières vacances… non, bien au contraire puisque la firme britannique m’a concocté un programme électrisant.

Jaguar et le passage à l’électrique

Arrivé à l’aéroport de Nice, me voilà accompagné par de gentils organisateurs du groupe Jaguar Land-Rover vers le parking VIP de l’aéroport. Après une bonne dizaine de minutes de marche, à faible cadence toute fois, me voilà devant ma belle. Il s’agit de la première voiture 100 % électrique de Jaguar, l’i-Pace.

Cet engin mesure 4,68 m de long, pour 1,90 m de large et 1,57 m de haut, ce qui le rend très proche du SUV F-Pace qui, lui, ne dispose que de moteurs thermiques. Car le Jaguar i-Pace dispose non pas d’un, mais de deux moteurs électriques. Un sur chaque essieu qui cumulent 200 chevaux chacun. Soit une cavalerie totale équivalant à 400 pur-sang pour 696 Nm de couple disponible sur les 4 roues. Les promesses de performances sont alléchantes. Jaguar annonce un TOP 100 exécuté en 4,8 secondes alors que la vitesse de pointe est limitée électriquement à 200 km/h pour sauvegarder l’autonomie de la batterie au lithium-ion.

D’ailleurs, cette batterie est la clé de voûte de l’i-Pace. Elle dispose d’un nombre de cellules assez conséquent pour proposer une capacité de 90 kWh. En consommation normée, ce SUV électrique est donné avec une autonomie de 470 km. Du bel ouvrage pour un engin de 2,2 tonnes !


i-Pace et son habitacle

Clé en main, je me jette dans le cockpit. L’habitacle a été conçu pour libérer autant d’espace intérieur que possible. À l’avant, c’est clairement assez spacieux et confortable pour accueillir les plus grands d’entre nous. Mon mètre quatre-vingt est franchement à son aise surtout avec les sièges sport, issus de la F-Type, proposés en option.

À l’arrière, c’est aussi vaste que dans la limousine de la marque. On se croit littéralement à bord d’une Jaguar XJ sauf que les matériaux d’excellente facture sont tout de même un chouïa moins noble. La soute à bagages propose un volume de 656 litres auquel il convient de rajouter un compartiment de rangement de 27 litres à l’avant. Celui-ci sera surtout utilisé pour le câble électrique.

En voiture moderne, l’i-Pace ne dispose pas d’un, mais de 3 écrans. Le premier est derrière le volant. Il remplace les compteurs à aiguille. Sur la console centrale « flottante », en voilà deux autres. L’écran inférieur commande la climatisation, alors que le second sert pour le multimédia.

En route avec la Jaguar i-Pace !

Aujourd’hui, pas de folies. Le programme m’emmènera directement au Sofitel de Monaco pour une bonne nuit de repos. Car c’est demain que les choses se passent. Mais revenons à notre affaire. J’ai une boucle d’un peu plus d’une centaine de kilomètres à faire. De quoi essayer cette machine électrique comme le commun des mortels.

Le silence à bord est bluffant. On entend à peine les sifflements des moteurs en ville. Par contre, à chaque pichenette sur la pédale de droite, la JAG vous colle au siège et laisse sur place n’importe quel objet roulant. Ce phénomène est dû aux moteurs électriques. Ils délivrent, sans perdre un centième de seconde, leur couple maximal et comme il n’y a pas de boîte de vitesses, l’i-Pace n’est pas affublé d’une rupture de couple entre chaque changement de rapports.

Mon dos est quant à lui bien sauvegardé. Il faut dire que la suspension pneumatique adaptative, en option, gomme les aspérités de nos rues bien dégradées.

Sur route, je me laisse porter par la machine qui déroule moins vite ses kilomètres que ceux de son autonomie.


En piste avec la Jaguar i-Pace !

Le lendemain, à 5 h 30, l’alarme de mon smartphone coréen se met à chanter. Il est temps de soulever ses paupières pour se rendre, à moitié somnolent, à la douche. Les minutes passent tellement vite que je n’ai pas le temps de prendre quoi que ce soit au restaurant pour le p’tit-déj.

Ma belle blanche est déjà prête. Nous avons rendez-vous à 8 h 30 sur le col du Turini avec les équipes de Jaguar i-Pace Trophy qui ont réussi à fermer cette route de rallye mythique du Monte-Carlo en préambule de l’e-Prix de Monaco. Moi je n’aurai qu’à m’insérer entre deux remontées pour savoir ce que cette JAG électrique a dans le ventre.

8 h 10. Dans 15 minutes commence l’opération. J’ai donc quelques minutes pour tailler la discussion avec les Anglais. J’apprends ici que leur bolide n’est pas si différent du mien. La base est techniquement le même. À savoir : la batterie de 90 kWh et les deux moteurs électriques cumulant 400 chevaux. La différence se jouera sur des freins légèrement revus et surtout un habitacle épuré au maximum pour gagner un peu plus de 200 kilogrammes sur la balance. Le chrono tourne et il me faut me vêtir de la combinaison.

Une sirène sonne. Les commissaires ferment la route. Les ingénieurs de l’i-Pace Trophy font leurs derniers réglages et Mitch Evanq met son casque.

Avant de me lancer à l’assaut du goudron, les officiels me demandent de monter en passager avec le pilote. Je ne me fais pas prier, car ce « tour de chauffe » me permettra de m’imprégner de la trajectoire.


La Jaguar i-Pace sur le Turini

Enfin… me voilà devant le décompte à bord de ma Jaguar électrique de série. 3… 2… 1… plein gazzz… euh… non plein jus. La cavalerie passe directement sur le tarmac. Le temps de réponse est immédiat et il me plaque contre mon siège sans interruption. Il me faudra attendre le premier virage à droite pour interrompre le phénomène. Le freinage est d’ailleurs assez costaud et progressif pour ressentir le transfert de masse et garder assez de freins pour pivoter sur l’e train avant phénoménal. En même temps, celui-ci est issu de la banque d’organes du coupé F-Type. Une gageure de performance !

Virage passé et c’est reparti. Le silence avec lequel accélère l’i-Pace est surprenant. En conséquence, Jaguar a développé un bruit d’accélération spécifique pour mieux appréhender la vitesse. Car il est vraiment compliqué de la gérer sur ses premiers tours de roue. Parfois, j’arriverai un brin trop vite et serai obligé de piler au maximum sur les Brembo pour ne pas descendre la montagne sur le capot.

Cela fait déjà 3 minutes de montée et je la comprends de plus en plus. J’arrive même à faire glisser le popotin de l’i-Pace en sortie de virage, car à chaque réaccélération forte, le contrôle de traction pousse au maximum sa puissance sur le train arrière.

Elle est vraiment joueuse maintenant ! Je l’ai compris et mon deuxième et dernier passage ne sera qu’arrière-train en glisse, train avant pivotant sur lui-même et freins en feu passé la ligne d’arrivée qui m’obligera à partir tout de go sur une descente évitant d’utiliser les plaquettes…

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
5 / 5
Habitabilité
5 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
3 / 5
Confort
3 / 5

Verdict

  • - Performance du train avant
  • - Tempérament joueur de l’arrière
  • - Espace intérieur digne d’une limousine
  • - Les suspensions pneumatiques confortables
  • - Attention à la conso en mode sportif…
  • - … et sur autoroute (environ 330 km
  • - La problématique de la recharge
  • - Une voiture électrique est-elle écologique ?

Conclusion:


Si jusqu’à aujourd’hui la voiture électrique était pour moi un moyen de se déplacer sans émission de gaz à l’échappement, grâce à Jaguar et à son i-Pace, je sais maintenant que les ingénieurs sont capables de rendre ce mode de propulsion enthousiasmant.

C’est d’ailleurs ce dont je vais pouvoir me rendre compte les jours suivants. Car, cerise sur le gâteau, la firme m’invite à suivre leur Formule 1 électrique sur la route du circuit de Monaco.