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Essai Nissan Leaf e+ : une autonomie à la hauteur de la compacte

Désormais passée à la seconde génération, la plus populaire des voitures électriques se fait rattraper par la concurrence. Pour rester dans la course à l’autonomie, elle se décline en version e+ à 62 kWh. Une version qui nous a été confiée en grande première par Nissan dans le cadre du – chaotique – ePrix de Paris.

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La même, en mieux

Apparue en 2010 avec une batterie d’une capacité de 24 kWh, la Nissan Leaf a connu une lente mutation. Avec la deuxième génération, arrivée il y a un peu plus d’un an, la compacte avance une capacité de 40 kWh. Une valeur plus en phase avec la polyvalence suggérée par ses 4,80 mètres de long. Mais pour continuer sa course dans un paysage électrique en transformation, avec notamment l’arrivée de Coréennes généreusement dotées, la Japonaise gagne une batterie de 62 kWh, avec la Nissan Leaf e+.

Cette nouvelle déclinaison ne se distingue pas de la Nissan Leaf que nous connaissions jusqu’à présent, toujours disponible au catalogue de la marque. Seuls les plus habitués reconnaîtront l’apparition d’un fin spoiler avant bleuté permettant de maîtriser la performance aérodynamique, légèrement sacrifiée par la hauteur de caisse rehaussée de 5 mm. Car sous sa coque qui demeure inchangée, la Nissan Leaf e+ s’équipe d’un pack de batterie plus gros de l’ordre de 25 mm, composé de 288 cellules au lieu de 192. L’ensemble a aussi été repensé, avec plusieurs modules plus espacés les uns des autres. Cette organisation offre une répartition plus homogène des 137 kg de batterie en plus, mais améliore aussi le refroidissement passif de la Nissan Leaf.


Une autonomie qui dépasse les 300 km

Si le constructeur annonce une mise à jour du software pour la version à 40 kWh afin d’améliorer cette sérieuse ombre au tableau, la solution hardware s’est révélée tout à fait satisfaisante durant cette première prise en main au lendemain du ePrix de Paris. Après une mise à l’épreuve d’une centaine de kilomètres sur l’autoroute à une vitesse stabilisée de 130 km/h, la Nissan Leaf e+ n’a jamais avoué de faiblesse thermique : la jauge de température n’est pas montée dans la zone rouge, n’impactant alors ni la puissance délivrée ni celle de la recharge sur borne publique : le dispositif CHAdeMO installé sur un parking Auchan affichait une valeur de 39 kW, sur les 50 kW de capacité totale.

Avec la grosse batterie de 62 kWh, la Nissan Leaf se montre plus polyvalente, mais aussi plus gourmande. Ainsi, sur autoroute à la vitesse légale maximale, la consommation s’est établie autour de 26 kWh/100 km. Une moyenne qui, naturellement, a été rattrapée sur les douces routes nationales autour de Compiègne. La récupération d’énergie au freinage et l’efficacité certaine du système e-Pedal (la puissante décélération demande accoutumance, comme sur la Nissan Note e-Power japonaise) a permis d’envisager la suite du parcours sans une once d’arrière-pensée, et ce malgré une exploration du potentiel mécanique de la compacte.


Car si la Nissan Leaf e+ annonce une plus grande autonomie, elle se présente également avec un moteur électrique de 217 ch pour 340 Nm de couple. Une dotation bienvenue qui permet de disposer de relances confortables pour les phases de dépassement. Sauf sur routes mouillées, où les pneus Dunlop Enasave EC300 de première monte se retrouvent dépassés par l’afflux de couple. La masse pondérale supplémentaire de cette version n’entache pas les qualités dynamiques déjà connues sur la compacte, avec un amortissement confortable, une bonne tenue de route et un silence de fonctionnement très satisfaisant. En revanche, la position de conduite est toujours aussi étonnante avec un volant trop bas et/ou une assise trop haute.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
4 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
2 / 5
Confort
4 / 5

Verdict

  • - Autonomie confortable
  • - Système e-Pedal efficace
  • - Reprises satisfaisantes
  • - Prix
  • - Adhérence des pneus sur le mouillé
  • - Réglages limités du volant

Conclusion:


Avec sa batterie de 62 kWh, la Nissan Leaf e+ est armée pour se frotter à la concurrence, les deux crossovers coréens en tête. Si ces deux derniers semblent clore le débat de l’autonomie à leur avantage, la voiture électrique de Yokohama n’a pas à rougir avec ses 385 km d’autonomie sur un cycle WLTP. Dans les conditions de notre essai sur un trajet de 250 km, elle a avoué une consommation moyenne de 20,7 kWh/100 km. La Nissan Leaf e+ est donc capable de tenir une moyenne de 220 km sur autoroute et près de 330 km sur le réseau secondaire. Un champ d’action qui la placerait en concurrence directe avec l’Opel Ampera-e, toujours absente du catalogue en France.

La Nissan Leaf e+ permet d’envisager des longs parcours sans craindre la panne sèche où une interminable attente à une borne de recharge. Un confort d’utilisation qui a toutefois un prix. Avec une rallonge tarifaire de 5 300 euros par rapport à la Nissan Leaf 40 kWh, la e+ grimpe au prix de 45 500 euros en finition haut de gamme Tekna. C’est tout juste 3 100 euros de moins qu’une Tesla Model 3 à l’image de marque plus distinguée.