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Essai Opel Crossland X Turbo D 120 : apprentissage de la patience

Le petit SUV urbain d’Opel vient se positionner sur un segment très concurrentiel et pour cela il s’arme d’une des meilleures plateformes du marché, celle de la Peugeot 2008. Alors, simple Française recarrossée ou vraie Allemande ? Réponse avec cet essai d’une semaine de l’Opel Crossland X équipé du diesel de 120 ch.

+ de photos Opel Crossland X 120

Peugeot 2008, Citroën C3 Aircross et Opel Crossland X. Voilà les 3 modèles reposant sur la même plateforme du groupe PSA et chacune doit trouver sa place et proposer une offre sérieuse. Esthétiquement, pour commencer, chacune se distingue par un style propre à chaque marque avec une bouille sympathique pour la Citroën tandis que l’Opel fait preuve de plus de germanisme dans ses lignes. Nous retrouvons ainsi des flancs sculptés, une ligne de caisse haute et un avant aux airs sérieux. L’arrière semble un peu torturé entre les feux très hauts qui viennent s’insérer de profil entre la ligne de toit chromée et celle de caisse.

L’Opel reprend tous les codes du baroudeur urbain avec les plaques de protection avant et arrière, des barres de toit ainsi que des parties basses (boucliers, bas de caisse, arches de roues…) en plastique noir. La marque n’oublie pas de proposer un toit de couleur contrastante qui peut casser un peu l’effet très haut du véhicule (1,61 mètre). Sur notre modèle d’essai, le toit noir brillant contraste nettement avec la carrosserie blanc Glacier brillant.

Habitacle et équipements

L’intérieur fait la part belle à l’espace et au confort, à commencer par le coffre correct pour la catégorie puisqu’il propose un volume de chargement de 410 litres extensible jusqu’à 1 255 litres en rabattant la banquette 60/40. Les places arrière permettent d’emmener deux adultes de taille moyenne tandis que la place centrale est à réserver au cas de force majeure ou aux jeunes enfants.
Intérieur Opel Crossland X
Les passagers avant sont bien lotis avec des sièges AGR (association pour la santé du dos) au bon accueil, mais qui manquent légèrement de maintien latéral. De prime abord, ils semblent un peu trop fermes, mais après de nombreux kilomètres et de longs trajets, ils ne souffrent plus la critique tant il préserve effectivement le dos.

L’austérité qui a souvent été critiquée chez Opel cède lentement sa place à des intérieurs plus chaleureux. Ici, l’ambiance à bord est agréable grâce au grand toit ouvrant panoramique, de série sur notre finition haute Ultimate, baignant de lumière la sellerie mixte Morrocana Florey aux accents d’orange et de coutures jaunes.

Côté équipement, cette finition n’est pas avare en proposant le pack Confort (clim auto bizone, accoudoir central…), une prise de 12V à l’arrière, la boîte à gants réfrigérée, le pack City 180° ou encore l’alerte de changement de voie et l’affichage tête haute. Pour finir, nous pouvons compter sur le système multimédia Navi 5.0 IntelliLink avec écran tactile 8 pouces. Ce système d’infodivertissement est également issu du groupe PSA et n’est pas le meilleur de la catégorie en termes de vélocité et d’ergonomie.

L’Opel Crossland X à l’usage

Bien que ces motorisations soient politiquement de moins en moins bien vues, nous avons opté pour cet essai pour un diesel avec le 1,6 litre de 120 ch aux performances décentes avec un 0 à 100 km/h effectué en 9,9 secondes et 187 km/h en vitesse maximale. Malheureusement, nous hésitons facilement à faire appel à cette puissance tant le bruit du moteur à l’accélération est agricole et agaçant à la longue. Heureusement, en conduite stabilisée, cette sonorité disparaît en grande partie, laissant nos oreilles tranquilles. Ce n’est d’ailleurs pas le seul défaut lorsque l’on utilise trop les capacités du moteur brusquement, dans ce cas les 300 Nm de couple ne sont pas pleinement dirigés par le train avant qui nous le fait savoir avec des remontées dans le volant.

Cependant, ça n’a rien de bien dérangeant d’autant que ce besoin urgent de puissance est assez rare en conduite quotidienne. Ce qui est un peu gênant par contre, c’est l’absence totale de réaction du 1,6 litre sous 1 500 tr/min, nous laissant parfois bien démunis et dans l’attente d’une réaction. L’étagement de la boîte est ainsi fait et il faut prendre soin de ne jamais se situer sous ce régime fatidique. A contrario, au-delà, le moteur se montre volontaire et efficace et ne rechigne pas aux dépassements.
Avant Opel Crossland X
La tenue de route demande aussi une prise d’habitude et de la patience. La première impression est une grande prise de roulis, accentuée par le léger manque de maintien latéral des sièges évoqué précédemment, et l’incertitude de la réaction de la Crossland X. Sensation que l’on retrouve également dans la Citroën C3 Aircross. Néanmoins, ce n’est qu’une impression. Si la voiture penche bel et bien d’un côté ou de l’autre, une fois fait, elle trouve d’excellents appuis et l’Opel enchaîne les virages avec tranquillité. Une tranquillité qu’il faudra expliquer aux passagers qui, pour leur part, se sentent tout de même un peu trop baladés.

Côté confort, nous ne pouvons pas reprocher grand-chose à l’amortissement qui effectue un bon travail dans toutes les situations, tout au plus il peut paraître un peu sec en compression sur certains obstacles, mais dans ce cas c’est plutôt la vitesse de passage qui est à revoir.

La Crossland X se place entre la tenue de route dynamique de la 2008 et celle plus calme de la C3 Aircross. Comme cette dernière, elle demande un certain temps d’adaptation pour bien cerner un comportement en fait particulièrement sain. Tout comme pour la tenue de route, la motorisation demande un temps d’adaptation, mais en échange propose des performances décentes et une consommation honnête de 5,4 litres aux 100 km à la fin de notre essai. Néanmoins, cette motorisation est à réserver à l’usage hors villes où un moteur essence plus silencieux sera plus apprécié. Côté tarif, comptez 23 050 € pour une Crossland X Ultimate équipée du 1,6 diesel de 120 ch.

Note : 14/20

Bien vu :
- Confort
- Consommation
- Espace à bord

À revoir :
- Bruit du moteur
- Vide sous 1 500 tr/min

Etienne Roville

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