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Essai DS 3 CrossBack : que du bling-bling ?

« Oh, elle est magnifique ! » s’exclame un jeune garçon ébahi par l’approche surprise en entrée de rond-point de la nouvelle DS3 CrossBack. Il faut dire que depuis notre départ, elle attire les regards. Pardon – il – attire les regards ! Car, cinq ans après son lancement à Genève, DS essaye de « viriliser » son automobile, dorénavant ne dites plus « une DS3 », mais « un » DS3 puisqu’il s’agit d’un SUV.

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Au-delà de son charisme certain, c’est son look atypique qui interloque bien du monde. En témoignent ces étudiants en art avec leur pochette de dessins qui se sont retournés à maintes reprises pour analyser les codes stylistiques de l’auto ou encore ce livreur – déterminé à troquer son X3 pour notre DS3 – qui a remonté tout un col de montagne afin de nous demander s’il existait en « version 4x4 ». La réponse est non !

Le nouveau DS3 CrossBack avec sa posture robuste, son style spectaculaire et son gabarit large et imposant se destine aux clients « à la recherche d’hédonisme et de raffinement ». En matière de finition bling-bling, ces messieurs seront servis avec l’emblématique finition bracelets, les surpiqûres et l’usage de quelques « matériaux nobles » qui viennent parachever l’univers DS.


La marque premium de PSA dont la ligne directrice a pour essence la « distinctive série » révèle de nombreuses subtilités artistiques. Il y a d’abord les proportions, avec ses énormes roues, sorte de « forme assez sèche et brute qui vient briser subtilement la forme générale du véhicule » ce qui lui confère agilité et robustesse.
Ensuite, cette volonté de DS de se rapprocher le plus du luxe à la française, notamment avec une calandre forgeant une identité plus incisive et invoquant de nombreux codes qui se dessinent à travers « la découpe des phares qui utilise également cette forme brisante toujours à la lumière du logo », analyse Pierlouis Clavel, étudiant aux Beaux-arts de Paris.

J’avoue, c’est quelque peu surprenant de voir des poignées de portes en flèche qui ressortent des portes à chaque approche. On a envie de les remettre à l’intérieur de la porte pour préserver cette sensation de pureté et l’harmonie artistique où rien ne dépasse dans ce DS 3 CrossBack.

Du côté des équipes chez DS, on est pas peu fiers de ce nouveau bébé au moteur 3 cylindres 1.2 l essence 155 ch puretech qu’on érige immédiatement au rang de Q2. Car ce DS inaugure par la même occasion une nouvelle plate-forme CMP que l’on retrouvera très prochainement sur les 208 et 2008. Sur route, l’on apprécie le châssis bien suspendu, pas trop tendu, et la direction est assez ferme.


Le levier de vitesses a un je ne sais quoi de déjà vu, sur la Peugeot 508, notamment. Même si la boîte se révèle parfois lente, on apprécie le confort des suspensions, et l’on ne ressent guère de fatigue à son bord lors de longs trajets sinueux, sans doute grâce aux sièges et au confort feutré.

L’on retrouve le côté égoïste propre à PSA où le conducteur se retrouve surclassé en « Première » avec le tout électrique, d’où le nom de la finition, tandis que le passager, lui, devra faire à la main…

Faire bien, certes, mais attention à ne pas tomber dans le surdesign pédant avec ce piano noir laqué et ces plastiques. Ça en jette de loin, mais à bien y regarder, ces gros boutons voulus être originaux sont à la limite du mauvais goût, tout comme ces aérateurs sur les portes… on apprécie l’intention, mais ça fait vraiment trop.

Tout ceci aurait pu faire la recette parfaite d’un SUV premium si DS n’avait pas recyclé ses commodos d’époque, ici avec ceux qu’on avait déjà connus sur la 206…
De surcroît, les commandes des vitres situées sur la console centrale ne sont vraiment pas intuitives. Il vaut mieux s’y habituer, au risque d’activer le frein à main électrique comme j’ai pu le faire, en pleine course, voulant ouvrir la fenêtre.

Performance


Performance
3 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
4 / 5
Consomation
4 / 5
Prix
3 / 5
Confort
3 / 5
  • - Son côté arty
  • - Le système sonore Electra Focal
  • - L’expérience client privilégié
  • - La visibilité avec le montant arrière
  • - La clé qui a été complètement négligée
  • - Les commodos de la 206

Conclusion:


Car il ne suffit pas de soigner l’enrobage en mettant en scène du « show » dans une publicité où l’on placerait l’auto devant la pyramide du Louvre, mêlant un gloubi-boulga d’amalgames sur le fashion et de faux-semblants qui risquent d’être en inadéquation avec le type de clientèle visée. En l’occurrence, une clientèle des plus aisée, pour ne pas dire fortunée, qui risquerait d’avoir un coup d’œil trop exigeant eu égard le résultat final que l’on retrouve dans ce DS 3 CrossBack. Comme quoi, il ne suffit pas de placer l’auto devant le Louvre pour faire croire que c’est de l’art.