logo La revue auto

Essai Skoda Kodiaq RS : un nouveau menu sur l’Eau Rouge ?

Alors que l’usine de Kvasiny vient à peine de délivrer les premiers modèles aux clients, il est enfin temps pour notre rédaction de prendre le volant du tout nouveau Skoda Kodiaq RS.

Évidemment, on aurait pu se contenter d’un essai sur Autobahn pour flirter avec sa vitesse de pointe de 221 km/h. Mais au lieu de cela, et avec la complicité de Skoda France, nous nous sommes rendus dans le temple de la vitesse, le circuit de Spa Francorchamps.

Voir la galerie photo

Skoda Kodiaq RS : l’entrée !

Vers fin septembre 2018, j’ai eu, avec mon acolyte Étienne, le privilège de découvrir en avant-première, la version pimentée du très sage et familial SUV à 7 places, le Skoda Kodiaq RS.

En véritable exclusivité, il n’était pas question pour la marque de nous délivrer son premier exemplaire dans un endroit ou des chasseurs de scoop pouvaient se tapir dans l’ombre. Alors, après de longues heures de négociations et de tractations, Skoda nous ouvrait les portes d’un studio top secret dans la banlieue de sa capitale, Prague.

Sur place, des ingénieurs m’expliquaient que sous son capot moteur se cachait le plus puissant diesel jamais monté sur une Skoda. En effet, le 4 cylindres de 2 litres gavé d’air par un double turbocompresseur offre 240 chevaux et un couple « camionesque » de 500 Nm. La cavalerie passe sur les quatre roues grâce à une transmission 4x4 et une boîte de vitesses automatique DSG à 7 rapports.

Les résultats ? Le Kodiaq RS accroche les 221 km/h et se tape un 0 à 100 km/h en 6,9 secondes.

J’allais oublier ! Le châssis renforcé reçoit l’aide de suspensions pilotées qui lui offrent toute une gamme de prestations dynamiques allant de la suspension chamalow pour le confort en ville à la suspension en béton pour maîtriser le roulis en virage à haute vitesse.

Cette recette mécanique n’est ni plus ni moins que le « recordcar » du Nürburgring… dans la catégorie des SUV à 7 places, qu’il vient de créer. Pour établir le temps de 9 min 29 s 84, Skoda a fait appel à la pilote Sabine Schmitz. Une experte de l’enfer vert puisqu’elle compte pas moins de 30 000 tours sur cet asphalte teuton.

Bon, ok… un pilote est capable de tirer la quintessence de ce SUV. Mais Monsieur Tout-Le-Monde, il fait quoi avec ce Kodiaq RS ?


Skoda Kodiaq RS : le plat !

Pour répondre à la question posée plus haut, nous nous sommes rendus avec Julien (photographe de son état) à Bruxelles. Ne vous inquiétez pas, La Revue Automobile ne fait pas du lobbying pro voiture à la commission. Nous avons déjà fort à faire avec nos dirigeants politiques qui dégainent chaque jour des incohérences sur notre sujet. Non… nous étions là-bas pour récupérer un Kodiaq RS que la firme tchèque nous avait mis à disposition pour cet essai un peu original.

Clé en main, on se dirige vers le parking. Et la bonne surprise c’est que nos hôtes ont réussi à nous mettre à disposition un modèle revêtu de cette belle teinte bleue. La même que j’ai eu l’occasion d’apprécier lors du shooting photo dans le studio.

Avant de partir à l’assaut des embouteillages bruxellois, on profite de quelques minutes pour faire le tour du proprio. Tout comme la présérie vue en studio, ce Kodiaq RS ne joue pas trop des muscles question style. On notera surtout les jupes avant et arrière sport, la calandre noir glose et la bande réfléchissante qui traverse de long en large la poupe. C’est l’un des marqueurs de design de la gamme RS chez Skoda.
On passe dans l’habitacle. Et là, le sport se voit bien plus franchement avec des sièges sport noir logotype RS à surpiqûre rouge. Le volant est gainé de cuir, alors que l’instrumentation passe en tout digital. L’écran peut se configurer à la demande et passer des compteurs à la carte de navigation en deux clics.

Ah, au fait ! Les superbes jantes de 20 pouces qui laissent voir les étriers de freins rouges sont chaussées de pneumatiques Continental hiver. Eh bien oui, ces pneus sont encore obligatoires en République tchèque et notre auto vient directement de là-bas…

Bref… je m’installe à son bord pendant que Julien prépare son gros engin. Je vous vois venir. Je parle de son boîtier et de son 200 mm, pour prendre quelques photos. J’appuie sur « START », et le gros engin se met à chanter… comme un V6… ?

Je contrôle la fiche technique… et c’est bien un 4 pattes carburant au mazout. Nous n’y comprenons rien. Je fais des accélérations et elle chante de plus belle de l’arrière alors que devant, le claquement du TDI est bien présent. Je retourne dans l’habitacle pour enfin trouver, dans le communiqué de presse, la raison de cette mélodie. Le Kodiaq RS est équipé du « Dynamic sound booster ».

Sous ce nom se cache en fait un système amplificateur de basse. Il est installé dans les deux sorties d’échappements. Ce système reproduit les fréquences manquantes du TDI pour produire l’équivalent d’un V6. C’est artificiel, mais cela fait son effet.


Skoda Kodiaq RS : le désert !

Trêve de plaisanterie, nous voilà sortis du parking de la gare pour atterrir directement dans la jungle de la capitale belge. Ça claironne, ça tamponne, ça bouchonne à tout bout de champ. Mais pour nous, le Kodiaq RS reste assez confortable pour profiter de la vie qui grouille autour de nous et du bon son téléchargé la veille sur Deezer et retransmis, via le Bluetooth, sur la sono du SUV. La boîte automatique DSG 7 est comme de coutume douce et la cavalerie ne rechigne pas si le besoin se fait sentir.

Nous sortons de la cité pour atteindre les autoroutes de nos voisins du nord pas vraiment accueillantes. Le bitume est très dégradé, je laisse donc la position « COMFORT » pour protéger nos lombaires. Ici, vu qu’il faut se contenter des 120 km/h en vitesse maximum, j’enclenche le régulateur adaptatif et l’assistance de maintien dans la voie pour en faire le minimum sur plus de 70 km.

Bien heureusement, le programme nous invite à découvrir les petites routes des Ardennes. Du plat monotone, nous passons à la variété de couleurs des champs et des forêts. Ici, les routes serpentent franchement. C’est donc l’occasion de titiller le SUV avec son mode « SPORT ». Les montées en régime gagnent des tr/min, la boîte est plus réactive, la direction plus ferme et précise. Son gabarit n’est parfois pas évident, mais on prend vite l’habitude de celui-ci d’autant que son comportement est très sain. Les quatre roues poussent dans la même direction et un léger lever de pied, en milieu de virage, permet de la faire pivoter sur son axe.

Il est 18 heures lorsque l’Eau Rouge se déploie devant nous pour la première fois. Des M4, 911 GTS, Lotus et autre Mégane RS tournent dans un vacarme spectaculaire.

Nous entrons dans un stand et attendons les consignes. Car oui, on va bien faire le circuit de Spa Francorchamps avec un SUV de 7 places propulsé par un TDI et monté en pneus hiver alors qu’il fait 13 °C.


Skoda Kodiaq RS : la cerise !

Avant de se lancer sur le macadam, les organisateurs nous demandent d’effectuer 3 tours à faible vitesse pour appréhender les courbes. On en profitera par ailleurs pour faire quelques poses sur la piste pour que Julien laisse parler son talent de photographe.

On rentre dans les paddocks. On trépigne sur les dernières consignes du commissaire de piste. On récupère des casques saillants, un talkie-walkie…, on passe le feu vert, pour mettre plein gaz.

Le premier virage est un double droite en épingle. Je patiente à la réaccélération pour ne pas trop allonger la trajectoire. Puis arrive au loin le fameux « pif-paf » de l’Eau Rouge qui nous jette à l’aveugle sur le Raidillon. Ici, on ne doit pas se déballonner, mais passer à fond sans pour autant perdre le train avant sous peine de se retrouver de l’autre côté du circuit, car le gauche peut servir de tremplin. La trajectoire est essentielle et bien marquée sur la piste par les pneus qui usent le tarmac.

On entre à 180 dans la compression qui nous emmène sur le « gauche-droite ». Les pneus commencent déjà à brailler. Le pied est toujours à bloc, jusqu’au fameux virage en aveugle et, comme un bleu, mon pied droit passe, comme par magie, sur la pédale du milieu. Bigre… j’ai joué petit bras.

Les tours s’enchaînent et la maîtrise du SUV se fait de mieux en mieux alors que les pneus allongent clairement les trajectoires en courbes. Il me faut compenser par plus de finesse. Mais mon objectif reste l’Eau Rouge.

Au quatrième passage, pied au plancher, j’exécute enfin la danse de Spa-Francorchamps avec un passage à plus de 190 km/h du raidillon et cela même si l’adhérence du Kodiaq m’emmène flirter avec le rail tout en haut du Raidillon. C’est d’ailleurs un phénomène qui s’amplifie franchement sur le cinquième passage. Plus le choix, je lève le pied pour rentrer au stand.

Le problème ne vient pas de la machine, mais évidemment des pneus hiver. Les structures ont entièrement disparu pour laisser place à des crevasses de gommes pas vraiment coordonnées. Impossible de repartir. J’aurais au moins passé, à deux reprises, et à fond, ce mythe des Ardennes belges.

Skoda Kodiaq RS : l'addition !

Reprenons nos esprits avec son tarif qui débute à 50 940 € et grimpe à 51 920 € pour la version 7 places. À cela il faut rajouter une consommation contenue d’environ 8 litres en conduite de bon père de famille. Un chiffre qui monte à 11 litres à l’attaque sur routes sinueuses et 16 litres sur les 7 kilomètres de Spa-Francorchamps. Des résultats vraiment honnêtes pour un grand SUV tel que lui, et le pire c’est qu’il le fait sans pour autant sacrifier au confort, ni au sport.

Performance


Performance
3 / 5
Tenue de route
3 / 5
Habitabilité
5 / 5
Consomation
4 / 5
Prix
4 / 5
Confort
4 / 5

Verdict

  • - Style sportif réussit !
  • - Combinaison moteur, châssis, boîte
  • - Prix et consommation raisonnable
  • - Pas d'auto bloquant !
  • - Il lui manque 50 chevaux pour affronter les stars

Conclusion:


Skoda Kodiaq RS : le digestif !

Oui, le gentil petit menu que nous propose Skoda, qui de coutume est très rationnel, devient un dîner de soir de fête. La belle robe de soirée ne perturbe pas l’essence même du SUV tchèque qui a su rester très logeable et garder ses bonnes manières à allure de gentille mère de famille.

Certes, il ne chassera pas les chronos, contrairement à ce que veulent nous faire croire les marketeurs de la marque. Mais ses prestations dynamiques en offrent assez pour s’amuser après avoir lâché la marmaille à l’école.