logo La revue auto

Peugeot Fiat : le mariage est annoncé ! Le divorce se prépare déjà !

Depuis ce matin, on sait que les deux groupes, PSA et FCA, viennent de signer un protocole d’accord pour fusionner les entreprises et ainsi devenir le quatrième constructeur automobile mondial en volumes et le troisième en chiffre d’affaires.

Exterieur_peugeot-fiat-le-mariage-est-annonce-le-divorce-se-prepare-deja_0

Les premières infos de la fusion…

Ce protocole d'accord ouvre la voie à une fusion entre les deux constructeurs où les actionnaires des deux groupes se partageraient à 50/50 le capital, au terme de diverses opérations financières, pour former un nouveau géant mondial de l'automobile, sans fermeture d'usine selon eux. 

En tout cas le groupe affichera des ventes annuelles gigantesques avec 8,7 millions de véhicules et un chiffre d'affaires consolidé de près de 170 milliards d’euros. Mais le plus important à court terme ce sont les économies. Et il y en aura puisque selon le communiqué, plus des deux tiers des volumes seront concentrés sur deux plateformes (comprendre la plateforme EMP2 et CMP de PSA), soit 3 millions de voitures petites et moyennes. Les économies réalisées sur les achats représenteront elles aussi 40%, tandis que les 20% restants proviendront des frais généraux.

« La nouvelle entité (car on ne connaît pas encore le nom) aura le leadership, les ressources et la taille lui permettant d'être en première ligne de la nouvelle ère de la mobilité durable », indique le document annonçant la fusion. Il précise que « la réalisation de la fusion devrait intervenir sous 12 à 15 mois. Elle est soumise aux conditions de réalisation habituelle, notamment au vote des actionnaires des deux groupes lors de leur assemblée générale extraordinaire respective et au respect des exigences de la réglementation (lois antitrust et autres). »

Un mariage déjà sous pression !

Alors que ce mariage ne sera effectif que dans un an, voici que tout le monde s’habille d’un parachute pour éviter de se faire spolier. Pour preuve, PSA a imposé qu’aucun actionnaire ne pourra exercer plus 30% des droits de vote dans le nouvel ensemble et donc être majoritaire. Car, rappelons-le, ce sont les Italiens ( la famille Agnielli ) qui domineront avec pas loin du double des parts sur la famille Peugeot. Pourtant, c’est bien PSA qui va "OFFRIR" ses technologies à Fiat pour reconstruire sa gamme de voitures…

Le projet a aussi évolué sur les clauses liant les actionnaires et leurs engagements respectifs. Si les actionnaires de référence actuels de PSA (la famille Peugeot, le chinois Dongfeng, et bpifrance, qui en détiennent 12,23% chacun) seront toujours soumis à des clauses de « stand still » leur interdisant de monter au capital pendant une période de 7 ans après la fusion, la famille sera elle, par exception, autorisée à acquérir 2,5% du nouveau groupe (ou 5% de PSA), en rachetant des titres aux deux autres, mais aussi sur le marché (ce qui est nouveau). Les trois blocs s'interdiront par ailleurs de céder leurs titres pendant 3 ans, à l'exception de Bpifrance qui pourra vendre 2,5% (autre nouveauté). Enfin il a été convenu que le chinois Dongfeng cède des titres avant la fusion, précisément 30,7 millions d'actions, de sorte à ne plus détenir que 4,5% du nouvel ensemble après la fusion.