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Essai Lexus RC F : le paradoxe japonais

Dévoilée dans le cadre du salon de Détroit en 2014, la Lexus RC F est l’itération la plus sportive du coupé japonais. Si elle dispose du V8 le plus puissant développé par le constructeur, la bombe nippone part affronter les Européennes. Nous en avons rencontré un exemplaire chez Monstaka, dans le sud de la France.

+ de photos Lexus RC F Monstaka

Si la marque de luxe du groupe japonais est connue et reconnue pour ses gentilles berlines hybrides, elle est aussi dotée d’un département No Limit, intitulé « F » en référence au Fuji Speedway. On se souvient de l’IS F, la berline des pères déjantés, ou la LFA, l’aboutissement de la sportivité selon Lexus. La RC F vient donc perpétuer cette famille avec des attributs parmi les plus intéressants du marché. Toutefois, comme la plupart des sportives japonaises, la Lexus RC F connaît également une carrière dans le monde de la préparation, que l’on découvre ici chez Monstaka avec un modèle fidèle à la mode en vogue en Floride.

V.I.P Style :
D’un point de vue visuel, la Lexus RC F ne fait pas dans la dentelle avec des lignes extrêmement torturées, la marque de fabrique du constructeur. Alors que certains tuners osent pousser le délire encore plus loin avec des kits carrosserie outranciers, comme Rocket Bunny, Monstaka joue la carte de la discrétion. Le gros coupé japonais reçoit un kit spécifique qui passe par la pose d’une lame avant, de nouveaux bas de caisse, d'un aileron et d'un diffuseur, pour un total de 8 450 €. Les pièces sont réalisées en véritable fibre de carbone, mais attention à ne pas la confondre avec la RC F Carbon proposée par le constructeur, qui permet de réduire le poids de 10 kg mais réclame une rallonge de 12 200 €.

Contrairement à ses concurrentes directes européennes, la Lexus RC F n’est pas équipée d’amortissement piloté. Le système d’origine peut donc être facilement remplacé par des ressorts courts, affichés à 495 €, qui abaissent la voiture de 3 cm à l’avant et de 2 cm à l’arrière. Ainsi équipée, la RC F affiche une prestance bien plus sportive. La plastique peut aussi s’agrémenter de quatre jantes ADV.1 SL SuperLight ADV.15, avec écrous en en titane, directement importées des États-Unis au prix de 9 600 € ! Ce programme esthétique est un léger mélange de JDM américain et de V.I.P japonais, qui ne verse pas dans l’excessif avec des ailerons dans tous les sens ou des roues fluos dans le plus pur style Hellaflush.

L’habitacle ne bouge pas par rapport à l’origine. Une aubaine tant la finition atteint un niveau exemplaire et tant le contenu technologique est complet – une habitude avec le constructeur. Toutefois, l’ergonomie n’est pas le point fort du modèle, avec une constellation de boutons, où cohabitent des commandes traditionnelles et tactiles, comme pour le réglage de la température où le contrôle du GPS. Cet excédent de technologie et de confort impacte la masse totale, qui grimpe à 1 830 kg, soit le poids de l’Audi RS5 pourtant équipée de la transmission Quattro.

Un V8 atmosphérique à l’ancienne :
Reprenant le flambeau de l’IS F, la RC F s’équipe des mêmes attributs pour croiser le fer avec la triade allemande composée des Audi RS5, Mercedes C63 AMG Coupé et BMW M4. Étonnamment, Lexus est resté parfaitement hermétique à toute forme de downsizing. La RC F embarque sous son capot bombé un V8 5,0 litres atmosphérique de 477 ch et 530 Nm de couple. Aucune préparation n’est à déclarer sur le bloc, hormis une ligne d’échappement plus libérée. Même s’il affiche un rendement d’une autre époque, le 2UR-GSE est parfaitement moderne et explosif. Coupleuse et relativement linéaire jusqu’à 7 000 tr/min, la mécanique ne délivre tout son potentiel qu’à partir de 5 000 tr/min. Ce qui laisse une plage de seulement 2 000 tr/min pour faire parler le 5,0 litres, alors que les unités turbocompressées des concurrentes autorisent une plus grande marge. Le mode manuel, un peu lent et violent, est toutefois à préférer au mode entièrement automatique, à la gestion imprévisible.

La Lexus RC F s’autorise un 0-100 km/h en 4,8 secondes, un 400 mètres D.A. en 13,0 secondes et une vitesse maximale limitée à 270 km/h. Sur les différents exercices d’accélération, la Japonaise est la plus lente de la catégorie, face aux trois Allemandes et à la Cadillac ATS-V, mais l’écart reste faible. La plus rapide est la BMW M4 avec un 0-100 km/h en 4,3 secondes, bien aidée avec un poids moins élevé et une boîte plus efficace.

Au chapitre châssis, la Lexus RC F propose les modes Standard, Track et Slalom, en plus des modes de conduite Eco, Sport et Sport+. Chacun de ces paramètres permet de contenir des garde-fous électroniques et autorise une plus grande souplesse de l’autobloquant électronique. Disponible en option à 4 500 €, il permet de favoriser la maniabilité sur les enchaînements de courbes ou la stabilité à haute vitesse. En l’absence de système en carbone, le freinage n’est pas le point fort de la Lexus, mais il ne devrait pas dépayser les anciens propriétaires de BMW M3 E92, alors que la suspension gagnerait à disposer d’un système adaptatif et moins ferme.

La dernière irréductible ?
Il semblerait que la Lexus RC F soit bien née, car Lexus dispose des compétences et des technologies nécessaires pour proposer une machine dans l’air du temps. Les lourds investissements effectués pour la Lexus LFA auraient pu aussi servir la cause de la RC F. Toutefois, les ingénieurs japonais ont préféré faire des choix techniques à contre courant, comme un système de freinage conventionnel, l’absence de suspension pilotée, une chasse au poids inexistante et un moteur à aspiration naturelle, dénué de Start/Stop !

Alors que Lexus est l’un des constructeurs les plus avancés en matière de technologies et de mécaniques éco-responsables, la RC F est la proposition la plus paradoxale du segment. Elle semble même avoir quelques années de retard sur ces concurrentes, y compris la Cadillac ATS-V. Si on ne comprend pas encore les raisons de tels choix, elle est en revanche terriblement attachante et reste l’une des dernières à disposer d'un gros bloc atmosphérique. Pour une utilisation sportive régulière ou sur circuit, une BMW M4 est plus indiquée. Pour profiter d’un moteur exotique et de la polyvalence des meilleures GT, la Lexus RC F mérite que l’on s’attarde dessus.

Note : 16/20

Bien vu :
- L’exotisme
- Le caractère à l’ancienne du moteur
- La polyvalence

À revoir :
- L’ergonomie à bord
- Le freinage
- La gestion de la boîte automatique
- Possibilités de préparation moteur limitées

Soufyane Benhammouda

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