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Essai nouveau Renault Espace 5 : on a changé de planète

Plus de 30 ans après son apparition fracassante sur le marché, nous avions découvert avec curiosité le nouvel Espace au dernier Salon de Paris et avions pu remarquer l'intérêt qu'il suscitait auprès du public. Comme tout le monde nous avions hâte de découvrir la cinquième génération d'un véhicule ayant toujours su se montrer original, autant dans ses choix stylistiques que technologiques.

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C’est chose faite depuis peu et notre curiosité méritait bien une journée de découverte pour tenter de vous rendre compte de la mine de nouveautés de tous ordres, que nous avons inventoriées et testées, pour vous.

Le changement c’est vraiment maintenant

Avec ce nouvel Espace, nous changeons d’époque. Exit le monospace, bienvenue au crossover.

Le changement extérieur tient beaucoup aux dimensions et à leurs proportions entre elles. On a augmenté la garde au sol de 40 mm et le gabarit du nouvel Espace en impose avec 1,89 en largeur et un empattement de 2,88m. Les lignes tendues et la hauteur de seulement 1,68 m contribuent à souligner l’élégance et la prestance de l’auto. On retrouve le souffle nouveau apporté par Laurens van den Acker le chef designer, qui depuis 2009 permet à Renault de redresser la tête en présentant de belles autos. Les jantes de 19 pouces, de série sur la finition Initiale Paris dont nous disposions, la face avant robuste, les flancs bien musclés apportent à l’Espace une sorte de force tranquille, que nous souhaitons mettre à l’épreuve.

Auparavant, il nous faut découvrir l’habitacle et c’est sans doute là que l’étonnement est le plus grand. L’immense pare-brise et le toit panoramique inondent l’intérieur de lumière. La console centrale en mode aéronautique semble suspendue entre les deux sièges. La tablette tactile de 9 pouces  connectée en position quasi verticale, constitue le centre de contrôle de toutes les fonctions du véhicule, y compris les aides à la conduite. Le levier hyper-design de la commande de boîte auto, voisine avec la molette de commande de la tablette. Les sièges, en cuir sur notre modèle, sont individuels et coulissants à l’arrière et l’on apprécie la modularité des deux rangées des sièges arrière rabattables électriquement soit à partir de la console, soit avec une commande dans le coffre. On peut disposer de 680 litres dans le coffre avec 5 passagers, 247 litres avec 7 personnes mais obtenir un plancher plat et 2 m3 de rangement en rabattant les seconde et troisième rangées.

Au niveau de l’équipement de notre Initiale Paris, nous avons droit au grand jeu et une récapitulation nous est apparue nécessaire ; ainsi dans le désordre citons :

Eclairage full  LED, Climatisation tri-zone, Accès et démarrage mains libres, Surveillance pression des pneumatiques, Surveillance des angles morts, Freinage automatique en cas d’urgence, Régulateur adaptatif avec radar, Aide au stationnement, Frein parking automatique et électrique, Alerte de franchissement de ligne, Hayon motorisé, Affichage tête haute, Lecture des panneaux par caméra avec rappel au tableau, Sièges avant massant à réglages électriques, alerte de franchissement de ligne, Passage automatique feux de croisement/feux de route, Toit ouvrant panoramique, Vitres latérales feuilletées, Sellerie cuir, Kit mains libres Bluetooth, GPS…Oui, j’allais oublier le son surround du système Bose à 12 haut-parleurs et l’originalité du centre de contrôle R-Link 2 très simple et intuitif dans son fonctionnement.

Avant de nous intéresser à la conception mécanique tout aussi originale que le design et l’équipement, précisons que ce nouvel Espace est proposé dans une gamme de 4 niveaux de finition, Initiale Paris rassemblant, vous l’aurez compris, toute l’expertise de Renault en matière d’innovation, de son savoir-faire et de sa volonté de hisser le niveau de qualité perçue.  

On trouve donc les versions Life, Zen, Intens et Initiale Paris.

En parallèle, trois motorisations sont proposées : un moteur diesel DCI 130 chevaux associé à une boîte de vitesses manuelle, un autre DCI de 160 chevaux avec boîte automatique et moteur essence TCE de 200 chevaux, avec également une boîte auto.

Une toute nouvelle conception

Pour bien comprendre à quel point Renault tient à faire de son nouvel Espace l’emblème d’une Renaissance au sens, où cette époque a vu fleurir les nouvelles idées, s’émanciper l’art et les esprits s’ouvrir au monde, il faut savoir que, la gestation du produit a duré cinq ans et que l’usine de Douai, dont sort le véhicule, a renouvelé ses process de fond en comble, motivé et formé tous ses opérateurs en les associant dans la responsabilité et la fierté de sortir une automobile à un niveau de qualité exceptionnel.

Dès le départ, pour la définition de la nouvelle plateforme, puis tout au long de la conception, la recherche de gain de masse a été poursuivie de manière obsessionnelle. Le résultat mérite le respect, avec 250 kilos gagnés par rapport à la précédente génération. Ensuite, on s’est tourné vers l’innovation et, de ce côté-là, nous sommes gâtés. Le châssis baptisé 4Control combine en permanence  (100 fois par seconde !) un amortissement piloté et l’action de 4 roues directrices. La commande de boîte auto shift by wire électrique, sans câble mécanique de liaison, illustre bien cette modernité recherchée et assumée.

N’oublions pas de parler des motorisations, où les enseignements de la compétition et de la F1 en particulier, ont influé notamment sur le rendement du moteur essence, alors que les dernières technologies d’emboutissage à chaud ont été mises en œuvre pour la fabrication de la structure pour une rigidité accrue.

Nous n’en finirions pas de dresser l’inventaire de toutes les innovations que recèle ce nouvel Espace, mais nous brûlons d’envie de le conduire.

Vite au volant !

Il faut s’habituer d’entrée de jeu à la forte inclinaison du pare-brise qui entrainerait un angle mort insupportable sans les ouïes vitrées latérales rendant la gêne supportable. Ensuite un dilemme se pose, quel mode de conduite et ambiance associée allons-nous choisir. S’offrent à nous les options : Eco, Confort, Neutre, Sport, et Personnalisable. A chacune d’elle une couleur d’ambiance est définie. Selon l’humeur, le parcours et l’avis des passagers il est donc possible de bénéficier de réglages adaptés, qui jouent sur la loi de passage des vitesses, la réponse du moteur, la sonorité, la variation de l’effort au volant, le paramétrage du 4Control.

Après quelques variations, pour entrer dans un essai sérieux nous décidons de choisir le mode Sport afin de profiter pleinement de la puissance de notre moteur essence et de l’agilité surprenante du véhicule.

Il faut bien le dire, cela faisait très longtemps que nous n’avions autant apprécié le comportement global d’une voiture. Au volant du nouvel Espace, c’est l’homogénéité des qualités de toutes les fonctions mécaniques ( moteur, boîte, châssis, direction, freinage, suspension)  qui nous séduit. Alors que l’on pouvait craindre ce que nous avions connu sur l’Espace IV, avec un roulis assez sensible et un léger pompage de l’avant, ici, nous avons l’impression de piloter un kart qui se faufile aisément malgré des dimensions imposantes. La suspension gomme les inégalités de la chaussée, la direction précise et douce nous permet de bien « lire la route » et de gérer au millimètre les trajectoires. Après un temps d’adaptation à la commande de boîte, nous constatons que son action s’avère particulièrement réactive et efficace. Oui, la satisfaction du conducteur est totale. D’autant plus que les infos aussi changeantes que les limitations de vitesse sont lues et renvoyées sans aucun retard sur le petit écran de lecture tête haute, nous évitant les excès d’enthousiasme et de vitesse ! Le freinage se situe dans la même veine que tout le reste c'est-à-dire, progressif, efficace en un mot excellent. Signalons également un constat résultant de la prouesse technologique réalisée sur le châssis. Le rayon de braquage de la bestiole de 4,86 m est quasi équivalent à celui d’une Clio (11,1 m).

Le moteur essence se montre tellement bien à la hauteur des possibilités routières offertes par cet ensemble châssis-suspension-direction-freinage, que nous somme forcément un peu déçus lors du court test du diesel 160 chevaux, qui succède au plaisir pris, juste avant. En premier lieu, le poids se fait un peu sentir sur le train avant, ensuite par comparaison il nous semble un peu creux, mais comparaison n’est pas raison et il faudrait procéder à un essai séparé plus long, pour juger très objectivement. 

En tout cas, les deux autos séduisent également par leur silence de fonctionnement, même le diesel ne laisse percevoir qu’un léger ron-ron.

On a changé de planète

Le nouvel Espace paré de toutes les qualités au plan du comportement routier a muté de la fonction monospace vers celle de SUV. Au passage il y a laissé quelques plumes en termes d’espace, justement. L’Espace IV offrait 97 cm aux jambes pour le passager avant, aujourd’hui ça n’est plus que 90 et le tiroir de rangement vient rapidement heurter les genoux. De même au second rang et au troisième rang on perd respectivement 11 et 2 centimètres ! Par contre, contrairement aux apparences la garde au toit de 105 cm reste correcte mais l’étroitesse des vitres arrière n’est pas très agréable à vivre. Nous regrettons, que malgré une volonté et un certain talent pour présenter un intérieur très soigné, voire raffiné, on se soit encore autorisé à utiliser certains plastiques durs ou peu nobles ( par exemple support de console ou arrière des appuie-tête). 

Quoiqu’il en soit, l’Espace V nous embarque dans une toute nouvelle aventure fort prometteuse. Si le prix de notre modèle d’essai, véritable vitrine luxueuse du savoir-faire renouvelé de Renault, culmine à 46 300 euros, nous pensons très sincèrement que les véhicules Premium des concurrents peuvent avoir quelques soucis à se faire tant l’offre, certes différente dans l’esprit, s’avère très concurrentielle en termes de prix et de comportement.Commercialisation à compter du 15 avril.

Crédit photographique: Etienne Rovillé, La Revue Automobile

Note : 16,5/20

BIEN VU

Comportement routier 

Homogénéité des fonctions mécaniques

Confort général, silence

Agilité

 

A REVOIR

Angle mort vers l’avant

Vitres latérales arrière trop étroites

Espace disponible avec les 3 rangs

 

Caractéristiques techniques

ESPACE V TCe 200 EDC INITIATIVE PARIS

Moteur : essence 4 cylindres, 16 soupapes, multipoint 1 618cm3

Puissance : 200 ch (5 750 tr/mn)

Couple : 260Nm à  2 500 tr/mn

Transmission : roues AV motrices

Direction : assistée électriquement

Roues 19 ‘’ Pneus Dunlop 235/55R19 101 W

Freins : 

Avant : disques ventilés diamètre 320 mm, épaisseur 28mm 

Arrière : disques pleins diamètre 290 mm, épaisseur 11 mm

Boîte de vitesses : automatique à 7 rapports

Longueur x largeur x hauteur : 4 857 mm x 1 888 mm x 1677 mm

Coffre : 247/680/2 101 litres

Poids : 1 609 kg

Vitesse maxi : 211km/h

0 à 100 km/h : 8,6 sec.

Consommation : urbaine / extra-urbaine / mixte : 7,8 l/ 5,3 l / 6,2 l/100 km

Emissions de CO2 : 140 g/km