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Essai Range Rover Velar D300 : à l'aise partout

Venu se placer entre le petit Evoque et le gros Range Rover Sport, le Velar veut apporter le meilleur des deux mondes. Pour ce faire, il conserve les capacités hors-route chères à la marque et y ajoute un dynamisme routier de premier ordre. Nous avons pris le volant de la version R Dynamic équipée du moteur diesel D300 sur les routes, entre autres, allemandes.

+ de photos Land-Rover Range Rover Velar D300

Plutôt que de se placer idéalement au milieu des deux modèles précités, le Velar prend en fait des allures de Range Rover Sport coupé en termes de dimensions. Ainsi, s’il est plus long que l’Evoque de 43 cm, il échoue à seulement 5 petits centimètres du Sport à 4,80 m et ce n’est pas sa largeur supérieure à 2 mètres (2,03 m) qui lui donne des allures de gringalet. Pour autant, il bénéficie d’un toit un peu plus bas qui lui confère une allure plus dynamique, sans pour autant pouvoir réellement parler de coupé. Néanmoins, il offre bien plus de dynamisme visuel que le Sport, grâce à ce toit plus bas d’une part, mais également du fait d’un arrière plus fuyant et d’un hayon sensiblement plus incliné.

Notre modèle d’essai, bénéficiant de la finition R-Dynamic, offre une allure plus volontaire avec un bouclier avant spécifique, plus ajouré ainsi que des aérations sur le capot ou encore de grosses jantes de 20 pouces parées d’un noir profond contrastant avec le blanc – pour l’instant – immaculé de la carrosserie.

Un habitacle mêlant élégance et modernité

Tout en conservant l’ambiance typique de la marque avec beaucoup d’horizontalité et des matériaux de qualité piochés ici où là dans la liste des options, le Velar se distingue en innovant sur le système d’infodivertissement.
Intérieur
Tout d’abord, un mot sur cet habitacle aux accents luxueux recouvert de tissus sombres de grande qualité issus de chez Kvadrat et de suédine claire perforée. Cela change des habituels cuirs que l’on retrouve chez tous les constructeurs haut de gamme, sans pour autant renier ses origines ; heureusement : à 8 000 € l’option. Autre option relativement coûteuse, mais indispensable pour qui aime un minimum la musique, le système audio Meridian Surround (1 987 €) qui, en plus d’un son de qualité, apporte un surplus de style.

Si les sièges avant sont aussi confortables que l’espace de rangement dans le coffre (de 673 à 1 730 litres), les passagers arrière seront tout de même tassés par la garde au toit réduite et ce ne sont pas les vitrages aux allures de meurtrières qui leur donneront une plus grande impression d’espace.

La modernité est donc représentée par le système d’infodivertissement séparé en deux. À l’heure où nos véhicules embarquent de plus en plus de fonctionnalités tout en en réduisant comme peau de chagrin les accès en supprimant autant de boutons que possible, l’idée de Range Rover séduit. Nous trouvons donc deux écrans tactiles de 10 pouces superposés et d’un très bel effet. Celui du haut est donc principalement dédié aux fonctionnalités multimédias tandis que celui du bas gère les caractéristiques liées au Velar. Nous y trouvons par ailleurs 3 molettes aussi physiques que pratiques (volume, climatisation), résistant encore à cette envie de tout supprimer. Dans la pratique, c’est plus simple et efficace qu’un seul écran ayant la lourde charge de s’occuper de tout, faisant gagner du temps de manipulation sans être aussi efficace que les simples boutons disparus.
Intérieur
Dynamique, mais pas sportif

Si son allure se veut plus dynamique que le reste de la gamme, il en va de même pour sa conduite, a fortiori avec ce modèle R-Dynamic qui offre les suspensions pneumatiques réglables. Il faut bien avouer que l’engin de 1 959 kg à vide étonne par sa tenue de route de bonne facture malgré une garde au sol de 213 mm. Le roulis se fait peu sentir tandis que le train avant se fait relativement mordant, sans se départir du confort de roulement lorsque le rythme s’accélère. La position de conduite, assez haute, plaira aux aficionados du genre, mais rappelle sans cesse que nous sommes bel et bien dans un gros SUV et que, non, il n’est pas sportif.

D’ailleurs, le moteur de notre modèle d’essai nous le rappelle également puisqu’il s’agit d’un V6 diesel de 3,0 litres à la sonorité pourtant bien travaillée et à la puissance déjà conséquente. Délivrant 300 ch à 4 000 tr/min et pas moins de 700 Nm à 1 500 tr/min, c’est le moteur le plus puissant de la gamme diesel et on se demande un peu ce que donnent les autres, moins performants. En effet, la mise en vitesse semble parfois fastidieuse et le Velar semble peser de tout son poids pour ne pas décoller. Nous ne pouvons même pas incriminer la boîte automatique ZF à 8 rapports particulièrement bien adaptée au véhicule en étant à la fois souple et réactive au besoin. Pourtant, le 0 à 100 km/h est annoncé en 6,1 secondes, un très bon chiffre, mais à l’usage ce sont les reprises qui semblent parfois un peu à la peine. Bien entendu, une berline située dans la même gamme de prix offre bien plus de dynamisme, mais sans les capacités connues et reconnues de Range Rover hors des sentiers battus.

Ouh la gadoue, la gadoue, la gadoue…

Car sur ce point-là, le Velar demeure un vrai Range Rover avec des capacités en tout-terrain largement à la hauteur. Une belle garde au sol de 251 mm pour commencer, le tout avec des angles d’attaque et de sortie très confortables de respectivement 28,85° et 29,5° ou un passage de gué de 65 cm avec notre suspension pneumatique (60 cm sinon).
Range
Mais de tout ceci, point d’utilité aujourd’hui puisque nous ne trouverons d’accessible qu’un chemin forestier particulièrement boueux, mais peu accidenté. Sur ce terrain, et avec le mode idoine sélectionné, le Range Rover Velar démontre des capacités de premier ordre, n’étant jamais mis en difficulté par le terrain très glissant ni par les sournoises ornières et ce n’est pas la pente assez rude en pourcentage que nous aurons montée puis descendue qui auront effrayé notre Velar. Sur l’exercice, seule sa robe blanc Fuji aura été mise à rude épreuve pendant que le comportement sera demeuré d’un calme olympien.

Le Range Rover Velar propose plus de dynamisme que le Sport ou l’Evoque sur la route, mais également dans son style avec ce toit bas et fuyant qui empiète malheureusement un peu trop sur la place réservée aux passagers arrière. Sa tenue de route améliorée sur macadam n’enlève rien des capacités tout-terrain intrinsèques à la marque, mais combien de propriétaires iront réellement sur des terrains accidentés avec ce véhicule de 71 000 € avec ce moteur D300 et la finition R-Dynamic hors option, et de plus de 95 000 € pour notre modèle d’essai ?

Note : 15/20

Bien vu :
- Style
- Confort
- Capacité hors route

À revoir :
- Reprises un peu juste ?
- Poids toujours élevé

Etienne Roville

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