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Essai Jaguar E-Pace 240 AWD : la chasseuse des neiges

Cela fait déjà plus de deux ans que Jaguar s’est lancée dans la guerre des SUV avec le F-Pace. Mais celui-ci n’était que le premier de la liste. Pour preuve, notre E-Pace, qui lui rend une trentaine de centimètres, s’attaque de front aux très convoités Audi Q3, BMW X1, Mercedes GLA et, dans une autre mesure, au Peugeot 3008.

Pour vous proposer un essai digne de ce nom, nous nous sommes creusé la tête. Les fêtes de fin d’année arrivant, et la neige ne voulant pas pointer le bout de ses flocons, nous avons pris la décision de partir à sa recherche. Montez à bord de cet essai de la Jaguar E-Pace 240 AWD HSE.

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Une reine, pour partir à la chasse des neiges.

Bon… le plus simple pour aller chasser la neige est évidemment de prendre la direction du Grand Nord ou les hauteurs de nos montagnes. Mais « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », comme dirait l’autre.

Une fois n’est pas coutume, la rédaction décide de prendre la direction de l’Europe de l’Est. Le parcours devra impérativement s’arrêter avant l’Ukraine, car nous n’avons pas eu les accords à temps pour traverser ce pays en pleine guerre « non officielle » avec la Russie. Après deux heures d’études d’une bonne vieille carte Michelin, nous tombons d’accord sur le trajet qui passera par l’Allemagne et ses Autobahn à la vitesse libre et la Pologne avec ses plombiers.

L’idée est écrite sur le papier. Maintenant, il ne reste plus qu’à convaincre Jaguar de l’intérêt de cet essai qui devrait cumuler plus de 4 000 km.

Là, c’est moi qui m’y colle. Et il faut dire que chez Jaguar Land Rover France, on est vraiment bien accueilli. Alors, après un mail et un coup de fil de 3 minutes, l’affaire est conclue.

Seulement, il faut choisir la monture. Des E-Pace, Jaguar en propose une palanquée. La gamme est constituée de trois moteurs diesel et deux essence, mais tous sont des 4 cylindres Ingenium de 2 litres de cylindrée turbocompressés. En diesel, l’E-Pace propose des unités de 150, 180 et 240 chevaux et en essence, des moteurs de 250 et 300 chevaux. Seuls les deux petits diesels sont disponibles avec une boîte manuelle, les autres reprenant une boîte automatique ZF à 9 rapports. Enfin, pour transmettre la cavalerie au sol, si le plus petit moteur n’est disponible qu’en traction avant, les autres mécaniques disposent de la transmission intégrale maison, capable de transférer le couple sur l’essieu ou la roue à la meilleure adhérence.

Et bah, vous savez quoi ? On a choisi l’E-Pace 240 AWD HSE. Pourquoi ? Parce que son diesel propose la bagatelle de 240 canassons pour 500 Nm de couple. De quoi passer le 0 à 100 km/h en 7,4 secondes et surtout atteindre les 250 km/h en vitesse de pointe. Et quand on prend l’Autobahn, c’est bien d’avoir cette possibilité ! Ce n’est pas fin.
Les chevaux passent par une boîte automatique ZF pour atteindre les 4 roues. C’est bien d’avoir un système 4x4 lorsque l’on part à la chasse des neiges. N’oublions pas la finition HSE. C’est, le TOP du TOP ! Tout y est ! Le cuir pleine fleur se marie parfaitement avec les plastiques moussés, l’électronique offre le WiFi, le GPS, la super sono, etc.


Jaguar E-Pace à pleine vitesse…

Le premier contact avec le bolide se fera à la capitale sur la place de la Concorde. Au pied de l’obélisque égyptien qui y trône fièrement se trouve l’E-Pace dans une robe blanche immaculée qui contraste avec ses jantes de 20 pouces noires.

Elle a de l’allure, cette bestiole ! Pourtant, en photo, je n’étais pas vraiment convaincu. Je lui préférais les lignes de sa grande sœur, la F-Pace. Mais dans la circulation, elle tranche par ses ailes galbées, sa calandre béante qui semble vouloir avaler le bitume. Sa taille compacte (4,40 mètres de long) conjuguée aux sculptures horizontales annonce son caractère de SUV sportif. Pour ma part, je suis sous le charme de son arrière-train. À la fois haut perché, large et massif, il offre une belle personnalité qui me fait irrémédiablement penser au beau coupé F-Type.

Je prends la carte d’accès et m’installe dans cet habitacle bicolore. Les sièges sont électriques et sont configurables à souhait. Le petit volant sport à trois branches est recouvert de cuir et juste derrière celui-ci se trouve une instrumentation digitale. La console centrale est percée par un écran tactile large de 12,3 pouces. Il pilote tout le multimédia et son utilisation est facilement compréhensible grâce à des vignettes. Tel votre smartphone.

Je démarre le 4 pattes et il s’ébroue dans un son pas très snob. Ça claque un peu trop, mais après 2 minutes de roulage, il rentre en sourdine. Le road trip est pour demain alors, au dodo.

6 heures du matin, le téléphone chantonne. C’est l’heure ! Un café, une douche, la brosse à dents électrique et ZOU ! Direction l’aventure.

Avant de profiter de sa puissance, il me faut passer le mur du périphérique. La capitale ne lui posera pas trop de problèmes. Bien au contraire, la boîte auto enchaine les rapports et la suspension sport fait un travail honorable au niveau de mes lombaires. Il n’y aura que la sortie de mon parking qui mettra en évidence le rayon de braquage trop long. Il m’obligera plus tard à faire un grand nombre de manœuvres.

L’Autoroute A1 est enfin là. Pour éviter de me faire prendre en photo par les petits boîtiers qui pullulent le long de mon chemin, j’enclenche le régulateur de vitesse adaptatif et le maintien dans la voie. Si le premier fonctionne à la perfection, le second m’enverra de gauche à droite sans garder le cap. Trop pénible à l’usage, je l’enlèverai non loin de la frontière belge.

Ici, pas d’autre choix que de faire tomber de 10 km/h le régulateur. C’est long et inintéressant, les voies rapides belges et hollandaises. Il faudra attendre l’Allemagne et sa promesse de vitesse libre pour enfin avoir de l’action. Du moins, c’est ce que je croyais.

Les Autobahn de l’Ouest sont surchargées et lorsqu’elles ne le sont pas, ce sont les travaux d’aménagement qui prennent le dessus. Il est 19 h et dans le pays du règne de la vitesse, j’ai réalisé 350 km en 4 heures… l’horreur. Il se fait tard. On chassera la neige demain… ou pas…

Après une nuit réparatrice et surtout un repas typique, me voilà de nouveau au volant de la JAG. Et ce jour transforme enfin l’expérience. Ici, c’est l’ex- Allemagne de l’Est. La population automobile y est plus rare, tout comme les travaux. Par contre, les lignes droites deviennent de véritables pistes d’envol pour gros porteur. Plein gaz ! 80, 100, 150, 190… 230 et 264 km au compteur. Le tout en une poignée de secondes.
Enfin, le diesel dévoile son potentiel. Pas de perte de couple, le moteur pousse sans jamais s’arrêter. Si la consommation moyenne s’établissait sous les 7,3 litres, elle grimpe ici à 14 litres. La jauge d’essence fond comme « neige au soleil »… au fait, mon défi, c’est de la chasser.

Après plusieurs dizaines de kilomètres à toute berzingue, je reprends mes esprits en passant à la pompe. Devant un café, ou plutôt un jus de chaussette, je me connecte à la météo. De la neige, il y en a… mais pas ici. Il me faut vite prendre la direction de Poméranie dans le nord de la Pologne.


Jaguar E-Pace : face à la neige

Le lendemain. 1 435 km est affiché au compteur. La température qui n’ose plus franchir les 3 °C montre des signes. La pluie devient plus grosse, grasse. Les flocons pointent, mais ne tiennent pas. Il me faut encore rouler 200 km sur autoroute à 140 km (c’est la limite en Pologne) puis une grosse centaine sur route.

Ce E-Pace est vraiment dynamique ici. Certes, il ne peut atteindre l’efficacité des berlines de la marque, mais le compromis réalisé est vraiment sympa. Le E-Pace se faufile d’un virage à l’autre, freine fort et change de cap avec tranchant.

Aussi étonnant que cela puisse paraître venant d’un lourd SUV au 4 cylindres diesel, j’éprouve du plaisir à son volant sur ces petites routes sinueuses de campagne ! D’autant que ce comportement routier va de pair avec de réelles compétences en tout chemin. Oui… la neige est enfin là.

Un manteau blanc commence à recouvrir la route. Pour en profiter, je plonge dans la forêt. Je crée mes propres traces. Ça glisse, mais l’E-Pace me tient dans les cordes même en mettant la position sport et en déconnectant l’ESP. Le système AWD est vraiment efficace. Cela sans jamais trop brider mes cabrioles au volant. Je la fais glisser à ma convenance. C’est comme si j’avais mis ma belle Anglaise sur des patins à glace et que je me mettais à faire des chorégraphies à la Candeloro. Mes félicitations aux ingénieurs !


Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
3 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
2 / 5
Confort
3 / 5

Verdict

  • - Une carrure d'athlète
  • - Un habitacle chic et technologique
  • - Imperturbable sur la route
  • - Sensation de vitesse limitée
  • - Poids lourd pour la catégorie
  • - Les tarifs du haut de gamme

Conclusion:


Jaguar E-Pace : Mission réussie !

L’E-Pace se présente sur un segment encombré de modèles prestigieux face auxquels il se doit de proposer quelque chose en plus.

Alors bien entendu, la formule retenue par Jaguar ne peut préserver tout le glamour des modèles qui ont bâti la légende de la Jaguar. Mais l’E-Pace convainc par son comportement dynamique, sa finition, son système 4x4 (l’expertise de Land Rover n’est jamais très loin)… et sa silhouette.

Le hic ? Mon modèle, tout en haut de la gamme, est facturé (options incluses) à 73 000 €.