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Essai KIA XCeed : la prétentieuse ?

Chez KIA, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées… pour sa Ceed. Après la refonte de sa berline compacte, la production d’un break sportif, voici le lancement d’un véritable crossover avec la XCeed.

Ce modèle, qui semble être une sorte de berline Ceed « SUVisé », est selon KIA : le meilleur de trois univers. Il associerait la praticité d’un SUV, l’élégance d’un coupé et le comportement dynamique d’une berline. C’est ce que nous allons voir avec cet essai dynamique dans notre chère Provence.

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KIA XCeed : une autre dimension…

Avant de prendre la route avec cette XCeed, il est nécessaire de s’en procurer une. Cela tombe bien, KIA Europe a descendu, non loin de Marseille, les premiers modèles sortis d’usine. Ni une ni deux, me voilà à bord du vol AF6010 au départ du Terminal 1 d’Orly. Après le sempiternel « PNC aux portes…, vérifications de la porte opposée… », le capitaine met enfin les gaz et nous voilà en train de prendre l’air. Le temps pour moi de me faire un topo complet de ce modèle grâce aux documents fournis par la marque.

Et j’y vois quelque chose de très intéressant. KIA positionne cette XCeed entre la berline 5 portes KIA Ceed et le SUV compact, KIA Sportage. Ce qui est mine de rien très logique puisqu’elle allonge sa ligne sur 4,395 m. Si ce chiffre ne vous dit rien, sachez qu’il se révèle 8,5 cm plus long que la berline 5 portes Ceed et 9 cm plus court que le Sportage. Sa hauteur de toit de 1,495 m est supérieure de 4,8 cm à celle de la Ceed et inférieure de 15 cm à celle du Sportage. Si l’empattement est identique à celui des autres modèles de la gamme Ceed (2 650 mm), les porte-à-faux avant et arrière du KIA XCeed ont été rallongés de 25 mm à l’avant (à 905 mm) et de 60 mm à l’arrière (à 840 mm) par rapport à la berline 5 portes.

Des mensurations qui se retrouvent également dans l’habitacle puisque le XCeed dégaine un volume de coffre de 426 litres (VDA), soit 31 litres de plus que la Ceed, et un volume légèrement inférieur de 77 litres à celui du Sportage. En rabattant les sièges arrière, le volume de chargement peut être porté à 1 378 litres. La modularité n’est pas en reste avec des sièges arrière fractionnables en 40/20/40, un hayon électrique et un plancher de chargement à deux niveaux.

KIA XCeed : des suspensions à butées hydrauliques

Le communiqué de presse est évidemment plein de superlatifs. Selon KIA, son XCeed c’est le modèle que toute l’Europe attendait. D’ailleurs, sachez que si la marque est coréenne, les KIA vendus en Europe ont été revus par les ingénieurs allemands du siège européen et que presque la majorité des produits proposés par la firme sont assemblés en Europe. Cette XCeed ne fait pas exception. Bien au contraire puisqu’elle a été conçue par des Européens, pour le marché européen (uniquement) et produit par des Européens (en Slovaquie).

Ce qui m’a le plus surpris, dans ce document, c’est d’apprendre la conception des suspensions. Le KIA XCeed se dote de série de suspensions à butées hydrauliques, sur le train avant. Ce système qui a été introduit en grande série par Citroën et son C4 Cactus ainsi que son C5 Aircross, offre un ouaté et une tenue de route très particulière. Il mélange, dans les modèles aux chevrons, douceur d’amortissement, souplesse sur chemins accidentés et maintien de caisse sur voies rapides…

KIA XCeed : la techno à bord

Évidemment, KIA ne fait plus d’impasse sur le système multimédia à écran tactile. Ici, il peut atteindre 10,25 pouces de diagonale. À savoir qu’il est proposé dès le 2e niveau de finition. Il intègre une fonction multiconnexion Bluetooth, permettant aux occupants de connecter deux appareils mobiles à la fois, ainsi que les fonctions Apple CarPlay et Android Auto.

Les mélomanes seront ravis d’apprendre que la sono a été confiée à JBL. Ce système propose une puissance de 320 watts et surtout de la technologie Clari-Fi qui retraite vos MP3 pour offrir un son plus naturel. Derrière le volant, le XCeed peut également troquer ses aiguilles de compteurs au profit d’une instrumentation 100 % digitale de 12,3 pouces haute résolution de 1920x720 pixels.

Les ADAS (aides à la conduite) sont également au rendez-vous. Parmi les plus intéressantes, citons : le régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop & Go (SCC), le système de freinage d’urgence autonome avec détection des piétons (FCA), le système de gestion intelligente des feux de route (HBA) et le « Trafic Jam Assist ». Il utilise, dans les embouteillages, des capteurs externes pour maintenir une distance de sécurité avec le véhicule qui précède, et maintient le XCeed au centre de sa voix.

KIA XCeed : sous le capot ?

Les motoristes de KIA ont eu l’opportunité d’équiper ce XCeed de 3 moteurs essence et de 2 moteurs diesel. Tout en sachant qu’une version hybride rechargeable (PHEV) viendra compléter l’offre XCeed à la fin de l’année 2019.

L’entrée de gamme se fera par un bloc 3 cylindres 1.0 litre turbo développant une puissance de 120 ch pour un couple de 172 Nm. Au-dessus de celui-ci, les concepteurs rajoutent un cylindre et 4 cm3 pour proposer 140 chevaux pour un couple de 242 Nm. Pour les gros rouleurs, KIA propose deux blocs Smartstream (ce sont les derniers moteurs Diesel de la marque) développant la puissance de 115 ou 136 chevaux.

Vous avez des velléités plus sportives, alors le 1.6 T-GDi est pour vous. Il coiffe la gamme avec 204 ch et 265 Nm de couple. Il permet de réaliser des accélérations de 0 à 100 km/h en 7,5 secondes avec la transmission automatique à double embrayage DCT7 et en 7,7 secondes avec la transmission manuelle à 6 rapports.

Pour faire passer la cavalerie au train avant, le XCeed propose une boîte manuelle à 6 rapports ou à une transmission automatique à double embrayage à sept rapports DCT7.

Essai KIA XCeed : le verdict

XCeed, un style

Vous l’aurez compris, KIA a mis les bouchées doubles pour proposer un engin capable de rivaliser avec les meilleurs. Et ce n’est pas son design qui prouvera le contraire. Là encore, KIA sait se démarquer (surtout de son grand frère KIA) avec des lignes mélangeant les arêtes franches et les courbes douces.

Si la face avant impressionne avec sa large calandre « Tiger Nose » et ses optiques effilées, je trouve que le profil est particulièrement en verve avec le capot long qui se fond dans les montants du pare-brise. N’oublions pas le dessin de la malle fortement incliné qui singe les « fastback ». Le tout est agrémenté par des jantes en alliage 16 ou 18 pouces (dès le second niveau de finition), chaussées de pneus 205/60 R16 ou 235/45 R18. Enfin, l’habitacle est comme rejeté à l’arrière. Une astuce stylistique qui fait penser aux coupés. Au niveau de la poupe, les feux arrière effilés se dotent d’une signature visuelle high-tech, et semblent transpercer les épaulements. Les lignes fortement marquées courant le long du hayon et du bouclier arrière confèrent au véhicule une certaine musculature… Bref, vous aurez compris, ce KIA XCeed est plutôt joli à voir.

Mais en passant dans l’habitacle, on ne retrouve pas ce « peps » de l’extérieur. Bon, tout y est bien présent, les plastiques sont à la fois bien ajustée et de qualité suffisante. Mais l’habitacle est bien trop triste, sans saveur particulière. Il n’y a que l’écran multimédia qui dévoile un effort particulier.

En route avec la KIA XCeed

Installé bien au fond de mon siège avant, il me suffit d’appuyer sur le bouton « START » pour lancer le 4 cylindres essence de 1,4 litre. Il est associé à la boîte automatique à 7 rapports qui, par ailleurs, lui fait perdre quelques grammes de CO2. Si au démarrage il s’ébroue un peu, après une dizaine de kilomètres il sait se mettre en sourdine.

Dans les rues de Marseille, ce couple travaille parfaitement de concert. Le moteur relance sans crainte à bas régime et la boîte DCT7 enchaîne les rapports sans trop le faire savoir. Et c’est d’ailleurs dans cet environnement un peu particulier que l’on appréciera les fameuses suspensions avant à butée hydraulique puisqu’il encaisse les nids de poule avec un brin de douceur en plus des autres modèles du segment.

La route s’ouvre enfin sur la montagne. Les virages s’enchaînent. Il est temps d’activer le mode sport pour tirer au maximum parti de la cavalerie. Les freins vont tenir le coup alors que le roulis est bien maîtrisé. Une belle performance des ingénieurs ! Par contre, en conduite extrême, le train arrière aura une fâcheuse tendance à sautiller. Un phénomène plus déplaisant, avec le couteau sous les dents, que dangereux, car la XCeed reste bien campée sur ses roues. L’ordinateur de bord qui annonçait en ville une moyenne de 7,8 litres passe par contre très vite à plus de 9 pour même atteindre les 10. Pour enrayer ce phénomène, il faudra passer par la motorisation diesel.

Bon, la XCeed carburant au mazout, je ne l’ai eue qu’une petite heure en main. Mais, dès les premiers tours de roue, on remarque de suite la disponibilité de couple plus importante. Les relances sont par ailleurs plus véloces qu’en essence. Et la consommation est restée dans la moyenne avec 6,7 litres aux 100 km.

Prix : une XCeed sans excès

Question budget, KIA propose une gamme de tarifs commençant à partir de 24 990 € ou 227 €/mois en loyer. Mais le cœur de gamme s’articulera autour de mon 1.4 T-GDi 140 essence avec la finition Active. Lui fait grimper l’addition à 28 490 € et même 29 990 € avec la boîte auto. Si le tarif n’est pas « low cost », KIA propose toujours un équipement complet avec très peu d’options et la garantie exclusive KIA 7 ans ou 150 000 km.

Conclusion:


KIA XCeed : une prétentieuse, qui a des arguments !

Il n’y a aucun doute. Cette XCeed ouvre une nouvelle voie de conquête pour le constructeur coréen.

Son style ravira bon nombre d’entre nous qui ne veulent pas passer au gros bloc roulant que constituent les SUV. N’oublions pas également que ce véhicule à la croisée des chemins s’offre une dynamique de conduite proche d’une berline. Alors qu’avec sa garde au sol rehaussée, il peut se permettre de grimper… les trottoirs ou les chemins de traverse. Et ne lui en demandez pas plus, car il n’est pas question de lui greffer une transmission 4x4, pour ouvrir son champ d’action.