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Essai Mini Clubman John Cooper Works : Rocketman !

306 chevaux et 4 roues motrices dans un break de moins de 4,30 m : est-ce bien raisonnable ? Ce sont pourtant les ingrédients principaux de la Mini Clubman John Cooper Works 2019 ! Tout juste restylé, le break Mini, qui se positionne comme une compacte dans la gamme, vient à présent se mesurer aux Mercedes A35 AMG, Audi S3 et autres Volkswagen Golf R. Qu’en est-il au volant ? C’est ce que nous allons voir.

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Mini Clubman JCW my 2020 : 75 chevaux supplémentaires

Avant son restylage, la Mini Clubman JCW totalisait déjà 231 ch. Une cavalerie respectable, mais qui paraît aujourd’hui bien peu de chose par rapport aux 306 équidés de la nouvelle venue. D’après Mini, elle manquait de puissance pour offrir la meilleure sensation de conduite possible, or pour y parvenir, il faut beaucoup de chevaux notamment pour assurer des accélérations canon. Toutes ses concurrentes annoncées culminent à 300/306 chevaux également, alors la Mini Clubman JCW s’aligne. En cause, aussi, une masse de plus de 1600 kg avec laquelle elle doit aussi composer pour espérer être agile.

A l’accélération, c’est sûr, cette Mini fait de l’effet. Pied dedans, le moteur hurle et monte jusqu’à 6000 tr/min. Votre corps est plaqué au siège et le 0 à 100 km/h est expédié en à peine 5 secondes. Pour être précis, c’est en 4,9 secondes qu’il est abattu, 1,4 seconde de mieux qu’auparavant. Le châssis est sain avec un bon équilibre des masses et dépourvu de mauvaises surprises, tandis que les bruits d’air sont contenus. A 120 km/h, ce sont davantage les bruits de roulement de la monte 225/40 W18 qui se font entendre, et c’est à partir de 180 km/h qu’il devient difficile d’entretenir une conversation. On vous rassure, aucun permis de conduire n’a été mis en péril pour cet essai que nous avons réalisé en Allemagne, l’autre pays d’origine de cette Mini aux accents BMW… et autolimitée à 250 km/h.

Mini Clubman JCW : Union Jack über alles

La Clubman a en effet quelques points communs avec les modèles à l’hélice : sa plateforme UKL2 est partagée avec les BMW Série 2 Active et Gran Tourer, les SUV X1 et X2 ainsi que, depuis cette année, avec la nouvelle BMW Série 1 F40. A bord en revanche, on ne reconnaît guère l’ascendance BMW dans un habitacle à l’aménagement typiquement Mini. Les finitions sont sans reproche, mais il faut s’accoutumer à l’ergonomie des commandes et notamment celle de l’écran central, aux menus nombreux et dont la cartographie GPS (pourtant optionnel à 1200 €) mériterait un coup de jeune.

Extérieurement, le restylage de la Clubman se repère en priorité à son nouveau bouclier et au graphisme de ses feux arrière, qui arborent, de série pour cette JCW, le drapeau britannique. Ils utilisent un éclairage 100 % LED comme les optiques avant, au contour entièrement lumineux en feux de jour. Pour se faire remarquer, des bandes noires ou rouges sont proposées pour orner le capot (contre 250 €), tandis que le toit de couleur, lui, est offert (proposé en blanc, noir ou rouge). Cinq teintes sont au catalogue, parmi lesquelles un vert anglais British Racing Green. Celle de notre essai était le Meltring Silver (à 650 €).


Mini Clubman JCW : Le plaisir de conduire…

Retour au volant, où l’on profite d’une direction qui devient de plus en plus consistante et précise à mesure que la vitesse grandit. Dans le rétroviseur, une originalité de cette Clubman : la séparation centrale de la lunette arrière, provoquée par les deux portes battantes du coffre. L’habitacle tout entier est d’ailleurs assez sombre, la faute à un vitrage latéral fin et à l’absence, dans notre modèle d’essai, de toit vitré. L’ambiance peut toutefois être éclaircie par certaines selleries cuir, qui réclament jusqu’à 2000 € en option.

Des sièges en tout cas, on apprécie le maintien latéral qui permet de se concentrer sur le volant, dont la jante est particulièrement épaisse. Le freinage avec étriers 4 pistons est irréprochable et endurant, avec des disques de 360x30 mm ventilés à l’avant et 360x20 mm à l’arrière. De plus, le centre de gravité naturellement bas de la voiture (haute de 1,44 m) participe de sa stabilité. Pour autant, la sportivité n’est pas « naturelle » chez ce break : le frein à main est électrique -il sera manuel sur la GP- tandis que, par défaut, la voiture démarre non pas en mode Sport toujours en mode Intermédiaire (le troisième étant le mode Eco).

… dans un certain inconfort

La conduite de la Clubman JCW souffre cependant plusieurs critiques. La première et la plus agaçante va à la réactivité de la boîte automatique 8 rapports : si dès 0 km/h la voiture bondit, en reprises elle réclame un temps de réponse de près d’une seconde. Ce manque de rapidité à transmettre la puissance du 2,0 l biturbo aux roues a lieu même en mode Sport, sans que l’on arrive à identifier exactement pourquoi. S’agit-il de l’électronique ? Il faut dire que la voiture embarque un différentiel autobloquant mécanique sur le train avant et surtout la transmission intégrale All4 qui répartit au mieux le couple (jusqu’à 450 Nm) entre avant et arrière.

Cette situation s’améliore légèrement si l’on passe les rapports au volant (les palettes auraient mérité être plus longues et moins plastiques), mais cela déconcerte. A l’inverse, à allure stabilisée, c’est le bourdonnement du moteur, gentiment démonstratif à l’échappement, qui peut finir par lasser. Dernier point de reproche en comportement routier, de légères trépidation se font ressentir des suspensions sur un bitume irrégulier ou des bandes rugueuses. Une situation que nous n’avons pu vivre qu’en jantes 18 pouces, sachant qu’il existe une option pour des jantes 19 pouces qui doivent elles aussi composer avec le tarage ferme des suspensions. Un paradoxe alors que la marque annonce ces nouveaux amortisseurs comme étant là pour offrir plus de confort… sans nuire au sport.


Mini Clubman JCW : Kart des familles

Sportive, la Clubman JCW n’en oublie pas pour autant les aspects pratiques. Les portes battantes s’ouvrent sur un coffre de 360 dm3, un volume similaire à une Mercedes A35 AMG, facilement logeable malgré un seuil assez haut. Les dossiers du rang 2 peuvent être redressés à 90° pour gagner en espace, ou être rabattus pour atteindre les 1250 dm3 – il faudra alors trouver où ranger le tendelet.

Si vous devez transporter des passagers, le rang 2 accueillera sans problème 2 occupants avec une longueur de banquette suffisante. La connectivité est au rendez-vous avec une prise USB en façade à l’avant et une USB C dans l’accoudoir. Les aides à la conduite, en revanche, se limitent au maintien en file et au freinage automatique d’urgence : pas (encore ?) de conduite autonome de niveau 2 au programme. Au demeurant, la Mini Clubman, qui réalise 14 % des ventes de Mini dans le monde, est la troisième Mini la plus vendue en France, avec près de 3500 unités écoulées l’an passé. La France est le cinquième marché de Mini dans le monde derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Etats-Unis et la Chine.

Performance


Performance
5 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
4 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
2 / 5
Confort
2 / 5

Verdict

Conclusion:


Mini Clubman JCW : Mini Go fast

Pour une Mini, cette Clubman JCW est spacieuse, rapide et fonctionnelle et surtout, à nulle autre pareille. Cela confirme qu’elle a sa place sur le marché pour qui cherche une voiture puissante, attachante et démonstrative. Il faut en avoir les moyens, car à 44 900 € et 3290 € de malus, elle monnaie chèrement son exclusivité. Rien de plus normal chez Mini cependant, qui propose également ce 4 cylindres de 306 ch sur le SUV Countryman et, d’ici la fin de l’année, sur la petite Hatch en version GP.

Texte@ de François Mortier pour LRA