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Essai nouveau C-HR Hybride 2.0 : Ma Toy n’a que de la gueule ?

C’est en tout cas ce que l’on pouvait dire de la précédente génération. Avec son style ultra accrocheur et son moteur hybride de 122 chevaux, issu de la Prius, il y avait vraiment un décalage entre l’allure et les sensations au volant, bien trop moribondes. Mais cet état de fait est peut-être derrière nous, puisque pour son lifting, Toyota a vu les choses en plus grand, avec l’arrivée d’un nouveau moteur hybride de 184 canassons. Nous voici en route pour le Portugal, pour la découvrir.

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Le 1er Toyota C-HR

Dans la gamme des SUV compacts, le C-HR est une sorte d’ORNI. Un Objet Roulant Non Identifié. Ce SUV s’est étrangement affranchi des codes du segment et encore plus de ceux de la marque nipponne, très conservatrice, pour nous offrir un modèle au look « bestial ».

Ses lignes semblent avoir été taillées par des designers sous extasy ayant oublié leurs compas. Toute sa silhouette est construite autour de longues lignes droites. Il faudra chercher plusieurs minutes pour entrapercevoir une courbe sur un double décimètre. C’est sportif sans aucun doute… du moins de dessin. Car sous le capot se cache un « agneau » qui prend l’apparence d’un 1.8 L hybride de 122 chevaux.

Une puissance qui obligeait le conducteur à ne jamais faire la course à un feu rouge, ou sur une montée, sous peine de se voir humilier par un vieux Monospace TDI. Pourtant, lors de notre essai, le châssis nous semblait pointu et ne demandait qu’à prendre de la vitesse et des appuis… mais pas le couple moteur/boîte, bien trop mollasson.


Le nouveau Toyota C-HR

Cette nouvelle génération, étrangement, conserve presque la même allure que la précédente génération. On notera cependant, pour les aficionados, de nouvelles optiques avant. Elles gagnent une signature lumineuse plus aboutie en forme de vague et intègrent désormais des clignotants. En poupe, les feux arrière sont revus à la marge et sont reliés entre eux par un becquet de coffre noir laqué qui homogénéise l’ensemble.

Dans le cockpit, c’est toujours la même histoire. Il semblerait que les concepteurs se soient calés au volume habitable d’une studette d’étudiant plus qu’à celui d’un loft de Trader. L’espace à bord y est un peu étriqué, alors que les places arrière ont été sacrifiées sur l’autel du design ! À la place des vitres, on peut entrouvrir des meurtrières alors que les massifs montants C créent non seulement une atmosphère sombre, mais ils rendent également les manœuvres complexes par manque de visibilité. Bref… claustrophobes s’abstenir !

Bien heureusement le C-HR inaugure un nouveau système multimédia. Toyota annonce qu’il est « bien plus moderne et connecté qu’auparavant ». Bon, en effet le système de série est capable de se mettre à jour à distance par la technologie « over the air ». Mais cela ne fait pas de lui une star de son segment. Bien au contraire, l’écran est peu réactif et les dessins vieillots. Nous vous conseillons de brancher votre smartphone, car il gère bien les dernières versions d’Apple Carplay et Android Auto. De quoi naviguer avec WAZE, écouter sa playlist, ou communiquer avec ses proches via ses applications préférées.

Que vaut ce nouveau Toyota C-HR sur la route ?

C’est indéniablement meilleur. Le nouveau système hybride offre une cavalerie capable de séduire les conducteurs ne cherchant pas uniquement un simple moyen de locomotion. Alors qu’avec le petit 1.8 hybride, on a tendance à se laisser porter par le trafic, avec le 2.0 hybride, on l’affronte ! Plus question de se faire prendre au jeu du feu rouge par un turbo diesel. Ce nouveau groupe a du coffre. Et pas seulement grâce au moteur thermique qui a pris de l’envergure en proposant plus de 150 ch. Le moteur électrique développe plus de puissance avec 109 ch et 202 Nm de couple. À savoir, le 1.8 hybride se contente de 72 ch et 163 Nm. Cerise sur le gâteau, le terrible effet « moulin à café » des hybrides Toyota est réduit. En gros : on appuie, ça mouline, mais ça avance, maintenant.

Ce gain de puissance s’accompagne d’un travail sur la plateforme. Si elle nous semblait plutôt bien conçue, il nous manqua de la puissance pour vraiment la taquiner. Cette fois, on peut vous le dire… le Toyota C-HR n’est pas une sportive ! Attention, son comportement est sain, mais le train avant a tendance à allonger sa courbe si vous la poussez franchement dans ses retranchements.

Qui dit cadence soutenue, dit généralement passage à la pompe plus régulier. Et… c’est bien le cas. Le C-HR 2.0 Hybride demande environ 7,8 litres d’essence aux 100 km en conduite légèrement sportive. Ce qui reste raisonnable au vu de notre essai. En adoptant l’écoconduite, le SUV devrait pouvoir se contenter d’entre 6 et 6,5 l/100 km.


Combien coûte le nouveau Toyota C-HR ?

Déjà, sachez qu’il est plutôt cher, ce SUV compact super looké. La gamme commence à 29 800 € pour la version 122 chevaux en finition Dynamic. Il faudra dépenser, au minimum, 35 300 € pour disposer de la mécanique 2.0 l hybride proposée pour le milieu de gamme Distinctive. Sa version la plus haut de gamme, Collection, comme notre modèle d’essai, est quant à elle facturée au prix de 38 800 €.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
3 / 5
Habitabilité
2 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
2 / 5
Confort
3 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • - Le style sportif
  • - Le moteur répond bien
  • - Consos en écoconduite (seulement)
  • - Espace à bord
  • - Tarif, surtout en 2.0 hybride
  • - La boîte de vitesses mouline toujours

Conclusion:


Bien plus que le plumage, le nouveau C-HR de Toyota nous offre un nouveau ramage qui séduira par ses performances plus soutenues et son agrément général largement en hausse. Cette info vaut surtout à l’avant. Pour les passagers arrière, c’est toujours la crise du logement.

Vous voulez sortir des chemins battus, comme tout bon SUV qui se respecte ? Oubliez cette idée tout de suite. Sinon, votre carrossier sera ravi de vous accueillir en vous présentant une belle facture avec plusieurs zéros dessus.