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Essai Skoda Superb Scout : que dire ?

Il est de ces voitures dont on ne sait pas vraiment quoi dire, pour diverses raisons : manque d’inspiration, pas assez de temps passé au volant, ou alors parce que l’essai précédent était un modèle qui nous a fortement marqués par exemple. Dans le cas de cette Superb restylée, ce n’est pas le cas. Du temps j’en ai eu, avec des conditions fort agréables sur les belles routes (et en dehors) de République tchèque et je n’ai rien essayé de particulièrement transcendant ces derniers temps… Qu’est-ce qui peut bien me bloquer alors ?

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L’évolution stylistique très légère n’est certes pas source de logorrhée puisqu’elle se concentre principalement sur les projecteurs avant et arrière désormais full LED, de nouvelles jantes ainsi qu’un lettrage Skoda remplaçant le logo sur le hayon de coffre. Pas une révolution donc, tout juste une évolution pour cette berline justement plébiscitée pour son classicisme élégant.

Néanmoins, cette mise à jour apporte une inédite déclinaison Scout qui se voit affublée des attributs de l’aventurière : passages de roue en plastique noir et protections des soubassements gris, le tout rehaussé de 15 petits millimètres et habillé du bel orange Tangerine exclusif à cette déclinaison tout comme les inserts décoratifs façon bois clair et la sellerie spécifique Scout à l’intérieur.

L’habitacle n’évolue pas et sur certains points c’est une bonne nouvelle. Le coffre demeure gigantesque avec un volume de chargement de 660 litres tandis que les passagers arrière sont toujours choyés avec l’immense espace qui leur est réservé. Tout au plus la Superb 2019 apporte quelques éléments chromés ainsi que l’éclairage des bacs de portes et un emplacement de recharge par induction des téléphones agrandi afin de recevoir sans problème les derniers smartphones.



L’instrumentation digitale est déjà connue et toujours aussi simple et efficace tandis que l’écran tactile de la console centrale mériterait d’être accompagné de boutons d’accès direct aux fonctions les plus importantes. Bref, l’intérieur joue la même carte que l’extérieur, la sobriété et le sérieux sans le moindre grain de folie mais tout en praticité grâce au « simply clever » cher à la marque tchèque. Un parapluie inclus dans chaque portière avant, un grattoir caché dans la trappe à carburant, des supports de téléphone aux places arrière ou encore une poubelle dans le bac de portière. Tout est intelligemment pensé pour faciliter la vie des occupants déjà bien installés.

Du côté des technologies, la Superb est d’office bien dotée, mais ajoute désormais la technologie Matrix LED qui s’occupe de gérer l’éclairage des feux avant de façon autonome, plein phare inclus, sans jamais éblouir les autres usagers de la route.

Sur la route et en dehors

La Superb Scout n’est disponible qu’avec les moteurs les plus puissants, d’un côté le 2,0 litres TDI de 190 ch et de l’autre le 2,0 litres TSI de 272 ch pour lequel nous avons opté, toutes deux équipées de la transmission intégrale 4x4 et d’une boîte de vitesses DSG à 7 rapports.

Cette dernière est d’ailleurs un peu mollassonne, notamment à la relance, sans que ce soit réellement gênant pour ce type de véhicule à vocation routière. Sur ce point-là, c’est sans surprise non plus. La garde au sol rehaussée ajoute un léger roulis néanmoins bien contenu tandis que la tenue de route globale est on ne peut plus neutre avec un bon train avant qui élargit légèrement les trajectoires en conduite dynamique.



Vous me direz, c’est une Scout, elle n’est pas dédiée à la conduite dynamique. En théorie, c’est vrai. Dans la pratique, le moteur essence de 272 ch et 350 Nm joue les tentateurs via une sonorité feutrée, mais appréciable ainsi que des performances de tout premier ordre puisque la barre des 100 km/h est franchie en seulement 5,7 secondes avant que la vitesse maximale de 250 km/h soit atteinte. La tenue de route en elle-même, si elle n’est pas sportive, permet tout de même de passer en courbe à des vitesses déjà largement illégales.

En dehors des routes habituelles, la Superb Scout ne fait pas d’éclat particulier. Les 15 mm de garde au sol supplémentaires ainsi que le mode Off-Road sélectionnable dans le Driving Mode Select, ne font pas du break tchèque un franchisseur hors pair et ne lui permettent pas de s’aventurer plus loin que des chemins légèrement cassants. Il n’empêche, sa transmission à quatre roues motrices et l’amortissement confortable lui permettent de s’en sortir avec quelques lauriers tout de même. Quelques passages boueux ont en effet été effacés avec une facilité inattendue.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
5 / 5
Consomation
4 / 5
Prix
4 / 5
Confort
4 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • Espace à bord gigantesque
  • Confort et tenue de route
  • Performances
  • Boîte de vitesses un peu lente
  • Pas assez surélevée pour en faire une baroudeuse

Conclusion:


Si je ne sais pas quoi dire, c’est que tout est à sa place, rien ne dépasse, il n’y a absolument rien de mauvais, rien d’extraordinaire non plus. La Skoda Superb Scout n’a certes rien d’exaltant, mais elle a pour elle une homogénéité remarquable, rien d’objectivement critiquable le tout sans surfacturer à outrance ses prestations (46 250 € pour notre modèle d’essai, hors option) et une consommation bien maîtrisée puisque je me suis contenté de 8,3 l/100 km de moyenne lors de cet essai. La définition d’une bonne voiture en somme. Son classicisme est un réel atout pour ceux qui ne voient pas d’un bon œil les designs de plus en plus vulgaires chez certains constructeurs et tant pis si l’intérieur semble triste tant il recherche la sobriété.