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Michelin démonte les idées reçues sur le pneu

À la question : « comment savoir si un pneu est sûr ? », la réponse de Pierre Robert, vice-président du programme Ambition test chez Michelin fuse aussitôt : « il faut les essayer ». Une réponse tellement spontanée et naturelle qu’elle en est des plus déconcertante. Car le pneu « n’est pas une science exacte, argumente Pierre Robert. Au-delà des nombreux préjugés, par exemple “la profondeur de sculpture qui ne veut rien dire sur la performance du pneu”, les facteurs d’usure, la résistance au roulement, le type de route, les conditions météorologiques… le meilleur pneu est tout simplement celui qu’on trouve dans les rayons d’un magasin », ironise-t-il.

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Chez Michelin, le pneu est plus qu’un élément clé, il s’agit d’une conviction. Derrière une simple phrase ironique, se cache une réelle question de sécurité, pour ne pas dire philosophique.

« Il n’y a pas de règles » sur la théorisation de la sécurité d’un pneu, reconnaît le directeur des programmes de tests de sécurité. Un sujet tellement délicat qu’il vaut mieux un test grandeur nature, dans les conditions réelles.
En effet, « il arrive même parfois qu’un pneu neuf ait une distance de freinage plus longue qu’un pneu usé ». Partant de ces nombreux constats, le leader historique et mondial se réjouit à l’idée d’entamer une série de réunions et de travaux avec la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (UNECE) et de l’Union européenne concernant les nouvelles régulations.

Les régulations de Bruxelles sont drastiques en matière de pneus, l’on prend ainsi en compte le bruit, la résistance au roulement et l’adhérence sur sol mouillé. Mais « sur des pneus neufs et pas des pneus usés », s’étonne-t-on chez Michelin. Et pour cause, l’on roule rarement longtemps avec des pneus neufs. Or, si l’on veut que les mesures soient cohérentes et collent aux conditions de roulage réelles, « l’inclusion des mesures de pneus usés est un facteur important ».


Alors que certains pays, comme l’Autriche, ou certains revendeurs, garagistes peu scrupuleux préconisent un renouvellement des montes pneu à partir du seuil de 4 mm, Michelin tire la sonnette d’alarme sur l’absurdité de telles décisions qui ne serviraient que les intérêts commerciaux au détriment de ceux de l’environnement ou du simple bon sens.

L’état d’esprit de Michelin n’est pas de faire du chiffre, mais de vendre de la valeur et a fortiori de la mobilité. On a toujours fait cela, assure-t-on au sein du directoire de Michelin qui se réfère à un slogan d’antan : « les plus belles performances sont celles qui durent ».

C’est pourquoi le constructeur français de pneumatiques s’attache à démontrer que la loi et ses seuils limites d’usure max de 1,6 mm sont très raisonnables.

Notre message est clair, insiste-t-il, il faut tester le pneu ! » Joignant le geste à la parole, nous sommes invités à prendre place à bord de voitures équipées de pneus Michelin usés puis d’autres montes comme Avon sur une piste gogée. Tout ceci en vue de tester dans des conditions les plus poussées afin d’évaluer les vraies performances des pneus sur routes mouillées, car « on roule très rarement avec plus de 1 mm d’eau sur les routes, sauf en cas de tempête extrême ».

Le résultat est sans appel. Les distances de freinage avec un pneu Michelin sur route mouillée après un freinage d’urgence sont de 60 m en moyenne, contre 80 m en moyenne avec un pneu Avon qui, lui, partira en aquaplanning tout au long de la surface arrosée.

De même, lors des virages, l’on est ébloui par la tenue de route, que ce soit sur sec ou mouillé avec la voiture équipée de pneus Michelin alors que celle équipée de pneus Avons s’apparenterait plus à une caisse à savon.

Une sensibilisation sur circuit qui a le mérite d’attirer l’attention sur un élément clé de l’automobile et qui est bien trop souvent négligé : le choix des bons pneumatiques. Un choix qui a son importance cruciale, comme on peut le voir lors des courses en Formule 1. 

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
4 / 5
Confort
4 / 5

Conclusion:


L’attachement du Bibendum sur la qualité de ses pneus, vendre à bon service plutôt que de vendre de la quantité et s’illustrer notoirement sur la performance du pneu dans la durée. Tel est l’honnête dessein d’un vrai savoir-faire qui perdure encore chez Michelin.