logo La revue auto

Essai BMW X5 M50d : la toute puissance du diesel

Le Panzer de BMW se renouvelle ! Cet objet roulant, qui peut s'enorgueillir d'avoir initié la mode des SUV passe, à  sa 4e génération. Après plus de 2,2 millions d'unités vendues à  travers le monde, remplacer ce X5 et le rendre encore meilleur n'est évidemment pas chose aisée. Et pourtant, les ingénieurs bavarois ont encore fait des merveilles. On vous invite donc à  monter à  bord avec nous dans les alentours de Marrakech.

Exterieur_Bmw-X5-M50d-2019_2 Exterieur_Bmw-X5-M50d-2019_19 Exterieur_Bmw-X5-M50d-2019_23 Exterieur_Bmw-X5-M50d-2019_25 Interieur_Bmw-X5-M50d-2019_39 Interieur_Bmw-X5-M50d-2019_47
Voir la galerie photo

Un BMW X5 qui se fait attendre…

Je ne sais pourquoi, mais en cette fin d’année, les constructeurs ont décidé de nous envoyer sur les routes défoncées du Maroc pour essayer leurs nouveaux modèles. Alors avant de prendre le volant de cette bestiole à la carrure impressionnante, je me plonge dans les informations du communiqué de presse, pour avoir les contours de ce qui se cache sous ce nouveau BMW X5.

BMW X5, de plus en plus imposant…

Le X5 est un peu la star de la gamme BMW. Son patrimoine génétique en atteste. Il emprunte ni plus ni moins la plateforme CLaR de la limousine, la BMW Série 7. Il y a pire comme base d’ADN ! D’ailleurs grâce à celle-ci, il gagne des centimètres un peu partout vis-à-vis de son ancêtre.

Son imposante silhouette s’allonge sur 4,92 mètres de longueur (+ 36 mm), 2 mètres de largeur (+ 66 mm) et culmine dorénavant à une hauteur d’un mètre soixante-quinze (+ 19 mm). Évidemment ce changement de gabarit n’est pas fortuit. Ce nouveau X5 offre un empattement (distance entre les roues avants et arrière) de 2,97 mètres soit un gain de 42 millimètres à répartir dans l’habitacle.

En passant par la case options, celui-ci peut s’équiper d’une troisième rangée de sièges pour transporter 7 personnes. Ainsi pourvu, le X5 gagne d’office une deuxième rangée coulissante électriquement. La soute à bagages n’est pas en reste avec une capacité oscillant entre 645 litres et 1 860 litres avec les sièges arrière rabattus. Son chargement est simplifié par une ouverture de hayon électrique en deux parties. Pour informations, la tablette basse supporte des charges de 250 kg.

Comment ne dire mot sur son style ? Jamais une BMW n’avait été aussi imposante par son style. Fini, la finesse des lignes. Ici, le X5 compte bien impressionner les badauds. Pour ce faire, la calandre se dégage de la place en hauteur et en largeur. À tel point que les deux haricots caractéristiques se touchent désormais. Les optiques, flanquées dans les coins supérieurs, semblent imiter les yeux d’un félin par leur finesse. La poupe tire plusieurs des traits horizontaux. Ce qui renforce cette impression de largeur qui n’en avait pas vraiment besoin au vu de son gabarit.

Essai du nouveau BMW X5 et sa version M50d avec son puissant moteur diesel à 4 turbos

BMW X5, de plus en plus moderne

En feuilletant les innombrables pages sur ce dossier explicatif du nouveau X5, on peut voir que le grand SUV a fait une razzia dans le catalogue des nouveaux gadgets à la mode.

Tout commence par les écrans digitaux. Il y en a 2 et chacun mesure 12,3 pouces de diagonale. Si le premier se cache derrière le volant, et peut changer à la guise du conducteur, le second pilote le système d’infodivertissement. Ici, on contrôle la navigation, la sono, le hotspot WiFi, les applications connectées qui permettent (entre autres) de recevoir l’info trafic ou bien une conciergerie. À l’instar des Série 7 et Série 5, il se commande via la multitude de boutons placés sur la planche de bord ou par des gestes. C’est très amusant, surtout pour les grands enfants « qui peuvent se la jouer ».

La modernité passe par des assistances à la conduite. Ce nouveau BMW X5 tape fort avec des capteurs et caméras qui se cachent tout le long de sa carrosserie. Tel l’œil de Moscou, rien ne lui échappe. À tel point qu’il est capable de conduire presque tout seul sur route avec son régulateur de vitesse adaptatif couplé au maintien dans les voies. Un embouteillage, pas de problème, le X5 gérera tout seul ses distances avec la voiture de devant.

Si dans les faits c’est pratique, il faut dire que ces systèmes se généralisent dans tous les nouveaux modèles. Même au sein des gammes des constructeurs généralistes. Vous imaginez donc bien que BMW ne pouvait se contenter de ça. C’est pourquoi les ingénieurs nous proposent de série une aide à l’évitement d’une collision, un avertissement de circulation perpendiculaire devant et derrière la voiture et une aide au freinage d’urgence pour le conducteur lorsque celui-ci ne se sent pas bien. Ce n’est pas fini, si le X5 se garde tout seul, c’est-à-dire que le conducteur ne gère même plus l’accélérateur, les ingénieurs lancent en première mondiale le Park Assist Plus qui enregistre les mouvements du volant pour les récréer en marche arrière. Un système qui devrait – lorsqu’il sera mis à jour, car sur mes essais il n’était pas fiable – éviter les problématiques marches arrière dans les parkings exigus.

Un BMW X5 M50d pour commencer !

La gamme de motorisations pour son lancement se limite à quatre propositions. Ou du moins trois, car le X5 xDrive 50i équipé de son somptueux V8 de 4,4 litres disposant de 462 équidés, ne posera pas ses roues chez nous. Il est pour l’instant réservé aux marchés moins sévères question grosses motorisations, comme les USA et l’Asie.

Pour nous consoler, il reste tout de même en essence le X5 xDrive 40i. Celui-ci se compose d’un six cylindres en ligne couplé à un double turbocompresseur. Ce moteur, bien connu des BMistes, envoie pas moins de 340 chevaux et 450 Nm de couple sur les 4 roues. Ses chiffres sont plutôt sympatoches, puisqu’il expédie le 0 à 100 km/h en 5,5 secondes. Bon… un tel objet ne peut se contenter d’une ration d’eau de chameau. Si la consommation normée est de 8,7 litres, il y a fort à parier qu’en condition réelle de roulage, la moyenne devrait monter à plus de 12 litres. C’est qu’il faut les bouger les 2 135 kg. Pour les plus assidus, à la consommation et surtout à la fiscalité, BMW proposera courant 2019 son arme absolue : un BMW X5 hybride rechargeable. Pour un tarif estimé à 90 000 €, le X5 xDrive 45e iPERFORMANCE donnera pas moins de 394 canassons pour 49 grammes de CO2.

Revenons à aujourd’hui. De l’autre côté de la gamme, les méchants diesels (d’après la convenance du moment) sont toujours de la partie. Le X5 xDrive30d, qui est l’offre la plus raisonnable du moment, se contente de 265 chevaux et 620 Nm de couple issus de son six cylindres de 3 litres. Question chiffres, il ne demande que 6,5 secondes pour arriver à 100 km/h. Et tout cela pour « seulement » 158 g de CO2.

Mais, le problème, c’est qu’avec Étienne, BMW nous proposa de prendre la clé de sa « bête bleue ».

Au volant du nouveau BMW X5 M50d

Notre BMW X5 M50d

Ce Panzer cache sous son capot un 6 cylindres en ligne gavé d’air par quatre turbocompresseurs. S’il ne cube que 3 litres de cylindrée, il additionne une horde sauvage de 400 pur-sang et 760 Nm de couple ne buvant que du mazout. La cavalerie passe par une boîte automatique sport à 8 vitesses pour atteindre les 4 roues motrices. Dans cette finition Motorsport, les ingénieurs lui greffent de série un amortissement adaptatif, des barres antiroulis actives, les 4 roues directrices et un pont arrière avec différentiel auto bloquant.

Ainsi paré, le diesel reprend ses lettres de noblesse d’antan avec un 0 à 100 km/h en 5,2 secondes et une consommation normée de 6,8 litres aux 100 km. De quoi limiter ses émissions de CO2 à 175 grammes et ainsi la punition des 10 500 € du malus écologique.

BMW X5 : du sport, pas un franchisseur !

Une fois installé au volant, le luxe et le raffinement de la finition vous sautent aux yeux. Les matériaux sont d’une grande finesse et les ajustements irréprochables. La position de conduite surélevée, le long capot, la largeur de l’engin… Tout concourt au sentiment de puissance. Petite gâterie stylistique, notre X5 est même équipé du toit ouvrant panoramique « SKY VIEW », qui inonde de lumière l’intérieur, et des applications en verre « CraftedClarity ».

Levier de boîte de vitesses en cristal. Du bel ouvrage !

Une fois en route, pas simple de se faufiler avec ce mastodonte. Toutefois, son 6 cylindres fait des merveilles avec sa boîte automatique à 8 rapports. Il sait être d’une grande douceur, allant même à se faire oublier, pour se transformer en teigne à la moindre pression du pied droit. Les relances sont spectaculaires depuis les profondeurs du compte-tours jusqu’à plus de 4 500 tr/min. Avec son système de traction intégrale xDrive, ce X5 ne connaît évidemment aucun problème de motricité. Il se joue des conditions et raffole même des virages ! Voilà qui est plutôt peu commun pour un SUV… d’autant que celui-ci pèse 2 350 kg.

En position « Sport Plus », boîte auto en mode « S », ce X5 maîtrise ses mouvements de caisse à la perfection. On le place gentiment au freinage, accélère au milieu de celui-ci en débarquant un chouïa et il enroule comme nul autre autour des virolos. Les virages s’enchaînent et la méthodologie se perfectionne. Plus on accélère dans le virage et plus les roues extérieures prennent du grip. On reste stupéfait par son agilité !

Évidemment, ce comportement de grande routière se paye par un confort… de brute. La performance est difficilement conciliable avec la délicatesse des reins. Cela dit, la firme bavaroise a peut-être trouvé la solution avec les suspensions pneumatiques. Je dis bien peut-être, car impossible de mettre la main sur une version qui en est équipée.

Bon, on est au Maroc, dans la région de Marrakech, alors pour le plaisir de vos yeux, nous sommes sorties du droit chemin. Ou plutôt du chemin, en prenant la poudre d’escampette direction : les paysages pistes du désert d’Agafay.

Ici, les paysages se suivent et ne se ressemblent pas. De la terre aride, on passe à une oasis de verdure en quelques centaines de mètres. Mais tout cela sera fait avec grande prudence. Pas possible de faire de la vraie grimpette avec le X5. Sa hauteur de caisse et ses 4 roues motrices peuvent « dépanner », mais ce X5 est conçu pour la route et non pour le tout terrain ! Cependant, BMW propose enfin un pack Off Road. Celui-ci cumule une gestion de la motricité via l’électronique, des renforts dans le soubassement, un blocage de différentiel arrière et surtout les suspensions pneumatiques capables, dans les cas extrêmes, de soulever la machine de 7 cm.

Bien vu :
- Style sportif et élégant
- Finition irréprochable
- Le couple : moteur & boîte
- Les performances dynamiques

À revoir :
- Le confort trop ferme
- Les prix et options
- Il n’aime pas vraiment la boue
- Un pousse-au-crime !

Photos© Etienne Rovillé pour LRA

Les fiches techniques du nouveau BMW X5 millésime 2019 :

 

BMW X5

xDrive40i

BMW X5

xDrive30d

BMW X5

M50d

Nombre de cylindres /Cylindrée (cm3)

6 / 2 998

6 / 2 993

6 / 2 993

Puissance (ch/ kW)

340/ 250

265 / 195

400 / 294

Couple maximal (Nm) /

Régime (tr/min)

450 /

1 500–5 200

620 /

2 000–2 500

760 /

2 000–3 000

0 à 100 km/h (s)

5,5

6,5

5,2

Poids DIN (kg)

2 135

2 185

2 350

Consommation moyenne (l/100 km)

8,5 –8,7

6,0 –6,7

6,8 –7,2

Émissions CO2(g/km)

193 -197

158 –175

179 -189

Malus 2018 (€)

10 500

3 660 –7 613

8 753 -10 500

 

Les prix du BMW X5 millésime 2019 :

 

Puissance

Lounge

xLine

M Sport

M50d

BMW X5 xDrive30d

265 ch

72 400 €

77 500 €

79 050 €

-

BMW X5 

M50d

400 ch

-

-

-

100 350 €

BMW 

xDrive40i

340 ch

74 300 €

79 400 €

80 950 €

-

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
4 / 5
Consomation
2 / 5
Prix
2 / 5
Confort
3 / 5

Verdict

Conclusion:


BMW X5 M50d : le diable au corps ?

Ce nouveau BMW X5 M50d est un engin statutaire, une réussite dynamique qui donnera beaucoup de plaisir à son conducteur. Hargneux et disponible, le moteur avec ses 4 turbos ne manque pas de raffinement. Il oublie même le claquement rustre de ses prédécesseurs pour une vocalise… artificielle. Oui, BMW a choisi d’utiliser des haut-parleurs pour faire chanter son SUV.

Cela dit, il regorge d’équipements multimédias pour chouchouter ses passagers et ce n’est pas son espace à vivre ni sa finition qui vous dégoûteront de monter à bord. Non… je vous garantis que c’est l’attitude du pilote qui déchaînera votre colère, car tout comme nous, il lui sera impossible de conserver sa maîtrise. Un petit diable arrivera tout naturellement sur son épaule et le forcera à enfoncer les gaz.

C’est en sachant ceci que vous comprendrez que ma moyenne de 17 litres aux 100 km n’est pas représentative pour établir votre budget carburant. Par contre, il est certain que BMW vous demandera un minimum de 100 350 € pour en prendre les clés. Pour info, notre version bardée d’options fait monter son prix à plus de 120 000 €.