Comparatif

Essai comparatif : Alpine A110 VS Ford Mustang GT

Elle en a mis du temps avant de faire son retour. Elle, c'est l'Alpine A110. Ce fantasmagorique coupé français est enfin de retour sur les routes du Vieux Continent. Mais que vaut cette légende made in France face à l'autre mythe born in the USA signé Ford, la Mustang ?
Pour en avoir le cœur net, nous voici dans un essai comparatif digne d’une chorégraphie de track-dance dans les alentours de la capitale.

+ de photos Comparatif Alpine A110 VS Ford Mustang

Alpine A110, un mythe VS Ford Mustang, une légende

L’Alpine A110

Après un nombre incalculable de concepts et autres prototypes, Renault s’est enfin décidé à faire revivre le blason Alpine. Tel un phœnix qui renaît de ses cendres avec toujours plus de forces, la berlinette nous revient d’une bien belle manière avec une structure en aluminium ultra léger et des mensurations de petite puce.

4,18 m de long, 1,25 m de haut et 1,80 m de large. Cette berlinette fait en effet figure de lilliputienne au milieu des sportives hypertrophiées du moment. Et c’est d’ailleurs la même histoire question moteur. Ici, l’A110 se contente d’un petit 4 cylindres turbo cubant 1,8 litre et ne proposant que 252 canassons. Cependant, avec sa masse de 1,1 tonne et son rapport poids/puissance de 4,35 kg par cheval, elle est capable de taper un 0 à 100 km/h en moins de 4,5 secondes.

La Ford Mustang

Au contraire de Renault et de son Alpine, Ford n’a jamais arrêté de produire sa légendaire Mustang. Bien sûr il y a eu des millésimes plus pimentés que d’autres, mais elle a survécu. Du moins sur le sol de l’oncle Sam. Car il aura fallu attendre 2015 pour la voir officiellement importée en France et en Europe.

Ce millésime 2018 est une phase 2 de la Mustang VI. Ce lifting revoit son design qui devient plus « méchant » avec l’apparition d’appendices aérodynamique. Si l’Alpine se la joue voiturette, l’Américaine fait tout le contraire. Pour s’en convaincre, il suffit de lorgner du côté de ses mensurations. 4,8 m de long et plus de 1,9 m de large…

Sous le capot, c’est la même histoire. Bien évidemment, il y a le 4 cylindres turbo de 2,3 litres disponible dans le catalogue, mais honnêtement, quitte à essayer cette légende, autant le faire avec panache, non ? C’est donc le gargantuesque V8 atmosphérique de 5 litres qui propulsera cette sportive aux gênes 100 % US !

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si l’Américaine rend plus de 650 kg à la Française, les 450 chevaux et 527 Nm de couple lui permettent d’expédier le 0 à 100 km/h en 4,3 secondes, alors que la vitesse de pointe s’accommode d’un 249 km/h.

Alors, quel est le meilleur coupé : la Mustang ou L'Alpine?

À l’intérieur  : Ford Mustang

Il faut bien commencer ce comparatif par un bout, alors prenons le plan du confort. La conception allégée de l’Alpine fait ici merveille. Son typage « voiture de rallye » lui offre des amortisseurs au tarage souple. Étonnant pour un petit coupé sportif me direz-vous. Mais pour prendre à vive allure les routes imparfaites de montagne, il vaut mieux ne pas se la jouer pistarde. La Mustang quant à elle, préfère la technologie et les suspensions actives. Ici, c’est le pilote qui choisit la dureté de ses suspensions via le système MagneRide.

Dans le cockpit de l’Alpine, c’est la crise du logement. Il faut voyager très léger… et on ne sait pas où déposer son portefeuille et son smartphone. Pire, même les papiers de la belle deviennent problématiques, car, j’ai eu beau chercher, la boîte à gant est absente. Dans la Mustang, il y a un coffre assez généreux pour deux, voire trois passagers. Car, oui, l’Américaine est un coupé capable d’accueillir jusqu’à 4 personnes. Ou plutôt, disons 2 adultes et deux enfants à l’arrière. À noter, les sièges de l’Alpine ne se règlent qu’en profondeur. Le dossier est fixe comme dans une vraie voiture de course. Ce qui ne permettra pas à tous les gabarits de trouver une position idéale. La Mustang propose des sièges sport aux multiples réglages.

Les entrailles  : Ford

Ici, nous faisons face à deux visions de l’Automobile. L’Américaine fait fi de la planète. Son énorme moteur, un V8 de 5 litres est un véritable glouton qui demande en conduite écolo plus de 10 litres aux 100 km. Cependant, pour ce tarif on dispose d’une sonorité incomparable qui explose dès le démarrage, l’embrayage et la boîte de vitesses se manient avec précision et virilité. Le coupé se laisse facilement conduire et tour après tour, le rythme augmente. Bien sûr, avec son V8 placé à l’avant, le capot moteur est lourd, mais le sous-virage reste aisément contrôlable.

De son côté, l’Alpine A110 se la joue européenne avec un petit moteur turbocompressé. Lui, il ne demande que 6,3 litres aux 100 km. Ici, pas question de réveiller les voisins au démarrage comme avec l’Américaine. La sonorité du moteur, dont on entend bien le souffle du turbo, est assez sympa quand on accélère franchement, mais cela ne reste qu’un joli ronronnement.

La Ford remporte toutefois le point « moteur » en raison de son excellent accord avec sa boîte de vitesses automatique à 10 rapports tandis que la boîte à double embrayage de l’Alpine tricote parfois et surtout ne laisse jamais le pilote atteindre le rupteur.

Sur la route  : Alpine

Cette Mustang, avec son V8 de 5 litres qui gronde tel un T-Rex, incite à la débauche. Une débauche qu’elle ne transforme plus en rodéo, car la légende a su se renouveler en empruntant les meilleures technologies des ingénieurs du Vieux Continent. Suspensions indépendantes, différentiel à glissement limité mécanique, suspensions pilotées et ESP progressif, rien ne manque pour garder les excellents pneus Michelin sur le macadam. Cela dit, il faut s’en occuper lorsque le paysage défile vite. Surtout lorsque le pied droit touche le plancher et que l’avant se cabre. Ici, il faut être bien certain de son freinage et de l’angle d’attaque du virage.

La magie Alpine opère dès le premier mètre. La Française est bel et bien l’héritière de l’A110. Cette belle bleue est un jouet qui donne le sourire à l’approche de la moindre courbe. Avec elle, il faut gérer les transferts de masse pour déhancher légèrement de l’arrière et ensuite « enrouler » les autres virages en légère glisse. L’Alpine virevolte, danse même, d’un virage à l’autre et ses freins sont toujours présent. Il n’y a pas à dire, light is right. Notons également cette direction très précise, cet amortissement formidablement confortable et ce moteur plein à tous les régimes qui manque encore un peu d’allonge.

Quelle sportive de légende acheter ?

Alpine A110 ou Ford Mustang ?


Au décompte des points, la Ford Mustang semble remporter la confrontation. Mais à l’applaudimètre, c’est bien la Française qui remporte les suffrages. On a arrêté de compter le nombre de pouces levés et de discussions engagées sur le bord de la route durant notre essai à son volant. La Mustang est loin de se déshonorer. Elle est mieux finie, plus logeable à l’usage et tout aussi fantasmagorique.

Mais l’Alpine A110 parvient à remporter la victoire par son côté plus européen. Elle est incroyablement joueuse, plus sophistiquée à conduire, largement plus endurante, plus économique en carburant et plus écologiquement viable.

Match entre la Ford Mustang GT et l'Alpine A110

Photos ©Julien Fautrat pour LRA

Remerciements : Groupe Schumacher et Ford France

Benoit Alves

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