Essai du MAXUS T90 EV : 60 000€ d’économie !

Le marché des pick-up est étrangement en pleine effervescence pour cette année 2024. Il y a l'arrivée de nouveaux modèles comme le Ford Ranger ou son cousin teuton le Volkswagen Amarok, mais il y a surtout le début de l’ère électrique qui frappe à la porte du vieux continent. Si le Tesla Cybertruck n’a pas encore prévu de poser ses roues crantées chez nous, le pick-up électrique chinois, le MAXUS T90 EV, ne fait pas la fine bouche et s'apprête à conquérir le marché hexagonal.
Il faut dire que ce pick-up arrive à point nommé !
Puisque notre fiscalité montre clairement du doigt les pick-up et tend à les faire disparaître de notre paysage grâce à un Malus qui devrait atteindre les 60 000€. Le seul salut pour ces engins utilitaires c’est de passer par le zéro émission de gaz. MAXUS T90 EV est donc le tout premier du genre et ne sera pas sujet à une taxation exorbitante. Un argument qui ne peut nous laisser de marbre, et c’est la raison pour laquelle nous avons accepté d’en prendre le volant dans la région d'Aix-en-Provence, sur les routes sinueuses et les chemins escarpés de la Provence. Voici ce qu’il faut savoir…

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MAXUS T90 EV : le tour du propriétaire !

Vous ne connaissez pas la marque MAXUS ?
Quoi de plus normal, puisque cette filiale du géant chinois de l’automobile, SAIC, vient tout juste de poser ses roues en France grâce au groupe de distribution « Car East » qui détient dans son escarcelle MG Paris et Aiways France. Le projet du groupe pour cette marque est assez clair, car la firme compte faire de MAXUS l’un des leaders français de l’utilitaire électrique. La gamme s’articule, en ce début 2024, d’une fourgonnette électrique la MAXUS eDeliver3, d’un fourgon électrique eDeliver9 et d’un pick-up électrique, le MAXUS T90 EV. C’est donc celui-ci qui nous intéresse.

Cet engin ne passe pas inaperçu, avec ses dimensions dignes d’un porte-avions. Il allonge ses lignes sur près de 5m36 de longueur, 1m90 de largeur et le tout sur 1m83 de haut. De face on est comme littéralement aspiré par cette immense grille de calandre chromée qui ridiculise, par sa taille les gros naseaux des dernières BMW ou le Single Frame des dernières Audi. À défaut d’être sobre et élégant, ça en impose franchement et elle contraste avec la fine signature lumineuse placée dans les coins supérieurs de la face avant. Les vraies optiques se cachent dans les flancs en singeant des oies d’air qui ne servent plus à rien car ce MAXUS T90 EV cache sous son long et haut capot un système de propulsion électrique.

Il se compose d'un moteur électrique de 177 ch pour 310 Nm de couple sur l'essieu arrière. Il tire ses électrons d'une batterie de 88,6 kWh brut. Pour tempérer les ardeurs des pilotes en herbe et surtout conserver un maximum d’autonomie pour cette armoire normande roulante, le constructeur limite la vitesse de pointe à 125 km/h. Ceci dit, et malgré la belle écurie, ce MAXUS manquerait-il de gouache ?
Avec un 0 à 100 km/h en 13.5 secondes c’est le moins une question que je devrais lever durant mon essai. En même temps, pour atteindre les 354 km d’autonomie revendiqués en cycle mixte, il faudra avoir le pied léger. Surtout si l’on considère le temps nécessaire pour refaire un plein d’électrons. Sachez qu’il demande 9 heures, sur une borne en courant alternatif de 11 kW. Il faut donc le brancher la nuit sur une Wall Box et ce n’est pas gênant. Par contre si vous êtes en déplacement ? Alors il vous faudra passer par une station de recharge rapide et 45 minutes pour passer de 20 à 80%. Le chargeur embarqué de cette Chinoise n’est pas du genre ultra pressé et se contente d’un système culminant à 80 kW de puissance.

Le profil de la machine est plus classique et laisse entrevoir un espace de chargement plutôt costaud avec une benne mesurant 1m48 / 1m51 / 0m53 m et capable d’encaisser une tonne de marchandise. Ce n’est pas le plus performant c’est certain.
Pour ma part, je trouve la poupe bien dessinée avec des optiques horizontaux placées dans les coins et une large bandeau noir surligné par une bande rouge en forme de « U » écrasé.

À l'intérieur, le pick-up offre un habitacle assez spacieux pour le genre. Le dessin n’est pas des plus modernes mais la qualité de fabrication semble être au rendez-vous et construit pour durer. Ce qui est un point fort pour un pick-up qui doit survivre face aux éléments de la nature la plus sauvage.
Les occupants profiteront d’un maximum d’équipement de série avec des sièges en simili-cuir, un volant multifonctions, un écran tactile de 10 pouces et des compteurs analogiques couplés à un ordinateur de bord numérique. Il dispose également de nombreux équipements de sécurité et de confort, tels que le régulateur de vitesse adaptatif, le freinage d'urgence automatique, la caméra de recul nécessaire, le démarrage sans clé ou encore la climatisation automatique.
MAXUS T90 EV est disponible uniquement en version à double cabine, pouvant accueillir cinq personnes. Si besoin la banquette arrière peut se rabattre pour augmenter l’espace de stockage.


Il est temps de prendre la route avec le T90 EV

Les premiers tours de roues de cet essai se feront sur les routes de l’arrière-pays provençal. Un terrain de jeux, au combien, difficile pour les automobiles qui doivent compenser les aléas du macadam. Et c’est vrai que le MAXUS, sans charge dans la benne, nous fera très rapidement comprendre qu’il n’aime pas ce genre de route. Les suspensions sont ultra sèches et font remonter, sur l’assise et le dossier des sièges, la moindre petite bosse et le moindre petit tubercule passant sous les roues de 17 pouces. Les choses s’améliorent grandement avec la qualité de l’enrobage. D’ailleurs sur autoroute, le T90 EV se laisse porter par le trafic, mais sachez qu’il lui faut du temps et de la distance pour atteindre sa vitesse de croisière maximale de 125 km/h. Dans ces conditions, comptez entre 25 et 28 kWh pour 100 km. Ce qui est moins que ce que l’on aurait pu attendre, au vu des 22 kWh de moyenne de l’enrobé péri-urbain qui mettra à mal le châssis de cette Chinoise.
En effet, les virages du SUD dévoileront une grande propension de la bête à s’affaisser sur son train avant et à élargir sa trajectoire si l’on ne s’adapte pas à ses piètres qualités dynamiques. On est très loin d’une tenue de route à l’européenne mais cette MAXUS a tout de même su me surprendre en tout chemin.

Bien qu’il ne soit pas question de faire du franchissement avec cette T90, du fait même de se contenter d’un seul moteur placé sur le train arrière, il a su vagabonder dans des chemins périlleux. Entre vignes, petit passage de gué, crevasse géante et autre montée abrupte, le T90 a su s’affranchir de ces mauvais pièges de la nature. Il faut dire qu’il bénéficie d'une garde au sol de 21 cm, d'un angle d'attaque de 28° et d'un angle de fuite de 25°. Il peut franchir des pentes de 30% et des gués de 55 cm. Pas si mal pour un pick-up à propulsion !


La taxe qui change tout ?

Le segment des pick-up est sous tension !
Les technocrates veulent lui supprimer son avantage fiscal, qui tourne essentiellement autour de la non-application du Malus CO2, car il s’agit d'un outil de travail. Ce qui, dans les faits, porterait ce nouvel impôt à 60 000€ pour les nouveaux Ford Ranger ou Volkswagen Amarok.

Avec la transformation de son pick-up T90, en T90 EV, MAXUS vient de jouer un coup de maître. Il devient le premier pick-up 100% électrique vendu sur le sol de l’hexagone, et ne sera pas soumis à cette taxe pour le moins rédhibitoire puisqu’elle revient au prix de vente de ce MAXUS T90 EV.

En effet, la firme commercialise en France son MAXUS T90 EV au prix de 59 880 euros TTC. Auxquels il est nécessaire de rajouter les 850 € pour changer, tout de go, les pneumatiques chinois, par des Michelin toutes saisons. De plus, il bénéficie d'une garantie constructeur de 5 ans ou 160 000 km, et d'une garantie sur la batterie de 8 ans ou 160 000 km. Ce qui n’est pas négligeable lorsque son véhicule est un outil de travail essentiel.


Conclusion:

Ce pick-up électrique chinois, le MAXUS T90 EV, veut se positionner comme une alternative aux pick-up « à tout faire » occidentaux. Mais malheureusement il n’en a vraiment pas la polyvalence.
Ses piètres performances routières, sa consommation élevée, son confort de suspension d'un autre âge et sa non-transmission intégrale, ne lui offrent pas la polyvalence des autres pick-up du marché carburent au mazout. Il faudra limiter son usage à une zone de chalandise d’environ 200, voire 250 kilomètres quotidiens pour en tirer sa quintessence.

Si c’est votre cas, vous profiterez, avec le MAXUS T90 EV, d’un coût d'utilisation réduit, un niveau d'équipement élevé, une bonne habitabilité, son silence de fonctionnement au-dessus des 30 km/h, un look agressif, et… surtout sa fiscalité avantageuse qui fera largement pencher la balance vers lui.


Performance


Performance
2 / 5
Tenue de route
2 / 5
Habitabilité
4 / 5
Consomation
2 / 5
Prix
4 / 5
Confort
2 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • + Pas de MALUS !
  • + La seule alternative au Pick-Up diesel
  • + Une belle puissance ...
  • - ... mais les performances
  • - Pas de 4x4
  • - Consommation et autonomie
  • - La recharge rapide, trop faible

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