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Essai nouveau A6 Allroad : Audi est dans les champs depuis 20 ans

Entre envie d’évasion, besoin d’espace et nécessité d’efficacité énergétique, il est souvent très compliqué de trouver chaussure à son pied, ou plutôt voiture à son garage. Pourtant, depuis 1999, Audi propose dans son catalogue un modèle à la croisée des chemins qui était capable de ravir un bon nombre d’entre nous : l’A6 Allroad. Nous voici vingt ans plus tard, ayant pris en main la 4e génération de ce bolide à tout faire.

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Quelle est la recette de l’A6 Allroad ?

De prime abord, nous sommes bien devant une descendante de la première génération d’Audi A6 Allroad. 20 ans plus tard, les concepteurs ont conservé la même recette.

Pas besoin de sortir d’une cuisine ayant conquis trois étoiles au guide Michelin pour réussir ce challenge. Non… ils ont plutôt fait une école de barman. Pour preuve. Tout d’abord, il faut prendre un grand, même un très grand, shaker. On y insère la nouvelle Audi A6 Avant. Puis on récupère la dernière génération de système QUATTRO. Ici, on pioche dans la banque d’organes de gros moteurs coupleux. Ensuite, on passe chez le carrossier pour récupérer des appendices de SUV. Enfin, on secoue le tout durant 10 minutes. Et hop… l’A6 Allroad est là.


Quel est le style d’une A6 Allroad ?

Il est typiquement Audi. Dès le premier coup d’œil, on prend de pleine face l’immense calandre noire. Les optiques, à la signature lumineuse complexe, sont perchées juste sur les coins de cette face avant. Le profil ne se démarque de la version Avant (le break) que sur les ajouts en plastiques durs des arches de roues et des bas de caisses. La poupe, massive, au dessin horizontal, ne se démarque que par le traitement noir de certains éléments de style.

En passant à l’intérieur, on retrouve tout naturellement la planche de bord de l’A6. Joliment dessinée, elle mélange avec finesse les plastiques brillants à l’aluminium et à des revêtements poussés façon cuir. Au centre de la console, il n’y a pas un…, mais deux écrans tactiles. Le supérieur mesure 10,1 pouces de diagonale et contrôle le multimédia. En dessous, un autre plus petit (8,6 pouces) pilote les fonctions de confort et du châssis. Pour être plus clair : la climatisation, les sièges chauffants et le « drive select » s’activent ici.

En option, la nouvelle A6 allroad quattro peut accueillir le virtual cockpit. Son écran de 12,3 pouces prend place derrière le volant et compile toutes les informations nécessaires pour le voyage.

Pour l’espace à bord ? C’est simple, on est plus proche d’un loft new-yorkais que d’un studio parisien. Que l’on soit derrière ou devant, les centimètres ne manquent pas. Les valises ? Elles sont également bien loties avec une soute à bagages de 565 litres. Elle passe même à 1 680 litres lorsque les sièges arrière sont abaissés. Par ailleurs, le dossier des sièges offre une configuration en 40:20:40, bien plus pratique que le 40/60.

Quels sont les moteurs de la nouvelle A6 Allroad ?

Pour la France, 98 % des ventes se feront sur le V6 TDI de 3 litres. En même temps, 3 niveaux de puissance sont proposés et tous seront équipés de série de la technologie hybride légère (MHEV). Le constructeur annonce une réduction allant jusqu’à 0,4 litre aux 100 kilomètres. Pour arriver à cette « prouesse » technique, les ingénieurs ont utilisé un alternodémarreur couplé à une batterie au Lithium-ion de 48 volts cumulant jusqu’à 8 kW. Ainsi pourvue, l’A6 Allroad peut rouler avec le moteur éteint pendant plus de 40 secondes.

L’A6 Allroad quattro 45 TDI est donc l’entrée de gamme. Ici, on trouve 231 ch et 500 Nm de couple sous le capot. Le 0 à 100 km/h est fait en 6,7 secondes, alors que la vitesse est déjà limitée à 250 km/h. Question consommation, la fiche technique annonce un 5,8 litres de carburant aux 100 kilomètres en moyenne0 soit 152 à 156 grammes de CO2 par kilomètre.

Pour l’A6 Allroad quattro 50 TDI, le moteur offre bien plus de puissance. La cavalerie dénombre pas moins de 286 chevaux. Avec 620 Nm de couple disponible entre 2 250 et 3 000 tr/min, l’Allroad propose des chiffres dignes des dernières GTi. Soit un 0 à 100 km/h qui passe sous la barre des 6 secondes avec exactement 5,9 secondes s’affichant sur le chronomètre. La vitesse de pointe ? Elle est naturellement bridée à 250 km/h. Alors qu’elle propose une bonne poignée de canassons en plus, les consommations et les émissions de CO2 sont identiques à l’Allroad 45 TDI.

En haut de gamme, la nouvelle A6 allroad 55 TDI franchit des sommets de puissance avec 349 pur-sang et surtout un couple de camion de 700 Nm de couple entre 2 500 et 3 100 tr/min. Autant vous dire que cela devient bestial avec un TOP 100 en 5,2 secondes pour une consommation normée WLTP à 6,4 litres de carburant aux 100 kilomètres, soit 168-172 grammes de CO2 au kilomètre.

Peu importe la version que vous choisissez, votre Allroad transférera la puissance aux quatre roues grâce à une boîte tiptronic à 8 rapports. Ici, le contrôle du couple, du système de transmission intégrale, fera ralentir les deux roues à l’intérieur d’un virage, pour le transmettre aux roues extérieures. Ce système emprunté aux sportives garantit une excellente traction. Vous en voulez plus. Sachez que vous pouvez même opter pour un différentiel arrière sport. Celui-ci fera littéralement pivoter le bolide dans les épingles.


Que vaut la nouvelle Audi A6 Allroad ?

Pour cet essai, Audi France nous a conviés à un voyage en terre de Bavière. Le parcours mélangera route de campagne, jungle urbaine et Autobahn, et tout cela sur plus de 600 kilomètres. Largement de quoi profiter et se faire un avis.

D’ailleurs, l’une des premières choses que l’on fait, avec le grand Étienne, lorsqu’on monte à bord d’une auto c’est de toucher au système multimédia pour lier nos compagnons, les smartphones. Ici, cela prend pas plus de 2 minutes et on accède à tout y compris notre playlist. J’en profite de suite pour lancer mon nouveau coup de cœur musical. Un duo brésilien qui mêle de la bossa-nova à du rock dans un tempo très années 90. Les notes sortent d’un système audio Bang & Olufsen. Les acousticiens nous proposent 19 enceintes et un subwoofer pour distiller un son 3D exceptionnel et cela même à l’arrière. Nous voilà, portés par cette musique à nous déhancher légèrement sur nos sièges alors que l’Autobahn pointe déjà le bout de son nez.

Place à la puissance. Le panneau blanc rayé laisse libre cours à notre envie de rouler. La pédale de droite est enfin sollicitée et nous embarque dans un voyage à vitesse grand V. Le 6 cylindres turbo diesel enroule avec un coffre certain et ne demande qu’à nous enivrer par l’allure légale en vigueur. Vu que la portion autoroutière s’articule sur plusieurs dizaines de kilomètres, je lance les ADAS. Vous savez les outils électroniques qui font de cette A6 Allroad une voiture semi-autonome. Cela fonctionne correctement. Il faut dire qu’AUDI maîtrise cette technologie depuis fort longtemps. Bref… le break aux accents de SUV se cale à la vitesse souhaitée, gère ses distances avec les véhicules qui l’entourent et reste au milieu de sa voie. On se voit bien avaler plusieurs centaines de kilomètres à son bord, surtout que son confort est au TOP.

En effet, notre A6 Allroad dispose d’une suspension pilotée et pneumatique. La firme nomme le système « Audi Adaptive air suspension ». Si cet amortissement offre un ouaté et une douceur de roulement incomparables sur route et en ville, elle offre également les capacités tout terrain de l’A6 allroad quattro. Comment ? Grâce à la gestion de la garde au sol. En mode auto et confort, l’A6 Allroad quattro démarre à une hauteur standard de 139 millimètres. Au-delà de 120 km/h, la carrosserie est abaissée de 15 millimètres pour gagner en aérodynamique et en tenue de route. Un chemin boueux de forêt ? C’est simple, il vous faut passer en mode « offroad » qui couvre les vitesses de 0 à 80 km/h, la carrosserie est surélevée de 30 millimètres par rapport au mode standard. Le chemin se complique encore avec des ornières. Là, il suffit de passer à très basse vitesse, en mode lift. Celui-ci ajoute encore 15 millimètres, mais pour conserver cette garde au sol, il faudra rester sous les 35 km/h. Vous couplez cela à la transmission intégrale et au couple généreux du V6 TDI, vous avez une auto capable de merveilles hors des sentiers battus. N’allez pas croire tout de même pouvoir franchir des montagnes. Ce n’est pas un Land Rover Defender. Mais ses capacités sont largement au-dessus de bon nombre de SUV.

Performance


Performance
3 / 5
Tenue de route
3 / 5
Habitabilité
5 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
2 / 5
Confort
5 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • - Bien plus pratique qu'un SUV
  • - Comportement sur route d'une berline
  • - Confort des suspensions pneumatique
  • - La maladie des Audi, le prix
  • - Attention à la consommation

Conclusion:


Évidemment, ce formidable couteau suisse allemand se paye au prix fort. Si notre version A6 Allroad 50 TDI est un milieu de gamme et s’échange contre un chèque déjà bien corsé de 79 810 €, la marque saura vous faire passer à nouveau à la caisse avec son catalogue d’options. Notre modèle ajoutait ainsi plus de 8 000 € à la note.

Cela dit, pour un grand break puissant et véritablement capable de crapahuter, cela pourrait presque sembler raisonnable au vu des tarifs des SUV équivalents. Pour vous faire digérer la note, n’oublions pas que ce gros V6 TDI généreux à souhait en sensations reste globalement sobre avec une moyenne d’environ 8 l/100 km, avec le pied léger évidemment. Sinon, pied au plancher sur Autobhan, ce qui ne vous arrivera jamais, il faudra compter minimum 13 litres.